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dimanche, 25 mai 2008
Un pari nécessaire
Voilà la tribune d'Alain Duhamel parue ce dimanche 25 mai ; il résume assez bien ce que je pense de la réforme des institutions.
Par Alain Duhamel
Le texte, actuellement en discussion à l'Assemblée nationale et qui va faire l'objet d'un premier vote significatif après-demain mardi, constitue une avancée appréciable. Il ne bouleverse pas les institutions - ce n'est pas son objet et il ne s'agit pas d'inventer une VIe République - mais il en améliore nombre de dispositions. Il concerne d'ailleurs le tiers des articles de la Constitution. On aurait pu rêver qu'il soit plus ambitieux, on peut regretter plusieurs timidités et surtout plusieurs blocages venus des rangs conservateurs (qui se recrutent à gauche comme à droite). Au total, il s'agit bel et bien d'une démocratisation des institutions. Il serait donc dommage de s'en priver. Même si elle ne règle pas tout, la réforme constitutionnelle représente donc un pari nécessaire.
On fait deux griefs principaux à la réforme : elle renforcerait les pouvoirs déjà considérables du président de la République et elle n'irait pas assez loin dans la démocratisation du Parlement, en particulier du Sénat. Le premier reproche est injuste, le second reproche est fondé. Parmi ceux qui dénoncent une présidentialisation supplémentaire des institutions (PC, villepinistes, une fraction des socialistes), on insiste sur la volonté de Nicolas Sarkozy de pouvoir s'exprimer personnellement dans des cas par principe très rares devant le Congrès de Versailles. L'idée est contestable (le président ne manque pas d'occasions de s'exprimer) mais l'enjeu est mineur : le chef de l'État dispose déjà d'un droit de message, lu par un tiers devant une assemblée debout. Il s'y substituerait un discours lu par lui-même devant une assemblée assise, pas de quoi fouetter un chat. En revanche, il est dommage que le gouvernement refuse la prise en compte de la parole présidentielle dans les médias pour répartir plus équitablement le temps de parole. Pour le reste, les pouvoirs présidentiels sont plutôt rognés qu'élargis (deux mandats seulement, modalités de l'article 16, encadrement des nominations). La réforme n'organise aucune hypertrophie présidentielle. Elle refuse, sous la pression du groupe parlementaire UMP, de modifier et de démocratiser la désignation des parlementaires. C'est regrettable. Nul doute que le rééquilibrage du collège des grands électeurs sénatoriaux s'imposait. On pouvait souhaiter aussi l'introduction d'une petite part de proportionnelle (dix pour cent des sièges) pour l'élection des députés. Il est vrai qu'aucune de ces dispositions n'est à proprement parler constitutionnelle et qu'elles dépendent de lois organiques ou ordinaires. Il était cependant imaginable de fixer un principe de représentativité. Les parlementaires UMP, que cela pouvait affaiblir, s'y sont opposés. Les parlementaires socialistes, ou du moins la majorité d'entre eux, en tirent argument pour rejeter l'ensemble de la réforme. C'est particulièrement vrai chez les sénateurs socialistes, les députés se partageant davantage : les modernisateurs, souvent jeunes, soutiennent la réforme que les classiques rejettent. Ségolène Royal affirme qu'elle ne votera pas la réforme, Bertrand Delanoë considère au contraire qu'elle mérite d'être défendue, malgré ses insuffisances.
C'est le maire de Paris qui a raison. Toute incomplète qu'elle soit, la réforme constitutionnelle constitue en effet un progrès indéniable. On sait que la Ve République est déséquilibrée, faute de pouvoir d'initiative suffisant des citoyens et faute de pouvoir de contrôle suffisant des députés. Or, sur chacun de ces deux points, l'amélioration est incontestable. La réforme propose en effet deux dispositions nouvelles pour les citoyens : le droit de saisir le Conseil constitutionnel (après filtrage) et celui, si le cinquième des parlementaires et le dixième des électeurs le demandent, d'obtenir un référendum d'initiative populaire. Ce sont deux droits supplémentaires significatifs. Quant aux parlementaires eux-mêmes, ils seraient de mauvaise foi s'ils ne reconnaissaient pas que la réforme élargit leur pouvoir de contrôle : attribution de la moitié de l'ordre du jour, encadrement du 49-3 et des nominations, vote sur le texte des commissions et non plus du gouvernement, information obligatoire pour les engagements militaires à l'étranger, augmentation du nombre des commissions. Il y a là toute une série d'avancées que la gauche réclamait et qu'elle feint parfois de ne pas percevoir, que la droite revendiquait souvent elle aussi en catimini.
En tout état de cause, une chose est sûre : jamais, depuis qu'existe la Constitution de 1958, un tel élargissement du pouvoir parlementaire n'a été effectivement proposé. Beaucoup l'ont suggéré durant les campagnes électorales, notamment à gauche. Personne n'avait tenu parole. D'où l'hypothèse selon laquelle les réticences et les oppositions sont plus politiques, voire politiciennes, que constitutionnelles. Une fraction des gaullistes de tradition ne veut pas qu'on touche aux tables de la loi : c'est son droit. D'autres, à gauche, chez les villepinistes, chez les souverainistes, se saisissent de l'occasion pour tenter de stopper une réforme et d'infliger une défaite à Nicolas Sarkozy, sans tenir compte du fait que c'est le Parlement et la démocratie qui seraient les victimes d'un échec.
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dimanche, 18 mai 2008
La guerre des centres
| par Olivier Picard, DNA La guerre des centres ! Il faut se pincer pour être bien sûr qu'on ne rêve pas tant la formule peut paraître baroque. On attend les centristes partout, mais sur un champs de bataille, franchement, c'est inédit. Presque contre nature pour une famille qui, d'ordinaire, déteste plus que tout l'affrontement et les choix cornéliens. Partagée entre MoDem et Nouveau Centre, la voilà déchirée par des stratégies divergentes autant que par les rancunes d'amitiés trahies. Cruel épisode au moment où la France n'a sans doute jamais été aussi centriste. Avec ses 18,6 % des voix au premier tour de la présidentielle de mai 2007, François Bayrou avait réussi à incarner une force politique rassembleuse entre le candidat de la droite, Nicolas Sarkozy, et celui du PS, Ségolène Royal. Son positionnement sur des thèmes majeurs avait même séduit les électorats de ses deux rivaux, et il avait pu légitimement rêver de devancer l'un ou l'autre pour être présent au second tour. Un an plus tard, dans une Ve république qui s'apprête à toiletter ses institutions, la France semble redevenue plus bipolaire que jamais. Mais cette carte politique est paradoxale. Elle ne peut être décalquée sur celles des majorités d'idées qui, elles, débordent largement des frontières traditionnelles de la gauche et de la droite. Ce décalage est-il inévitable ? La réponse à cette question marque précisément la ligne de fracture entre les centristes. Persuadé qu'il est temps de dépasser les vieux tracés hérités de la France de 1958 et pariant sur l'éclatement du PS, Bayrou veut réorganiser la respiration politique du pays autour d'un pole central dont il serait la figure et l'inspirateur. C'est au nom de cette optique et parce qu'il croit en son destin - avec en ligne de mire le rendez-vous de 2012 - qu'il a choisi la ligne de l'indépendance. Avec le risque de tout perdre en étant broyé par la mécanique électorale... Fragile, avec peu d'élus, son hésitant MoDem tente de résister à la marginalisation à laquelle l'UMP et le PS veulent le condamner. Une solitude « suicidaire » pour son ancienne garde rapprochée de l'UDF qui a déserté pour rejoindre la majorité sarkozyste. Le Nouveau Centre d'Hervé Morin et de Jean-Christophe Lagarde affiche, lui, un réalisme assumé, voire fataliste et pour certains, carrément opportuniste. Prisonnier de sa participation au gouvernement, il continue de porter les idées du... candidat Bayrou de 2007, mais sans figures, ni voix, ni courage exagéré, il peine à se faire entendre quand il n'est pas réduit au silence. Sauf quand il pilonne son ancien héros, coupable à ses yeux, d'avoir semblé moins allergique à Ségolène Royal qu'à Nicolas Sarkozy. Les guerres fratricides sont les plus violentes. Et souvent mortelles. Édition du Dim 18 mai 2008 |
12:17 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 01 mai 2008
Ma position sur l’avenir du MoDem
Récemment l’aventure centriste, a connue de nouveaux déroulements. Jean Arthuis, Thierry Cornillet ont claqués la porte du modem. J’ai publié sur ce blog quelques textes qui vont dans ce sens et que je me dois maintenant d’expliquer.
Je suis en accord avec Jean Arthuis quand il dit que le modem est dans une impasse stratégique. Il ne semble néanmoins un peu simpliste et bête de vouloir faire « revivre l’UDF ». Mais la question qui est ici posée est celle de l’identité du parti centriste qui semble aujourd’hui nous échapper.
Au nom d’une soit disant éthique, d’une soit disant défense de valeurs ( que l’on ne connaît d’ailleurs pas) le MoDem choisi de ne pas avoir de stratégie, la stratégie étant pour certains « l’ancienne politique », celle des politiciens magouilleurs.
Le modem ne pense plus rien, seul des militants un peu survoltés, à celui qui criera le plus fort des inepties politiques, se font entendre. Les attaques pleuvent contre « une pensée unique et une dictature intellectuelle ». Les bêtises intellectuelles me font rire jaune : « Le pluralisme de la pensée fait que le bipartisme se meurt et fait place à la pluralité de la représentation où l’alternative fait respirer la vie politique. ». L’incantation est devenu la règle, la victimisation est quasiment une marque de fabrique chez François Bayrou (de sans disantes forces venues du pouvoir sarkozyste lui aurait coûté la mairie de Pau), le grand écart idéologique est flagrant entre des postures gaullistes (pour plaire à cette droite) et des postures revendicatrices à faire pâlir d’envie l’extrême gauche.
La droite et la gauche ne sont rien d’autre que des écuries destinées à prendre le pouvoir. En rien elles ne sont des blocs idéologiques monolithiques.
Alors OUI il faut le dire haut et fort, un parti politique ne peut se suffire à lui tout seul, il convient au Centre Démocrate d’être en mesure de nouer des alliances et ceci dans la clarté.
Néanmoins toute alliance ne se fera que sur un projet, et si l’on veut défendre haut et fort le Centre Démocrate, il ne s’agit en aucun cas de se vendre au plus offrant, ni de s’aligner sur un autre parti, mais d’être en mesure d’être incontournable.
Il faudra très rapidement, jeter les bases d’un projet et réaffirmer un corpus de valeurs fondamentales.
Quand au cours de l’élection présidentielle, nous appelions à rassembler la France de « toutes nos forces » ce n’était ni pour nous replier sur nous même, ni pour s’opposer à la marche du pays.
Un Centre indépendant, est un parti capable de pouvoir peser ! Pour peser il faut que nous soyons UNI, Centristes et Démocrates, nombreux afin de se faire entendre. Il faut se rassembler, sinon la vraie bipolarisation, celle des idées, aura vraiment gagnée !
En 2 ans d’engagements, j’ai toujours voulu œuvrer pour un rapprochement, des rencontres régulières entre élus et militants, du travail en commun ; l’ancien parti de notable avait le gros défaut de ne pas avoir de vie militante. Certains militants d’aujourd’hui réclament maintenant des départs, refusant toutes idées de hiérarchie dans un parti, tout respects envers ses élus. Un parti politique ne se résume pas à ses élus, mais n’a pas non plus vocation à devenir un club de supporteurs.
Je suis convaincu que l’on peut faire de grandes choses, mais seulement quand on sera au clair avec notre identité politique, et avec un positionnement clair. Ainsi, j’appelle de mes vœux à la constitution d’un rassemblement de tous les Centristes et Démocrates, actuellement éparpillés, au sein de l’UMP, au NC, au MoDem, ou égarés et à cesser la guerre des étiquettes.
16:09 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












