mardi, 27 octobre 2009
Jean-Claude Juncker, futur président du Conseil Européen ?
LE MONDE le 27.10.09
Jean-Claude Juncker est le premier ministre (centre droit) du Luxembourg depuis 1995, président de l'Eurogroupe depuis 2004, et première personnalité à "se mettre sur les rangs" pour devenir président du Conseil européen contre l'ancien premier ministre britannique Tony Blair, si le traité de Lisbonne, qui crée ce poste, entre en vigueur.
Pourquoi vous opposez-vous à la candidature de M. Blair ?
Les trois pays du Benelux ont pris position, cela va au-delà de la personne de M. Blair. Je ne distingue pas les domaines dans lesquels le Royaume-Uni aurait fait preuve d'une véritable inspiration européenne au cours des dix dernières années, hormis des avancées sur la défense. Je me réfère à un modèle théorique voulant que l'Europe soit représentée par quelqu'un qui aurait comme souci principal de la servir, de la rassembler autour de compromis vertueux, et qui ne ferait pas semblant de la représenter à l'extérieur sans avoir assuré sa cohésion interne.
Cette personne doit-elle provenir d'un pays qui participe à toutes les grandes politiques européennes : espace Schengen, zone euro ?
Le parcours de certains Européens a été enrichi par leur volonté de faire avancer l'Union européenne, y compris l'union monétaire. D'autres n'ont pas su adopter ce rythme...
L'Union européenne a acquis une crédibilité internationale à travers la création de la monnaie unique. Nous y sommes arrivés parce qu'il y avait un calendrier préétabli et des institutions fortes au service de ce calendrier. C'est la méthode communautaire, qui suppose une interaction entre la Commission, le Conseil, et le Parlement européens.
En clair, aimeriez-vous vous porter candidat ?
J'ai appris qu'il ne faut pas se porter candidat à une telle fonction. Il faut laisser venir les appels des autres. En 2004, tous les chefs d'Etat et de gouvernement me demandaient de devenir président de la Commission. Mais j'avais promis aux Luxembourgeois de rester leur premier ministre, en cas de réélection. J'ai été de nouveau réélu en juin 2009, sans avoir pris ce genre d'engagement. Si un appel m'était lancé, je n'aurais pas de raison de refuser de l'entendre. A condition qu'il soit sous-tendu par des idées ambitieuses pour ce poste.
Quel doit être le profil du premier président "stable" du Conseil ?
Je ne plaide pas pour moi, mais pour une certaine conception du rôle. J'ai toujours agi en fonction de l'intérêt de mon pays, et surtout de l'Union européenne. Je voudrais que ceux qui prétendent à cette fonction puissent témoigner d'un parcours semblable. L'Europe doit être dirigée d'une façon cohérente, inclusive et globale. Le président doit savoir conjuguer les plans, les idées et les rêves des grands comme des petits pays. Il doit aussi être un "facilitateur" pour le couple franco-allemand, sans négliger la dimension élargie de l'Union. Les décisions ne peuvent être prises dans les seules capitales occidentales. Si le Conseil européen penchait pour une solution de facilité, un poste d'apparat, jamais l'idée ne me viendrait de dire oui à un éventuel appel.
Pour vous, il s'agit d'éviter un directoire des grands pays ?
Ma longue expérience m'a appris que l'Union ne se fait pas seulement sur les idées des "grands", qui souvent divergent. Ce sont les "petits" et les "moyens" qui les mettent souvent d'accord, ce que les grands feignent d'ignorer.
Quel doit être le lien du futur président avec le haut représentant pour les relations extérieures ?
Le rôle de ce dernier sera plus international, mais il ne pourrait rien faire sans l'aval du premier. Les relations internationales en Europe ont cessé de passer par les seuls canaux berlinois, londoniens ou parisiens. Je ne suis pas un nain... J'ai des relations amicales avec Vladimir Poutine, contrairement à ce que raconte la presse britannique. Et je connais depuis longtemps les dirigeants chinois.
Lors de la crise financière, Nicolas Sarkozy a critiqué votre passivité en tant que président de l'Eurogroupe. Vous êtes-vous réconciliés ?
Nous nous sommes dit les choses. C'est à lui d'en tirer les conclusions. J'ai avec le président de la République des relations que je veux croire amicales. Au plus fort de la crise, j'ai dû prendre en compte les sensibilités des uns et des autres. Puis j'ai appuyé très fortement l'approche française. Jamais l'Europe ne fut présidée avec une telle perspicacité que sous la présidence française. Je rappelle toutefois qu'en 2005 j'ai, quant à moi, dû gérer l'impact des "non" français et néerlandais, et que j'ai réformé le Pacte de stabilité.
Le contentieux sur les paradis fiscaux a-t-il laissé des traces dans vos relations avec la chancelière allemande, Angela Merkel ?
Aucune. Le Luxembourg a dit avant la réunion du G20, à Londres, en avril, qu'il accepterait l'échange d'informations bancaires sur demande en cas de soupçon de fraude. J'ai toujours milité pour cette idée. J'ai été très surpris parce qu'on m'avait dit que jamais le Luxembourg ne figurerait sur les listes grises après avoir adopté les standards de l'OCDE. On l'a tout de même inscrit.
Les Britanniques, quant à eux, vous reprochent d'être trop fédéraliste...
Je ne suis pas fédéraliste au sens britannique du terme : l'Europe n'a pas vocation à ressembler aux Etats-Unis d'Amérique. Les citoyens allemands ou français ne l'accepteraient pas. Les nations ne sont pas une invention provisoire de l'Histoire. Mais je suis un fédéraliste au sens européen du terme, qui conçoit de mettre en commun ce qui importe et laisser hors des zones d'influence de l'Union ce qui nous est propre.
On évoque une candidature du premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende...
C'est un ami, même si j'ai parfois des divergences notables avec lui sur les débats européens de fond. J'ai pris des risques au moment du référendum sur la Constitution dans mon pays, en suggérant de démissionner en cas de victoire du non. Il ne l'a pas fait, mais je le comprends parce que je connais la situation de son pays.
Propos recueillis par Philippe Ricard et Jean-Pierre Stroobants
17:47 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 30 juin 2009
Guy Verhofstadt : Comment l'Europe peut sauver le monde
Guy Verhofstadt a été élu aujourd'hui à la tête du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), succédant ainsi au Britannique Graham Watson. Il faut dire qu'il n'avait pas de concurrence pour cette élection tant son C.V. en fait une personnalité européenne de premier plan.
Guy Verhofstadt a été le Premier ministre de la Belgique de 1999 à 2008. Il avait été pressenti pour succéder à Romano Prodi à la tête de la Commission européenne en 2004. Cependant, ses positions fédéralistes, son opposition à la guerre en Irak, lui ont values un refus des Britanniques.
A lire absolument, l'ouvrage que Guy Verhofstadt consacre aux conséquences de la crise et à la réponse politique, nécessairement européenne selon lui, à apporter pour un rebond rapide de notre économie.
L'ouvrage, Sortir de la Crise au sous titre ambitieux : Comment l'Europe peut sauver le monde.
Il présente tout d'abord une analyse et un diagnostic précis des événements, à partir desquels il élabore des propositions de réformes fondamentales.
Pour lui c'est une « fusée à plusieurs étages » dont nous avons besoin, « dont l'étage inferieur stabilise les marchés financiers, dont l'étage intermédiaire lance un Europlan et l'étage supérieur installe un gouvernement qui préserve les fondamentaux économique de l'Union »
La faillite du modèle de croissance américain basé sur l'endettement et la consommation place l'Europe dans une position de leader pour mener des actions de sortie de crise.
Nous avons besoin d'une « mondialisation de la politique » afin de réguler ce qui ne l'a pas été jusqu'à présent, de mieux réguler dans d'autres cas, et faire revenir la confiance.
C'est ensuite que l'on peut sereinement envisager une politique de relance, au niveau européen, qu'il appelle l'Europlan. Il s'agit de faire beaucoup plus que la juxtaposition des 27 plans de relances nationaux. Il ne préconise pas de faire du défit actif (allocations ou baisse d'impôt), mais un plan d'investissement qui permettra « de passer de l'ancienne économie fossile vers une nouvelle société durable ». Mais attention, ces « investissements doivent générer une recette minimale sur le long terme. »
Pour financer cet Europlan (plus de 400 milliards d'Euros), il préconise la création d'un marché obligataire européen par l'émission euro-obligations.
Voilà un ouvrage, très précis et bien argumenté et qui plus que jamais, est un plaidoyer pour l'Europe.
23:10 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
dimanche, 07 juin 2009
Deux conceptions de l'Europe s'affrontent
En attendant les résultats, un article du Monde qui résume un peu les programmes, dont on aurait vraiment pu parler plus tôt !
Morne campagne européenne. Un mois de débat pour ne retenir qu'une polémique sans enjeu immédiat sur la Turquie, ravivée par Nicolas Sarkozy, et un pugilat entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou. Quatre ans après la campagne passionnelle du référendum sur la Constitution européenne, la France a-t-elle épuisé le débat européen ?
Les programmes des principaux partis de gouvernement révèlent un retour à des clivages traditionnels, mais nets.
L'UMP a une vision intergouvernementale inspirée de la pratique du pouvoir par Nicolas Sarkozy sous la présidence française de l'Union européenne (UE), plus libérale et plus sécuritaire sur l'immigration. Le Parti socialiste a un projet plus social, qui ferait de la Commission l'embryon d'un gouvernement européen. Les Verts proposent un programme encore plus fédéral, dopé par l'acuité de la question environnementale, tout comme le MoDem. Mais le discours européen de ce dernier est rendu peu audible par l'ambition présidentielle de François Bayou et sa posture antilibérale et anti-OTAN, contraire à la tradition centriste.
Ces clivages peuvent apparaître ténus en comparaison des querelles fondamentales qui divisaient naguère les Français. Elles se sont estompées, sous l'effet du temps et de la crise. Nul ne conteste plus l'euro, qui a protégé le Vieux Continent dans la tempête financière. Le procès en ultralibéralisme de l'Europe est moins virulent, gouvernements et banquiers centraux ayant su s'asseoir sur les dogmes d'hier pour limiter la catastrophe financière. L'élargissement de 2004, qui avait suscité la peur du fameux plombier polonais, est désormais accepté.
Enfin, la querelle entre souverainistes et fédéralistes s'estompe. UMP, PS, MoDem et Verts sont favorables au traité de Lisbonne, désireux d'en finir avec la question institutionnelle qui accapare les Européens depuis Maastricht. Seuls les Verts demandent une constituante européenne.
Le débat ne porte plus sur la construction de l'Europe, mais la manière de la diriger dans le cadre existant pour protéger les Français dans la crise. L'UMP donne la priorité aux gouvernements. L'Europe du droit et des règles est soumise au politique. La Commission est là pour enregistrer les décisions du Conseil européen, pas pour incarner un gouvernement.
Ce n'est pas l'avis du Parti socialiste, qui fait campagne contre la reconduction du président de la Commission, José Manuel Barroso, incarnation à ses yeux de l'Europe libérale. "Le poste important en Europe, c'est le président de la Commission européenne", estime l'eurodéputée socialiste Pervenche Bérès, candidate en Ile-de-France.
"Le PS est européen dans le discours, mais il a eu avec Lionel Jospin une pratique intergouvernementale. Et lorsqu'il a présenté un plan de relance cet hiver, celui-ci était français, pas européen", tempère Daniel Cohn-Bendit, chef de file des Verts. "Nous, nous proposons directement des solutions européennes. C'est un état d'esprit."
Logiquement, l'UMP refuse de renforcer les pouvoirs de Bruxelles. Elle rejette tout impôt européen et toute augmentation du budget communautaire. Le parti postgaulliste préfère la mise en commun des forces nationales, par exemple dans la recherche. "Mutualisation est le mot qui caractérise le mieux le projet européen", estime Michel Barnier, tête de liste UMP en Ile-de-France, qui appelle à de "nouvelles politiques communautaires". Le PS propose au contraire d'augmenter le budget de la Commission et de l'alimenter par un impôt européen. L'idée est défendue par le MoDem et les Verts, qui veulent plus que doubler ce budget qui représenterait 2 % du PIB européen.
A droite, on se contente de "coordonner" les plans de relance. On envisage bien la création d'une caisse des dépôts européenne, pour drainer l'épargne du continent ou le recours à l'emprunt. Mais, note le MoDem, les eurodéputés UMP ont voté contre une résolution du Parlement de Strasbourg favorable à un emprunt européen.
Les autres partis prônent une relance keynésienne plus forte : 100 milliards d'euros pour le PS ; 3 % du PIB européen, soit 400 milliards d'euros pour financer des infrastructures, selon le MoDem, qui fustigeait naguère l'endettement de la France ; les Verts montent à 1 000 milliards d'euros sur cinq ans.
Enfin, l'UMP a réalisé une inflexion majeure sur l'environnement, pour défendre un modèle d'économie sociale de marché durable. Elle propose désormais l'introduction d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe, nouvelle déclinaison de la "préférence communautaire". Daniel Cohn-Bendit s'étonne que la droite l'ait refusée lors du Grenelle de l'environnement. Le PS s'est aussi verdi, mais insiste sur le social : il souhaite introduire un smic dans chaque pays européen, prélude à une Europe sociale.
Bref, des divergences devenues peut-être trop classiques pour avoir passionné les Français.
Arnaud Leparmentier
18:14 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 22 avril 2009
L'Europe, une invention indispensable, par Michel Rocard
L'excellent Michel Rocard à donné hier une conférence à Strasbourg à laquelle j'ai pu assister. Personnellement j'admire beaucoup la pensée politique de Michel Rocard, d'une grande qualité d'analyse, toujours loin des idées reçues. Il rend l'économie et l'histoire de la social-démocratie très abordable.
L'Europe c'est d'abord la paix, cela est important à rappeler après des années de guerre sur notre continent. Aujourd'hui, selon lui « la France et l'Allemagne sont mariées ».
C'est ainsi que les pères de l'Europe ont créés selon lui « des interdépendances techniques ne faisant pas peur »...c'est d'abord cela la CECA, puis l'EURATOM.
Quand l'idée de mettre en commun la douane est arrivée sur le tapis, Jean Monnet aurait dit « ça manque de noblesse tout ça... » ; Et voilà née la CEE.
Et bien oui, c'est ça l'Europe ! Michel Rocard y porte un regard lucide, mais malheureusement assez pessimiste pour l'avenir.
Il note tout de même, les grands succès économiques, l'Europe étant devenue la 1ère économie du monde.
Et ce sont les anglais qui en ont pris pour leur garde... En effet, depuis l'entrée de l'Angleterre, l'Europe politique est morte. Depuis on ne touche plus ni à la fiscalité, ni aux droits sociaux, ni à la justice, ni aux affaires étrangères (on a laissé faire une guerre à nos portes en Yougoslavie). Et cela est bigrement vrai...
Malheureusement, Michel Rocard ne propose pas de construire une avant-garde européenne, qui pourrait être la zone euro, donc ...sans l'Angleterre.
Il termine néanmoins sur une note plutôt positive. C'est l'Europe qui est la zone de monde où il existe des politiques publiques puissantes tout en garantissant une vraie liberté. Nous avons ce message à porter au monde, message qui devra être entendu pour sortir de la crise.
Article des DNA du 22/04/09
Michel Rocard, le politique sans langue de bois
Michel Rocard a fait salle comble hier aux conférences Gutenberg, à Strasbourg, sous des applaudissements nourris. Pas étonnant car l'ancien Premier ministre et député européen possède une vertu rare chez un homme politique : il parle sans démagogie et sans incantations.
Le sujet de la soirée, « L'Europe, une invention indispensable », Michel Rocard l'a traité sous ses deux aspects indissociables : l'histoire douloureuse du continent et sa marche vers l'intégration par les liens commerciaux pour aboutir au grand défi d'aujourd'hui, la crise économique et financière.
L'Histoire, on la connaît. Si les Européens se sont tant déchirés, c'est parce que les ancêtres des Français et des Allemands se sont disputés les lambeaux du seul empire vraiment européen et multiethnique : celui de Charlemagne. Avec une bonne vingtaine de guerres jusqu'aux derniers conflits mondiaux.
Voilà pourquoi l'Europe ne pouvait se construire que dans la réconciliation franco-allemande et il était impossible de faire cette Europe par la voie politique : « On ne peut pas demander à un Parlement ou à un gouvernement de baisser le drapeau national ». Sont venus la CECA, l'Euratom, enfin le Marché Commun à Six - six « parce que Belges, Néerlandais, Italiens et Luxembourgeois avaient peur de voir la France et l'Allemagne se partager le marché du charbon et de l'acier ».
« Vue de l'extérieur, l'Europe est quelque chose d'inouï »
Malgré des progrès, une Europe politique semble impossible : la Grande-Bretagne (« j'aime les Anglais, ils sont très intelligents et suivent toujours et sans gêne leurs buts ») oppose son veto à tout projet qui mènerait à plus d'intégration, par méfiance atavique du continent.
Pourtant, « vue de l'extérieur, l'Europe est quelque chose d'inouï. Elle a apporté une formidable croissance, le Marché Commun a lancé les trente glorieuses, grâce aussi à l'économie de marché ». Une économie de marché pour laquelle plaide le social-démocrate Rocard, du moins telle qu'elle a existé jusque dans les années 1980 avec « de hauts salaires » lançant la consommation. Une économie qui a fait la force de la Communauté européenne tant qu'elle a été basée sur un tissu social (la sécurité sociale), du keynésianisme, et « cette idée géniale, ce traité d'économie qui tient en seule phrase signée Henry Ford : je paye bien mes ouvriers pour qu'ils achètent mes voitures »
Puis est venu le temps des fonds d'investissements et « hedge funds », le temps de la finance, le temps de la crise actuelle. En sortir, « peut-être de G20 en G20 », est le nouveau défi de l'Europe. Non pas pour ses institutions discrètes et inaudibles mais pour les dirigeants politiques qui sauront outrepasser ces institutions. Ainsi, Gordon Brown le keynésien et Nicolas Sarkozy le pragmatique ont su, l'automne dernier, donner pour la première fois une vraie impulsion pour affronter la crise.
Le Parlement européen à Strasbourg est menacé, selon lui
Mais rien n'est gagné. S'il n'est pas foncièrement pessimiste, l'économiste Rocard ne pèche pas non plus par optimisme. Tout peut encore arriver et le pire serait la disparition de l'euro avec de multiples conséquences politiques.
Voter le 7 juin ? Michel Rocard comprend que les électeurs se désintéressent de ce scrutin : « L'Europe est compliquée et on se garde d'expliquer ce qui est compliqué ». L'adhésion de la Turquie ? L'ancien Premier ministre est pour en invoquant plusieurs raisons dont une géopolitique : le pétrole de la Caspienne est aux mains des Etats turcophones de l'Asie centrale. Mieux vaut qu'ils se tournent vers l'Europe par la Turquie européenne que vers l'intégrisme islamiste.
L'avenir du Parlement européen à Strasbourg ? Michel Rocard n'y croit pas. « Strasbourg l'aura encore pour dix ou quinze ans, jusqu'à ce que le Parlement décide en toute souveraineté... » On l'a dit, Michel Rocard ne parle pas la langue de bois.
Jean-Claude Kiefer
Sur cette page le podcast complet de la conférence
22:19 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : europe, rocard
dimanche, 20 juillet 2008
Un soutien mal venu
Dans un communiqué, les Jeunes Européens - France, association transpartisane, déplorent le soutien affiché de Nicolas SARKOZY à José Manuel BARROSO comme candidat à sa propre succession au poste de Président de la Commission européenne en 2009.
« A l’heure d’une présidence voulue citoyenne, la déclaration de Nicolas Sarkozy revient à confisquer aux citoyens le choix du futur président de la Commission européenne, alors même qu’il faut redonner au peuple européen le sentiment de pouvoir influer sur les politiques communautaires » insiste Nicolas Jean, Président des Jeunes Européens-France.
Ainsi, les Jeunes Européens-France estiment que seuls les résultats des élections européennes de juin 2009 doivent déterminer le choix du Président de la Commission pour la mandature 2009-2014.
Lire la suite du communiqué sur le site des Jeunes Européens – France.
14:17 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 01 décembre 2006
Quand Sarko veut se faire Chirac !
Voilà la dernière merveille du président de l'UMP, Nicolas Sarkozy : il a promit une TVA à 5,5 % pour les restaurateurs s'il était élu à l'Elysée, appelant l'Europe à respecter alors le choix français. La TVA est actuellement de 19,6 % dans la restauration. La baisse de ce taux est une revendication récurrente des restaurateurs.
Cette TVA à 5,5% avait été « promise » par Jacques Chirac lors de la campagne de 2002 mais refusée par l'Union européenne ensuite. M. Sarkozy a lui lancé devant les hôteliers et restaurateurs, réunis en congrès annuel à Marseille : "C'est pas moi qui ai promis, et pourtant c'est moi qui vais tenir."
Cela traduit de la part de M. Sarkozy une profonde méconnaissance de l’Europe et malheureusement une fois de plus on veut faire porter à l’Europe l’origine de tous nos problèmes.
Ce n’est pas une nouvelle arrogance française qui changera la donne. Ce n’est pas vers moins d’Europe qu’il faut aller mais au contraire vers plus d’Europe.
Seul le vote à la majorité qualifiée sur les questions de fiscalités (et non plus l’unanimité comme aujourd’hui) peut débloquer la situation, pas une vague promesse électorale.
Alors pour faire ce « plus d’Europe » il nous faudra un président capable de relancer le processus de construction européen et non pas quelqu’un qui dit vouloir « tenir » face à l’Europe.
18:50 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 07 avril 2006
Strasbourg et son parlement ...
D’année en année c’est la même histoire qui revient :
le vote du calendrier du Parlement européen (dit en France parlement de Strasbourg) qui intervient en avril, est assorti d'une pléthore d'amendements proposant, mois par mois, la tenue de toutes les sessions à Bruxelles. Hier, à la surprise générale, les traditionnels amendements ont été remplacés par une demande de report du vote, sous prétexte de clarifier « les conditions de travail du Parlement » : stressés par les déplacements entre Bruxelles et Strasbourg, les élus ne pourraient plus remplir leurs obligations...
Cette demande a finalement été rejetée.
Cette nouvelle attaque s'inscrit dans une logique qui se renforce jour après jour et où l’on dénonce la gabegie de l'Europe à travers les implantations du Parlement, exemple de mauvaise gestion, au détriment des contribuables.
Aux arguments des « anti-strasbourgeois » (autrefois surtout axés autour des difficultés de communication) s'ajoutent désormais des voix politiques, comme celle de l'ancien ministre des Affaires étrangères polonais Bronislaw Geremek. Les élus des nouveaux Etats membres veulent siéger auprès de l'« exécutif » européen à Bruxelles. Et le symbole que représente Strasbourg en termes de réconciliation franco-allemande, donc de base de la construction européenne, n'a pas la même valeur dans l'autre Europe. D'ailleurs, ce symbole s'estompe aussi auprès des nouvelles générations d'élus en Europe occidentale.
Pour, en quelque sorte, « défrayer » Strasbourg, certains proposent l'installation du futur institut de technologie européen dans la capitale alsacienne, en lieu et place du Parlement. La création de cet institut, qui devrait concentrer en un seul lieu plusieurs laboratoires de recherche « nationaux » pour les faire travailler en symbiose européenne, a été arrêtée le 23 mars au Conseil de Bruxelles.
L'implantation n'a pas été fixée... mais Strasbourg aurait de réelles chances.
La question est de savoir si ce “chantage “ aura bien lieu ou si, comme le sous-entend Jacques Chirac , l'implantation à Strasbourg de l’institut pourrait se faire tout en conservant le parlement européen ? Pas sur...
Ou alors si on garde le siège et que l’institut aille ailleurs... quelle sera la réaction des élus locaux ??? Je me le demande bien...
Je ne suis pas pessimiste mais je pense que le jour viendra où le parlement quittera Strasbourg. Je pense que les élus devraient prendre en compte cette question. Peut être qu’un nouveau grand projet Politique européen devra se réaliser à Strasbourg s’appuyant sur le Conseil de l’Europe ( puisqu’il ne faut pas oublier que le Conseil de l’Europe à son siège à Strasbourg...)
18:10 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 16 février 2006
Bolkestein ?? quelques précisions...
Le vote sur la directive « service » doit avoir lieu aujourd’hui au parlement européen. L’ex (et fameuse) directive Bolkestein revient sur le devant de l’actualité….
De quoi s’agissait t-il ? Il s’agissait de libéraliser le marché des services (comme déjà prévue par le traité de Rome en ….1957) afin de lever certaines barrières protectionnistes qui n’apporte rien de bon…
Après le levé de bouclier de la gauche française au moment du débat sur le référendum cette directive a été profondément remaniée. (Je note au passage le mépris de nombreux socialistes français pour Mme Gebhardt députée socialiste allemande qui a remaniée le texte…)
Le nouveau projet de directive prévoit donc une nouvelle rédaction de l’article 16 qui supprime la très controversée référence au pays d’origine, elles est remplacée par l’article 49 du traité de Rome sur la libre prestation des services. Selon Jean-Louis Bourlanges, député européen UDF, le vrai enjeu du débat ne portait pas sur cet article qui ne remettait pas en cause le droit français puisque au-delà de six jours de présence le territoire, c’est la législation du pays d’accueil qui s’appliquait. Il a expliqué que ce qui était en cause, ce sont les articles 24 et 25 qui réservaient le contrôle de cette mesure au pays d’origine c'est-à-dire à l’Etat qui n’avait aucun intérêt à voir appliqué la législation du pays d’accueil : « c’est un peu comme si on avait décidé de faire contrôler nos importations par le pays exportateur ».
Aujourd’hui j’estime donc, comme Jean-Louis Bourlanges, que la suppression des articles 24 et 25 élimine tout risque de dumping social qui serait né de la non application de la règle des six jours.
La France est un des premiers prestataires de services du monde. Elle a tout intérêt à lever les restrictions qui entravent son développement à l'extérieur de ses frontières. Je pense donc qu'il serait absurde de dire que la France ne va rien en tirer alors que peut s’ouvrir de belles perspectives….
Il ne faudrait pas non plus vouloir prêter à cette directive l’importance qu’elle n’a pas et nous refaire le coup du « plombier polonais »… Une foi votée elle ne devrait pas bouleverser les habitudes des consommateurs (exigeants) que nous sommes…
09:20 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 18 décembre 2005
Le sort du projet de Constitution européenne reste en suspens
Le monde 16/12/2005
Avant l'ouverture du Sommet qui tente de sortir l'Union européenne de sa crise budgétaire, le Parlement européen, réuni en session à Strasbourg, a rouvert jeudi 15 décembre l'autre grand débat pendant, sur l'avenir institutionnel de l'Union, gelé par le refus des Français et des Néerlandais de ratifier la Constitution européenne. Divisée sur l'attitude à adopter, sa Commission constitutionnelle s'est penchée sur le rapport qui avait été confié à deux élus issus de groupes minoritaires, le libéral britannique Andrew Duff et le Verts autrichien Johannes Voggenhuber, pour voir comment relancer le processus constitutionnel.
Ratifiée par quatorze pays, la Constitution est aujourd'hui en suspens. Les chefs d'État et de gouvernement des 25 ont prévu de consacrer leur sommet de juin prochain, sous présidence autrichienne, aux suites à donner à cette interruption du processus de ratification. Les deux rapporteurs du Parlement ont provoqué une controverse en estimant que le texte constitutionnel actuel a été réduit à néant par le double rejet franco-néerlandais. Ils proposent d'établir un nouveau projet.
Cette position se heurte à l'opposition d'un grand nombre d'élus issus des deux grands groupes du Parlement, celui du Parti populaire européen (droite) et du groupe socialiste, qui refusent de prononcer l'acte de décès de la Constitution de 2004. Ils estiment que, le moment venu, la France et les Pays-Bas pourraient procéder à un nouveau référendum, pour peu que le traité soit assorti de "déclarations interprétatives propres à rassurer leurs opinions publiques". "Nous ne voulons pas donner raison aux socialistes qui ont appelé à voter non en soutenant qu'un plan B était possible", explique le travailliste britannique Richard Corbett.
ABANDON, REFONTE ?
D'ici là, tout le monde souhaite ouvrir un débat public. MM. Duff et Voggenhuber ont proposé qu'un premier forum, réunissant parlementaires européens et nationaux soit organisé "au printemps 2006, avant la session de juin du Conseil européen, afin d'entendre les analyses des Parlements français et néerlandais sur les résultats négatifs des référendums". Les rapporteurs estiment qu'au cours du second semestre 2007, il faudra conclure et décider ce qu'il doit advenir du projet de Constitution : abandon, modification partielle ou refonte totale.
Conscients que l'UE ne peut fonctionner longtemps sans résoudre son problème institutionnel, de nombreux dirigeants tentent eux aussi d'ouvrir des pistes de réflexion. Le premier ministre belge, le libéral Guy Verhofstadt, vient de publier un livre, Les Etats-Unis d'Europe, dans lequel il plaide pour l'idée d'une Europe à deux vitesses : un premier groupe, celui de l'eurozone, formant des Etats-Unis européens et, d'autre part, une Organisation des Etats européens, plus lâche. "Si plus rien ne va et que tout est bloqué, je ferais sûrement partie de ceux qui vont essayer d'arriver à plus à partir de la dynamique de l'Eurogroupe", a également indiqué le premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, le 12 décembre dans une interview.
13:01 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 15 octobre 2005
Europe, Turquie ...
Il y a quelques jours l’union européenne a ouvert des négociations d’adhésion avec la Turquie
Personnellement je ne sais pas trop comment me positionner quant à l'adhésion de la Turquie à l'union européenne !! Si je pense qu’ils ne sont pas prêts aujourd’hui, je me méfie de certains arguments qui frôlent le populisme (genre M. de Villiers) !!!!
Je suis profondément européen et pour une forte Europe politique et je conçois que c’est plus dur voir impossible avec la Turquie. Or n’est ce pas déjà illusoire de penser pouvoir réaliser une l’intégration politique entre les 25 pays d’aujourd’hui et les 27 de demain……
Le débat doit vraiment porter sur le projet que l’on veut porter pour l’Europe afin de pouvoir en fixer également les limites géographiques. Je serai alors favorable au renforcement de l’intégration politique entre quelques pays (dont la France et l’Allemagne), l’union européenne actuelle restant à son niveau d’intégration (même si il faudra tout de même en reformer le fonctionnement). Le « partenariat privilégier » que l’on nous vente toujours n’est autre que mettre un nom sur les accords existants aujourd’hui entre l’union et la Turquie (comme le disait Damien ), donc je me dis dans ce cas là pourquoi pas avec la Turquie ? Mais avant il faudra relancer la machine européenne !! Approfondissement avant élargissement !!
23:25 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note















