mercredi, 10 juin 2009

Et après ?

Voici mon analyse personnelle des résultats des élections européennes de dimanche dernier et plus particulièrement des scores du MoDem.

Je pense qu'il y a deux erreurs à éviter pour bien pouvoir en tirer des conclusions politiques :

Tout d'abord, penser que le dérapage verbal de François Bayrou jeudi soir sur France2 a couté l'élection : les sondages montraient un tassement du MoDem et une montée d'Europe Ecologie une semaine avant et se sont avérés vrais.

Peut-être avons-nous perdu un ou deux points à cause de cet événement ; nous aurions alors été autour de 10%, mais cela aurait quand même été un score très faible. C'est donc dans l'ensemble de la campagne qu'il faut chercher des explications.

Ensuite, il ne faut pas penser que nous n'avons pas assez parlé d'écologie et pas assez mis en avant nos candidats écologistes. Si on prend cette théorie par l'absurde, cela revient à dire que si que l'UMP est devant nous, c'est parce que nous n'avons pas eu de discours assez sécuritaire ! Rien ne sert de courir après un autre électorat. Les écologistes seront toujours plus crédibles que nous pour un électeur qui veut voter écolo.

Europe-Ecologie a essentiellement récupéré un électorat de gauche, issu essentiellement du PS. La comparaison en nombre de voix avec d'autres élections le montre clairement. Les déçus du PS ont trouvé une voie, et ce n'est pas au MoDem qu'ils sont allés.

En revanche, la seule chose qui nous a fait mal de leur part, c'est qu'Europe-Ecologie a su capter un électorat pro-européen, par un message et une campagne uniquement axée sur l'Europe.

La famille politique centriste, très attachée à l'Europe, a été heurtée par la campagne - jugée hors contexte - menée depuis Paris. Notre projet européen n'a jamais été mis en avant au cours d'une campagne pourtant longue. Défendre nos idées, et mobiliser notre électorat est le principal enseignement qu'il faudra retenir.

Nous avons passé deux ans à taper sur le gouvernement et Sarkozy et nous n'avons plus défendu nos idées et nous n'avons plus été une force de proposition. Cette posture n'est plus tenable.

En Alsace, dans l'analyse des résultats bureau de vote par bureau de vote, on constate que nous réalisons des scores légèrement meilleurs là où...surprise, l'UMP réalise ses plus gros scores. Et ceux-ci sont plutôt réalisés à l'extérieur de Strasbourg où nous dépassons les 10% partout. Des terres où la fidélité au vote centriste résiste ! La stratégie qui consiste à dire que nous allons gagner un électorat plus urbain s'avère erronée également.

La déception provient essentiellement du type de scrutin et de la thématique, deux éléments qui auraient dû nous être favorables. Or, nous réalisons des scores plus faibles qu'aux cantonales à Strasbourg, plus faibles qu'aux législatives (bien sûr, meilleur quand même qu'aux municipales) et surtout moins bons que l'UDF de 2004... et c'est bien là l'échec pour notre mouvement qui a l'ambition de rassembler plus largement.

Le bilan peut se résumer en une phrase : nous avons perdu à droite ce que nous n'avons pas gagné à gauche.

 

 

Commentaires

Les bavures à répétition des faiseurs de frontières remettent en question la véracité de la théorie du chef du village national
– stop -
L’interdépendance abusive ou non entre les territoires demeure leur fond de commerce, mais elle est la seule garante de l’unicité de leur l’identité
– stop –
Entre une majorité omnipotente et une opposition fonctionnaire, les extrêmes font office de modérateurs –
- stop –
Quand on consomme des subventions sans acheter la technocratie, on finit par fantasmer le régime des autres
– stop –
À force de nous vendre une Europe humaniste et paradisiaque, on en oublierait qu’aujourd’hui elle est plus une nécessité qu’un choix
– stop –
Entre les accusations dignes d’une cour de récréation et les invectives feutrées, on pourrait croire que la nature du débat est la diversion commune
– stop –
Les élections européennes s’adaptent au buzz anthropophage et au culte de l’immédiateté sans memoires
– stop –
À la croisée de chemins handicapés par un passif, plus qu’un passé, les options de mutation offertes sont restreintes
– fin -
la suite ici
http://tiny.cc/9MNfi

Ecrit par : walkmindz | mercredi, 10 juin 2009

Je ne te donnerai alors qu'un simple lien en guise de commentaire ;)

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/06/10/francois-bayrou-entend-l-appel-au-changement_1205084_1168667.html

Ecrit par : Ivan Gabrièle | mercredi, 10 juin 2009

Lire l'analyse d'Irène Dedieu sur http://optimodemiste.hautetfort.com/ !

Ecrit par : gauthier | mercredi, 10 juin 2009

je trouve ton analyse originale et intéressante. Après tu connais ma manie de vouloir éviter de nous positionner par rapport à la gauche et à la droite ;-)

Je crois qu'on aura l'occasion d'en rediscuter!

Ecrit par : Nelly | mercredi, 10 juin 2009

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