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jeudi, 24 avril 2008

Les Français aimeraient voir Bayrou à Matignon

le figaro - 24/04/2008

Surprise : selon un sondage, le président du MoDem serait le favori des Français pour devenir premier ministre, devant Bernard Kouchner. Xavier Bertrand arrive loin derrière.

Les Français aimeraient avoir en priorité un premier ministre... centriste ou socialiste ! S'ils ont envoyé à une nette majorité Nicolas Sarkozy à l'Elysée, ils plébiscitent aujourd'hui son principal opposant François Bayrou pour occuper les fonctions de premier ministre, à en croire un sondage CSA (*) publié par Le Parisien-Aujourd'hui en France de jeudi.

39% des Français souhaitent ainsi que le président du MoDem devienne le chef du gouvernement (58% ne le souhaitent pas), parmi une liste de huit personnalités. Il devance de deux points le ministre des Affaires étrangères (ex-PS) Bernard Kouchner (37% contre 59%) et la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie (34% contre 61%). Suivent l'ancien premier ministre et maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé (33% pour, 64% contre) et Jean-Louis Borloo (31% pour, 61% contre). Dominique de Villepin (29%), Xavier Bertrand (24%) - grand rival annoncé de François Fillon - et Rachida Dati (20%) ferment le ban.

 

Je constate quand même que ce n’est qu’une majorité relative qui est attribuée à François Bayrou (comme au autres « candidats » à droite).

Ce qui est très intéressant dans ce que l’on peut comprendre de ce sondage c’est la demande des français d’un centre, d’équilibre, et ils n’hésitent pas demander Sarkozy avec Bayrou, ce qui peut paraître surprenant.

Mais NON, les français n’aiment pas les monolithes qui prétendraient à eux seuls « que tout est possible ». Ils demandent une seine confrontation des idées afin de participer à l’action pour faire avancer la France.

Sinon ils se retourneront, comme d’habitude par dépit, vers le socialisme, donnant à chaque élection un violent coup de volant vers l’opposition.

L’attitude d’opposant bec et ongles est-t-elle alors vraiment ce que souhaitent  profondément les français ?

mardi, 08 avril 2008

Bayrou, révolté immobile

Chronique de Jean-Louis Bourlanges parue le 1er mars dans l'Expansion... et passée un peu inaperçu dans le tumulte des élections municipales. C’est cinglant, mais très vrai !

 
 

François Bayrou est de retour. Les malheurs du pouvoir faisant le bonheur des opposants, le voici à nouveau campé dans son rôle de prédilection, celui de prophète procureur, stigmatisant l'indignité de la droite et la servilité du centre, dénonçant pêle-mêle le veau d'or et les paillettes, les capitalistes et les cléricaux, les traîtres et les collaborateurs, marchant sur le corps des notables de l'ancienne UDF comme sainte Jeanne de Chantal sur celui de ses enfants. En politique, l'ennemi, ce n'est pas l'étranger, mais le frère. Dans la haine comme dans l'amour, les copains d'abord !

Le procès des ex-copains mérite toutefois réflexion. Le Nouveau Centre est peut-être un camp de réfugiés, mais le vrai transfuge, c'est Bayrou lui-même. Ce qui frappe dans sa marche en crabe vers la gauche, c'est la profondeur du fossé qui le sépare désormais du credo de son ancienne famille. L'UDF était économiquement libérale, politiquement respectueuse des corps intermédiaires, éprise de solidarité atlantique, passionnément attachée à la construction européenne. Tout en Bayrou récuse cet orléanisme abhorré.

Ses héritages sont ailleurs. Ils lui viennent du général de Gaulle et de François Mitterrand. Son projet politique, encore virtuel, s'alimente à deux sources. D'abord un culte romantique du héros solitaire et rédempteur, placé « hors de toutes les séries » par la divine providence pour porter la lumière du monde. Ensuite, un antilibéralisme néocorporatiste de petit paysan catholique qui lui fait regarder le capitalisme et la privatisation avec horreur, les Etats-Unis avec les yeux de Tintin et l'Union européenne elle-même avec une méfiance grandissante. Bayrou n'est pas au centre, comme il vient au reste de le reconnaître, mais, simultanément, à la droite de la droite et à la gauche de la gauche.

Au moment où les patrons du CAC 40 délocalisent allégrement et s'adjugent des rémunérations pharaoniques, tandis que les Etats-Unis se perdent quelque part entre Bagdad et Guantanamo, que l'Europe rumine ses impuissances et que Sarkozy confond joyeusement libéralisme et ploutocratie, ce positionnement est électoralement porteur. Reste la question stratégique : le nouveau chantre de l'exception et du modèle social français devait-il rompre avec la droite ? La haine peut être mauvaise conseillère. Le tracteur Bayrou a besoin d'une terre meuble où labourer. La droite, volage, désinvolte et désormais déboussolée, aurait pu la lui offrir. Pétrifiée dans ses dogmes, ses anathèmes et ses appareils, la gauche risque d'être d'un granit plus résistant.

Mitterrand avait triomphé en s'emparant du PS et en sacrifiant généreusement au crétinisme programmatique. Bayrou joue d'un tout autre clavier. Son succès dans le monde enseignant, clef de sa percée présidentielle, lui a appris la puissance électorale du conservatisme. La réforme est à droite, le statu quo sera donc de gauche. Il faut changer la politique pour ne pas changer la société. Promettre un bouleversement d'opérette pour tourner sur leur gauche les apprentis sorciers du réformisme social-démocrate. François Bayrou inaugure une formule inédite : l'immobilisme révolutionnaire.

dimanche, 06 avril 2008

Le tabou de l'OTAN

La France va connaître la semaine prochaine l'un de ces psychodrames politiques dont elle est friande et qui constituent l'une de ses spécialités.

Par Alain Duhamel (DNA 6/04/08)

Le débat à l'Assemblée nationale déclenché par la motion de censure déposée par le parti socialiste à propos du renforcement du contingent français engagé en Afghanistan va en effet immanquablement provoquer une polémique homérique. Bien au-delà de la question de l'envoi d'un bataillon supplémentaire à Kaboul, c'est naturellement le tabou de l'OTAN qui va être invoqué.

Transgresse-t-il le précepte sacré du non-alignement sur les Américains ?

 En décidant d'expédier ce renfort pour lutter contre les talibans, Nicolas Sarkozy transgresse-t-il oui ou non le précepte sacré du non-alignement sur les Américains ? Se rend-il coupable d'une inflexion atlantiste caractérisée ? Ose-t-il prendre des distances avec un impérieux précepte gaullien ? C'est ce que proclament les dirigeants du parti socialiste, c'est ce que scande l'extrême gauche, c'est ce que dénoncent les souverainistes de droite ou d'extrême droite. Ils ont raison.  L'inflexion a bien lieu, la distance est bien prise, le tabou est bien transgressé, le précepte est bien défié. La question est de savoir si ce mouvement est justifié ou non, quels sont ses ressorts, quels sont ses objectifs. La réponse est claire : il s'agit d'une nouvelle tentative pour construire une défense européenne.  L'envoi en Afghanistan d'un bataillon supplémentaire qui ne fera d'ailleurs de la France que le sixième contributeur constitue en effet surtout un symbole et un signal : le symbole d'une solidarité de la France avec les Etats-Unis dans la lutte contre les talibans, le signal que Paris, agissant en l'occurrence en allié déterminé, est en droit d'afficher ses propres ambitions au sein de l'Alliance atlantique, donc de poursuivre sa quête éternelle d'une défense européenne.  On peut naturellement discuter de l'efficacité des opérations militaires en Afghanistan. Les soldats français y prendront des risques et, malheureusement, tant que subsisteront les zones tribales aux confins du Pakistan et de l'Afghanistan, les talibans disposeront toujours de bases d'entraînement et de lieux de repli.  Les montagnes afghanes ne portent pas chance aux interventions militaires extérieures. Mieux vaudrait assurément que l'armée afghane soit en mesure de résoudre elle-même l'agression des talibans. Ce n'est pas le cas et, en attendant que cela devienne possible, il n'y a guère d'alternative à la poursuite des opérations contre al-Qaïda.

On verra bien si ce signal est contagieux

 Les Etats-Unis sont reconnaissants à la France de l'effort supplémentaire qu'elle produit et du signal qu'elle lance à d'autres alliés dont certains étaient hésitants. On verra bien si ce signal sera contagieux mais il possède d'ores et déjà une vertu : il permet à Nicolas Sarkozy de rouvrir le chantier de la défense européenne qui, comme l'horizon, semblait toujours s'éloigner au fur et à mesure que l'on avançait. En ce sens, le bataillon français dépêché en Afghanistan a pour objet principal de permettre de rêver de nouveau à une armée européenne.  Nicolas Sarkozy ne s'en cache d'ailleurs pas. Il a de la sympathie pour les Etats-Unis, il a de l'admiration pour les Britanniques, il compte bien incarner un réchauffement entre Anglo-Saxons et Français. Le but est néanmoins essentiellement européen : reprendre la marche en avant, commencer par la défense. C'est pour cela qu'il était nécessaire d'apprivoiser George Bush, qu'il était obligatoire de passer par Londres avant le sommet atlantique de Bucarest.

Paris et Berlin sont proches à propos de l'Europe de la défense

 Il fallait être regardé comme un allié et comme un ami des Américains et des Britanniques avant de relancer le processus européen. L'Afghanistan en aura été l'occasion, Bucarest en a été le théâtre : ce n'est pas un hasard si Angela Merkel (qui se réjouit de l'évolution de la France) et Nicolas Sarkozy (qui veut réussir sa présidence toute proche de l'Union européenne) ont présenté leurs conclusions du sommet atlantique lors d'une conférence de presse commune.  Il s'agissait de montrer que Paris et Berlin ont des positions toutes proches à propos de l'Europe de la défense, laquelle ne peut se développer qu'au sein de l'Alliance atlantique mais n'a de sens que si elle débouche sur une véritable autonomie. C'est ce que Nicolas Sarkozy a voulu dire en lançant « Laissons cheminer l'Europe de la défense et nous continuerons à cheminer vers l'OTAN ». Si au deuxième semestre de cette année, sous présidence française, on peut adopter le principe d'une Europe de la défense, alors la France pourra se rapprocher du commandement intégré de l'OTAN.  Nicolas Sarkozy a fait ainsi un pas vers les Etats-Unis et vers la Grande-Bretagne. George Bush a fait un pas vers la France en proclamant à Bucarest qu'une défense européenne est souhaitable. Angela Merkel a fait un pas en s'associant à Nicolas Sarkozy. Il reste avant tout à attendre un pas officiel de la Grande-Bretagne, principal partenaire militaire de la France en Europe, sachant qu'il ne peut être franchi avant la ratification définitive du traité européen par la Chambre des Lords.

Le pari apparaît audacieux

 C'est le pari du président de la République. Il apparaît audacieux, il n'est pourtant pas téméraire : Jacques Chirac avait tenté la même opération au début de son premier mandat, acceptant de réintégrer le comité militaire au sein de l'OTAN, puis d'envoyer quelques officiers à l'état-major du commandement intégré, à Mons.  Encore faut-il, avant de juger la méthode, se rappeler que les troupes françaises participent déjà de façon très significative aux opérations militaires de l'OTAN et que ce qui nous singularise se ramène finalement à une absence symbolique de deux comités et de quelques postes de commandement.

Jean Arthuis: "Je quitte le Modem"

Propos recueillis par Virginie LE GUAY
Le Journal du Dimanche
 

Jean Arthuis, le sénateur de la Mayenne et ancien ministre confirme l'hémorragie dans le parti de François Bayrou et annonce au Journal du Dimanche qu'il quitte le Modem. Pour faire revivre l'UDF. C'est son intention, en compagnie de quelques autres. "Mon parti historique, c'est l'UDF", affirme-t-il, et pas question d'intégrer le Nouveau centre.

Depuis les municipales, vous avez pris vos distances avec le MoDem. Où en sont, aujourd'hui, vos relations avec François Bayrou?
Au point mort. Lors d'une réunion qui s'est tenue à Paris au lendemain des municipales, j'ai ouvertement fait état de mon désaccord de fond avec cette gouvernance incompréhensible qui a conduit le MoDem à l'impasse stratégique dans laquelle il se trouve aujourd'hui. François Bayrou m'a répondu de façon dilatoire, presque distraite. Comme si tout cela n'avait aucune importance à ses yeux. Depuis, il fait mine de croire que c'est un mouvement d'humeur passager. Mais, s'il pense m'avoir à l'usure, il se trompe. J'ai plusieurs fois tiré la sonnette d'alarme: on ne gouverne pas un parti comme une secte. Le MoDem, ce n'est pas le Temple Solaire. Un parti doit avoir une ligne politique claire, assumée. Ne pas être ballotté au gré des humeurs des uns ou des autres. Ou alors, c'est la tempête qui gouverne l'océan. Je ne reviendrai pas sur ma décision. Je quitte le Modem. Je n'y ai plus ma place. Et la plupart des sénateurs du groupe pensent comme moi.

Un dîner a réuni, cette semaine, les ministres du Nouveau Centre - Hervé Morin, Valérie Létard et André Santini - et une vingtaine de sénateurs centristes dont Michel Mercier et vous-même. Allez-vous rejoindre le Nouveau Centre?
Il n'en est pas question. Je n'irai pas au Nouveau Centre, pas plus qu'à l'UMP. Je suis centriste, viscéralement attaché à l'existence d'un centre indépendant en mesure de nouer des alliances dans la clarté. Je ne confonds pas autonomie et isolement. Mon parti historique, c'est l'UDF. C'est, d'ailleurs, celui de l'ensemble des sénateurs centristes. Nous avons tous été élus sous cette étiquette. L'UDF n'est pas morte, contrairement à ce que certains tentent de faire croire. L'UDF a conservé son existence juridique et patrimoniale. Je demande, que soit rapidement convoqué le comité directeur de l'UDF. François Bayrou, qui est également président de l'UDF, a longuement reçu à ce sujet, Michel Mercier, le président de notre groupe sénatorial. Il est désormais saisi de ma demande. J'attends.

Qu'attendez-vous exactement?
Je ne veux plus être pris en otage. Pour le moment, la situation est bloquée, elle doit évoluer. Si nous ne pouvons retrouver notre liberté "à l'amiable", nous étudierons les voies juridiques de le faire. Je veux faire revivre l'UDF, et je ne suis pas le seul. Nous avons les moyens de le faire. Au titre du financement de la vie publique, j'ai toujours déclaré mon rattachement à l'UDF, jamais au MoDem. Y compris cette année. Les locaux occupés par le Modem, rue de l'Université à Paris, sont des locaux qui appartiennent à l'UDF. Il va, aussi, falloir régler cette question. Aujourd'hui le MoDem est inaudible. Il ne dit plus rien sur rien. Je suis président de la commission des finances du Sénat. A ce titre, je suis très préoccupé par la crise financière mondiale qui nous menace. J'attends une expression politique forte sur le sujet. Je ne l'entends pas chez François Bayrou. Cela ne peut plus durer.

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