samedi, 16 mai 2009
Bayrou : premier opposant !
François Bayrou est devenu le premier « opposant » à Nicolas Sarkozy selon le dernier sondage de OpinionWay, pour le Figaro à voir plus bas. Voilà qui est bien intéressant à analyser.
Certains se demandent pourquoi tant de centristes quittent le navire du MoDem... Et bien la réponse est là ! NON, ce n'est pas qu'ils ne sont plus dans le coup, traitres à leurs convictions, dépassés, ou ...de droite...on a tout entendu. C'est bien la stratégie d'opposition absolue qui gène bon nombre de centristes que je rencontre régulièrement et me le disent ouvertement. Moi-même j'en suis gêné également.
Parce que le centrisme c'est aussi la foi en une approche consensuelle et fédératrice. C'est le sérieux, le discours de vérité, et les actions concrètes...
Mais en France, force est de constater que pour réussir dans une élection présidentielle, il faut cliver très fortement et sans concession. C'est malheureux mais les grand Hommes politiques consensuels qui avaient une réelle stature d'Homme d'Etat ont tous échoués à s'imposer ou à se faire élire...Rocard, Barre, Delors...
Alors tenons le choc encore un moment, bientôt la figure de François Bayrou apparaitra complètement comme porteuse d'une alternative et le temps sera venu des propositions.
A n'en pas douter, les centristes n'auront nul part ou aller et reviendront au bercail.
Article du FIGARO du 16 mai 2009 :
Selon OpinionWay, 44 % des Français estiment que le président du MoDem pourrait devancer le candidat socialiste au premier tour de la présidentielle de 2012.
C'EST le grand bond en avant de François Bayrou. Pour la première fois depuis l'élection présidentielle de 2007, le président du Mouvement démocrate (MoDem) se hisse en tête du palmarès des meilleurs opposants au chef de l'État (lire l'intégralité du sondage en PDF), avec 20 % des avis, loin, très loin devant Olivier Besancenot (10 %), Martine Aubry (9 %) et Ségolène Royal (6 %). Une seule fois, en mars 2008, François Bayrou avait failli décrocher le titre. Mais il était arrivé ex aequo avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë, (13 % chacun).
Le plus significatif, par rapport à notre dernier baromètre des 8 et 9 avril, est la forte progression du président du MoDem, qui gagne 16 points, tandis que l'ancienne finaliste de 2007 en perd 8. Lui qui s'est présenté mercredi en « opposant le plus vigoureux » à Nicolas Sarkozy engrange dans l'opinion les fruits d'une stratégie élaborée dès le lendemain de la présidentielle.
Réalisé quinze jours après la sortie de son livre Abus de pouvoir (Plon), ce baromètre a de quoi sérieusement inquiéter les dirigeants socialistes. La question d'un nouveau second tour sans la présence d'un(e) candidat(e) socialiste, comme en 2002, est à nouveau posée.
Pour la première fois, en effet, l'ensemble des sondés estime à 44 % (contre 40 % d'un avis contraire) qu'au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, François Bayrou pourrait devancer le (la) candidat(e) du PS. Un avis également partagé par 37 % des sympathisants socialistes eux-mêmes et 36 % de ceux de droite.
D'où, pour le PS, une question désormais incontournable, mais que ses ténors ne sont toujours pas parvenus à trancher car elle les divise : leur stratégie d'alliance pour 2012. Les sympathisants socialistes sont 22 % (+1 % par rapport à avril) à estimer qu'à l'avenir leur parti devrait plutôt s'allier avec celui de Bayrou. Ils n'étaient que 16 % en novembre dernier.
Équation cornélienne
Dans le même temps, les socialistes doivent régler le cas du leader d'extrême gauche Olivier Besancenot. Certes ils restent majoritairement favorables à une alliance avec l'ensemble des partis de gauche, y compris avec le NPA. Mais la proportion est en baisse de quatre points, à 38 %. En revanche, ceux qui excluent désormais la moindre alliance avec le leader trotskiste progressent de douze points, à 26 %.
Une équation cornélienne pour la Rue de Solferino qui devra, si elle veut éviter de faire exploser sa base, résoudre en même temps la question de Bayrou et celle de Besancenot. Car, pour apparaître comme un parti cohérent, et donc représenter une alternative crédible à la droite en 2012, continuer le grand écart entre l'extrême gauche et le centre apparaît de plus en plus difficile.
Certains au PS préconisent d'ignorer la question du MoDem. Mais ce serait laisser le terrain, au moins celui de la cohérence, au chef centriste. S'il récuse tout « alignement avec le PS », Bayrou, lui, n'hésite pas à parler de « rassemblement de tous les démocrates » pour battre la droite en 2012. Et laisser ainsi, aujourd'hui, le PS seul devant ses responsabilités.
Depuis juin 2008, selon notre baromètre, seule une fois, un dirigeant socialiste était apparu comme « meilleur opposant » à Nicolas Sarkozy. C'était Ségolène Royal le mois dernier, tandis que nos cinq politoscopes précédents avaient placé en tête Olivier Besancenot. Question pour le PS : reste-t-il une place entre l'extrême gauche et le centre ?
11:23 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, opposition, centristes
lundi, 09 juin 2008
François Bayrou a-t-il encore un destin ?
Voici l'excellente tribune de Pierre-Luc Séguillon, journaliste de LCI, quant à l'avenir du MoDem et de François Bayrou. C'est une analyse lucide, autant sur les points positifs et d'espoir que sur les difficultés qu’ils restent à surmonter.
C'est une erreur d'analyse que d'enterrer politiquement François Bayrou. C'est une faute, au regard de la démocratie, que de s'employer à éradiquer le MoDem du paysage politique.
Il est vrai qu'il est bien difficile d'imaginer que celui qui a rassemblé sur son nom près de 7 millions de suffrages au premier tour de la présidentielle, il y a un an, puisse encore avoir un destin tant le bénéfice qu'il tira de cette élection paraît aujourd'hui dilapidé et tant l'ancien candidat semble désormais isolé. Au gré des échéances électorales, François Bayrou a perdu la quasi-totalité de ses grands élus. La plupart l'ont quitté à l'occasion des élections législatives, préoccupés qu'ils étaient de conserver leurs sièges de député. D'autres l'ont abandonné à la veille des municipales, tel pour garder une présidence de conseil général, tel autre dans l'espoir d'obtenir un strapontin ministériel.
Le président du MoDem a sa part de responsabilité dans ce sinistre politique. Son premier faux pas fut de se départir d'une stricte neutralité entre les deux tours de l'élection présidentielle. À l'inverse, François Bayrou, trop occupé qu'il était en mars dernier à tenter la conquête de Pau, s'est montré incapable de maîtriser les alliances municipales passées par les militants du MoDem pour leur donner un minimum de cohérence. Il est certain enfin que la gouvernance autocratique du président du MoDem a découragé beaucoup de bonnes volontés.
Mais il est évident surtout que Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse, depuis un an, qu'il n'asphyxie le MoDem, qu'il ne déstabilise les derniers soutiens de son président et élimine ce parti du champ politique. Jouant du bâton ou de la carotte selon les cas, menaçant celui-ci de lui faire perdre sa circonscription, appâtant celui-là par la promesse d'une entrée au gouvernement, pratiquant un débauchage systématique des élus de l'ancienne UDF, le chef de l'État s'est personnellement employé à isoler François Bayrou.
Cette tentative programmée de liquidation d'un courant politique qui s'est affirmé lors de la dernière présidentielle est un mauvais coup porté à la démocratie. Elle menace d'atrophier l'expression politique dans notre pays. Elle risque d'appauvrir l'offre d'alternance. Elle devrait donner à réfléchir à des centristes fraîchement ralliés et déjà condamnés à n'être que les supplétifs dociles et muets de l'UMP. Il n'est pas certain en outre qu'elle soit couronnée de succès. Elle pourrait même se retourner à terme contre ses auteurs.
François Bayrou, en effet, n'est pas dénué de sérieux atouts. En premier lieu, le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l'affaiblir, l'épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition. Par ailleurs, François Bayrou a la légitimité d'une campagne présidentielle couronnée par un score plus qu'honorable. Il peut surtout revendiquer la lucidité de celui qui, à l'inverse de ses deux compétiteurs, s'est refusé l'an passé à promettre la lune et a proposé un projet compatible avec l'état alarmant des finances publiques. François Bayrou avait prédit que les engagements inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient le pays à la catastrophe financière. Les faits lui ont malheureusement donné raison.
En outre, un bien pouvant sortir d'un mal, le MoDem, doté d'une force militante neuve, est désormais lesté de tous les notables qui stérilisaient sa capacité d'invention et d'innovation. Enfin, cette formation revendique une identité politique originale. Le MoDem se veut libéral et social. Il refuse à la fois l'État à tout faire des socialistes et la remise en cause par la droite d'un modèle social fondé sur la solidarité. Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l'UMP. Il prône un mode de scrutin qui permette à l'ensemble des composantes et sensibilités politiques d'être représentées au Parlement quand le PS et l'UMP souhaiteraient se partager à eux seuls les bancs de l'Assemblée. Il se proclame adversaire de tous les conservatismes, qu'ils soient de droite ou de gauche, mais se dit hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d'une nation.
Alors que le Parti socialiste paraît impuissant à se doter d'un leader et d'un projet et que Nicolas Sarkozy semble avoir gâché, au terme de sa première année de présidence, une partie des chances qu'il avait de moderniser notre pays, François Bayrou possède un réel espace politique. Il ne valorisera toutefois ces atouts dans l'avenir qu'à plusieurs conditions.
Il lui faut d'abord changer de mode de gouvernance. Sa forte personnalité ne doit pas l'empêcher de pratiquer une direction plus collégiale de son mouvement. Il importe au contraire qu'il constitue autour de lui des équipes nouvelles pour structurer cette formation politique neuve. Il convient, en second lieu, qu'il définisse son projet de manière positive. Il ne suffit pas de dire que l'originalité du MoDem est de se vouloir libre et affranchi de toute attache à la droite « sarkozienne » comme à la gauche socialiste pour justifier son existence et lui donner une visibilité. Le parti de François Bayrou n'aura de crédibilité aux yeux de l'opinion que s'il affiche clairement l'ambition qui est la sienne, quand bien même relèverait-elle encore aujourd'hui de l'utopie : devenir à terme sur l'échiquier politique et au gré d'une élection présidentielle le grand parti démocrate moderne progressiste qui constituerait une réelle alternative à la droite républicaine. Un tel pari n'a quelque chance d'être gagné que s'il s'accompagne d'un travail d'analyse, de réflexion et de proposition intense associant militants et intellectuels. Cela suppose chez François Bayrou la volonté nouvelle d'attirer à lui et de faire travailler avec lui des hommes et des femmes ayant, chacun dans leur domaine, une pensée originale.
D'ici à 2012, le président du MoDem dispose de deux échéances électorales pour roder son jeune parti, les élections au Parlement européen en 2009 puis les élections régionales. Le mode de scrutin proportionnel des européennes peut lui être relativement favorable, d'autant que la thématique européenne elle-même lui est naturelle.
Il est une vieille loi en politique : de même que la roche Tarpéienne est proche du Capitole, de même un acteur politique peut toujours revenir au sommet aussi longtemps qu'il demeure fidèle à de fortes convictions. François Mitterrand qui, quelques mois avant sa mort, confiait son admiration pour François Bayrou, fut un exemple probant de cette capacité de rebond durant son existence politique.
14:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem
mardi, 13 février 2007
et Bayrou?
Et Bayrou ? Ou nous emmène t-il ? Hier en meeting à Strasbourg devant près de 3000 personnes, le candidat François Bayrou a réexposé son programme et notamment (Strasbourg oblige ) sa vision pour l’Europe.
Si on ne sait pas ou nous emmène Ségolène Royal, pour François Bayrou c’est à mes yeux beaucoup plus clair.
Cela s’appelle la social-démocratie européenne !
Et cela passe par une République impartiale, loin de la république des clans et des copains
A la méritocratie de la loi du plus fort dans la concurrence, François Bayrou répond par une méritocratie républicaine. A l'individualisme triomphant sacralisé, dont Nicolas Sarkozy serait le promoteur, il oppose une ambition collective inspirée par une solidarité dynamique. A « la loi du plus fort », il veut répondre, par « la loi du plus juste ». Un résistant, toujours, qui voudrait défendre la spécificité du mode de vie à la française face aux modèles consuméristes dominants. Ce paysan poète et cultivé n'aime pas le pouvoir de l'argent.
Et si François Bayrou a cette idée « folle » de gouverner au centre, avec des gens de gauche et de droite, il trace un chemin pour « arracher la politique aux clivages du passé » : un gouvernement dans lequel sera représentée chaque tendance du pays, pour qu'« une moitié de la France ne fasse plus la guerre à l'autre ». L'UMP et le PS n'en veulent pas, « parce qu'ils ont la garantie d'avoir le pouvoir à eux seuls un coup sur deux ».
15:55 Publié dans présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou
samedi, 27 janvier 2007
Entre Ségo et Sarko..., je choisis Bayrou
Article du Monde : le 27/01/2007
Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué
Ce sont souvent des bobos, vivant avec des revenus confortables mais tenant un discours généreux sur la justice sociale. Il y a quelques années, voter UDF les aurait fait rire. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy leur fait peur, Ségolène Royal les désoriente et, au fond, ils ne se voient plus choisir entre la droite et la gauche.
"IL A LE CHARISME D'UNE TABLE BASSE, MAIS..."
Vrej Minassian, 41 ans, consultant dans le secteur multimédia
"J'ai toujours voté socialiste depuis mes 18 ans, même lorsque tout le monde déchantait sur Mitterrand. Mais, franchement, je ne supporte pas la faiblesse du face-à-face Sarkozy-Royal et ce marketing politique constant. Royal est à pleurer. Sa diction est nulle, elle est pleine de bons sentiments, dit qu'elle réserve sa réponse sur l'entrée de la Turquie en Europe et reste haut fonctionnaire. J'aurais pu voter pour Strauss-Kahn ou même pour Jospin, bien que j'aie trouvé lâche son retrait, le 21 avril 2002. Je ne voterai jamais Sarkozy.
Bayrou est donc un choix par défaut. Evidemment, il a le charisme d'une table basse, mais c'est un européen convaincu. J'ai vu le député UDF Christophe Lagarde à la télé, et je l'ai trouvé formidable. Totalement en phase avec la réalité. Lorsque je dis à mes copains que je vais voter Bayrou, ils sont effondrés, mais même les plus socialistes d'entre eux sont désabusés."
"LE SEUL QUI SOULIGNE L'ÉNORME PROBLÈME DE LA DETTE"
Yoann Bermond, 21 ans, étudiant en école de commerce
"Dans mon école, 95 % des étudiants votent Sarkozy, les socialistes se comptent sur les doigts de la main et personne ne choisit Bayrou. Moi, je regarde Sarkozy : il propose 68 milliards de baisses d'impôts, sans expliquer comment on les finance. Royal, elle, ne dit que des bêtises dès qu'elle parle de politique étrangère.
Je suis choqué de l'entendre taper sur les entreprises françaises lorsqu'elle est en Chine, comme je suis choqué d'entendre Sarkozy dire, aux Etats-Unis, qu'il n'est pas fier d'être français. Bayrou est venu, il y a quelques mois, à un débat organisé par les étudiants. J'ai apprécié son humanisme. Il est le seul qui souligne l'énorme problème de la dette en France, et, au moins, il ne met pas sur le dos de l'Europe toutes les difficultés."
"BAYROU, POUR MOI, C'EST UN PALIER"
Juliette Novak, 42 ans, conceptrice dans la publicité
"En 2002, j'ai voté Jospin au premier tour, blanc au second ; lors du référendum sur l'Europe, j'ai voté oui, et je me sens devenir très minoritaire dans ma génération, où tous ceux que je connais s'éparpillent sur l'extrême gauche, votent non et sont finalement les vrais déçus du socialisme.
Pour l'instant, le discours de Ségolène Royal m'effraie, je ne comprends pas sa démarche. Elle dit : "J'écoute, j'écoute", puis : "Je déciderai seule." Elle veut passer au-dessus du PS, mais elle s'en sert. Et puis, lorsque je constate la pauvreté du programme socialiste, je me dis que la France n'a pas les moyens d'avoir encore ces gens-là aux affaires économiques.
François Bayrou n'a pas de charisme, mais je trouve les députés UDF en province très bien. J'en ai ras le bol, aussi, de cette pseudo guerre civile entre la droite et la gauche. En fait, je pense qu'au second tour, je pourrais voter Sarkozy s'il est face à Royal. Il ne me fait pas peur, son discours est convaincant et je suis persuadée qu'il est républicain. Bayrou, pour moi, c'est un palier : je reconnais que j'ai basculé."
"SARKOZY A MIS DE L'HUILE SUR LE FEU DANS LES BANLIEUES"
Simon Subtil, 46 ans, responsable marketing dans une PME de 400 personnes
"Ségolène Royal ne m'aurait pas déplu. Elle paraît réaliste sur la révision nécessaire des trente-cinq heures, dont je vois bien qu'elles sont une catastrophe. Mais je crains la démagogie du Parti socialiste, qui ne cesse de taper dans les finances publiques.
Nicolas Sarkozy a un discours intéressant, mais sa façon de draguer l'extrême droite m'a fait fuir en courant. Et je considère qu'il a mis de l'huile sur le feu dans les banlieues.
Surtout, ces deux-là ignorent totalement ce qui est à mes yeux un problème majeur : l'endettement de la France. Bayrou est le seul à en parler. Je trouve son discours plus réaliste et plus à la hauteur des enjeux. A dire vrai, je me sens assez proche de Christian Blanc (l'ancien PDG d'Air France, proche de Michel Rocard, s'est fait élire député apparenté UDF et vient de rejoindre l'UMP) et je regrette qu'il ait rallié Nicolas Sarkozy."
"ON POURRAIT ESSAYER AU MOINS UNE FOIS LE CENTRE"
Eric Trastour, 38 ans, patron d'une agence de publicité
"Je vote souvent pour le troisième homme, c'est-à-dire pour le loser ! J'ai voté Barre en 1988, Chevènement en 2002, vous voyez un peu... Il y a deux ou trois ans, mon père est revenu enthousiaste d'un meeting de Bayrou et je me moquais de lui. Des copains me disaient : "C'est un démago." Mais j'ai du mal avec les deux autres. Je suis sensible à la beauté de Ségolène, mais heurté par son langage techno. Sarkozy a trop d'ambition personnelle. Et j'en ai assez de ce clivage droite-gauche. Alors, je me dis qu'après tout on pourrait essayer au moins une fois le centre."
"IL Y A QUELQUE CHOSE DE DÉMODÉ DANS LE DISCOURS DE GAUCHE"
Christiane Collange, 76 ans, journaliste, écrivain
"J'ai toujours voté socialiste, j'ai même fait parti du comité de soutien à Lionel Jospin. Mais je suis aujourd'hui préoccupée, car je ne suis pas certaine que la candidate de gauche soit faite pour être présidente. Et puis, il y a quelque chose de démodé dans le discours de gauche. Je ne suis pourtant pas disposée à voter Sarkozy.Il me reste donc Bayrou... En même temps, je suis terrifiée à l'idée que la gauche éparpille ses voix et envoie une nouvelle fois Le Pen au second tour. Imaginez mon dilemme !"
"JE TROUVE BAYROU HONNÊTE, SANS CE SOURIRE SUR PAPIER GLACÉ"
Samuel Cazenave, 38 ans, consultant à la direction générale de La Poste du Grand Sud-Ouest
"Mon grand-père était communiste, toute ma famille est de gauche, j'ai été le directeur de cabinet de Martin Malvy, président socialiste de la région Midi-Pyrénées, et j'étais moi-même membre du PS. Il y a un an, pourtant, j'ai adhéré à l'UDF et je suis maintenant candidat UDF aux prochaines législatives dans la 1re circonscription d'Angoulême.
En vingt-cinq ans, l'alternance droite-gauche n'a pas offert d'alternative crédible, et j'ai le sentiment d'être de la génération qui paie la facture de cette impuissance. Je trouve Bayrou honnête, sans ce sourire sur papier glacé que les deux autres affichent. Je reconnais qu'en province les électeurs des couches populaires parlent très peu de Bayrou. Ma femme de ménage, elle-même, m'a assuré qu'elle votait Le Pen. Mais je crois vraiment qu'on ne fera aucune réforme en montant une France contre l'autre."
"MON CHOIX : BAYROU PRÉSIDENT, BORLOO PREMIER MINISTRE"
Cyril Gelblat, 29 ans, scénariste et réalisateur
"Je suis un déçu de la gauche, pour laquelle j'ai toujours voté et qui est un peu mon bain culturel.
Mais les socialistes n'ont pas négocié le tournant pris par Zapatero en Espagne et Prodi en Italie, et, finalement, Ségolène Royal incarne tout ce que la gauche a d'antiprogressiste. J'ai des copains plus à droite qui voteront Bayrou parce qu'ils ne peuvent pas supporter Sarkozy.
Moi, mon vrai choix, ce serait Bayrou président et Borloo premier ministre. Cela dit, je vote à Nice pour les législatives, et, là, je voterai toujours à gauche. Mais si le second tour de la présidentielle oppose Sarkozy à Royal, franchement, je ne sais pas..."
"J'AI COMPRIS QUE LE LIBÉRALISME ÉTAIT UN ENFER"
Michèle Compos, 38 ans, mère au foyer
"J'ai longtemps été plutôt libérale, et, un jour, je me suis retrouvée au chômage, j'ai perdu mon identité sociale. J'ai alors compris que le libéralisme était un enfer. J'habite Sète, je suis au foyer, et pour ne pas devenir "Desesperate Housewive", je regarde pas mal la télévision. C'est vrai que Sarkozy truste l'espace médiatique. Mais quelle légitimité peut avoir le maire de Neuilly pour comprendre la province ? Bayrou, au moins, est pour l'Europe des régions, il est béarnais.
J'aime aussi beaucoup Marielle de Sarnez. Elle est intelligente, parle comme tout le monde. En fait, mon idéal, ce serait de voter Bayrou au premier tour, Royal au second, que Ségolène soit élue et que François Bayrou soit son premier ministre."
17:05 Publié dans présidentielle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, royal, bayrou















