samedi, 21 mars 2009
La nouvelle écologie politique
Je viens de lire un ouvrage intéressant publié dans la collection la « république des idées » au Seuil. La nouvelle écologie politique, Économie et développement humain, par Jean-Paul Fitoussi & Éloi Laurent.
Le niveau de vie moyen de l'humanité a davantage augmenté entre 1990 et 2000 qu'entre l'an 1 de notre ère et 1820. Plusieurs milliards d'individus sont ainsi sortis de la misère ou sont sur le point de s'en extraire.
La population totale des individus vivant dans de bonnes conditions matérielles aujourd'hui est supérieure à ce qu'était la population totale de la planète il y a deux siècles. Cette « victoire » nourrit pourtant dans la population une inquiétude : serions-nous trop nombreux à être trop bien portants et trop riches ? Ne faudrait-il pas réduire la part de chacun dans la consommation des ressources terrestres pour conjurer cette malédiction de la prospérité ?
C'est ainsi que beaucoup adhérent à une nouvelle loi de Malthus (et beaucoup d'écologistes): compte tenu de la fragilité des équilibres environnementaux, nous serions désormais trop nombreux à être trop riches et bien portants. Après 200 000 ans de lutte contre les forces de la nature, l'homme aurait acquis sur elle un tragique ascendants et devrait renoncer au développement économique : devant cette malédiction de la prospérité, des voix nombreuses appellent à l'interruption de la croissance et à la suspension du progrès.
Je crois, comme exposé dans cet ouvrage, qu'au contraire qu'il est possible de poursuivre sur le chemin du développement humain sans sacrifier les écosystèmes terrestres, mais à condition d'élever notre niveau d'exigence démocratique. L'égalité écologique est la clé du développement durable.
Il est expliquer assez longuement, que la décroissance des ressources naturelles, si elle est inexorable, n'est pas la seule « flèche de temps » qui gouverne notre évolution ; il en est une autre : l'augmentation des connaissances. Les perspectives du développement humain tiennent plus que jamais à l'articulation de ces deux processus, ainsi, et ceci a son importance, qu'à leur adéquation à un principe de justice dont seule la démocratie peut fournir les clés.
D'après la république des idées.
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Commentaires
Il est vrai que les élucubrations de certains zélateurs de la décroissance donnent des frissons, mais d'autres savent examiner la situation avec sérieux et arrivent à leurs conclusions en toute objectivité. Mais la vraie question réside en fait ailleurs : plutôt que de brandir des épouvantails, il convient de s'interroger sur le contenu des indicateurs utilisés. Alors seulement, on constate qu'ils sont inadaptés et on peut dépasser l'opposition factice entre décroissance et croissance verte...
Ce sujet (et d'autres) est abordé avec clarté par Corinne Lepage dans son dernier ouvrage, "Vivre autrement" chez Grasset. Un petit essai à lire d'urgence et à diffuser ;-)
Ecrit par : florent | jeudi, 14 mai 2009
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