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dimanche, 06 avril 2008

Jean Arthuis: "Je quitte le Modem"

Propos recueillis par Virginie LE GUAY
Le Journal du Dimanche
 

Jean Arthuis, le sénateur de la Mayenne et ancien ministre confirme l'hémorragie dans le parti de François Bayrou et annonce au Journal du Dimanche qu'il quitte le Modem. Pour faire revivre l'UDF. C'est son intention, en compagnie de quelques autres. "Mon parti historique, c'est l'UDF", affirme-t-il, et pas question d'intégrer le Nouveau centre.

Depuis les municipales, vous avez pris vos distances avec le MoDem. Où en sont, aujourd'hui, vos relations avec François Bayrou?
Au point mort. Lors d'une réunion qui s'est tenue à Paris au lendemain des municipales, j'ai ouvertement fait état de mon désaccord de fond avec cette gouvernance incompréhensible qui a conduit le MoDem à l'impasse stratégique dans laquelle il se trouve aujourd'hui. François Bayrou m'a répondu de façon dilatoire, presque distraite. Comme si tout cela n'avait aucune importance à ses yeux. Depuis, il fait mine de croire que c'est un mouvement d'humeur passager. Mais, s'il pense m'avoir à l'usure, il se trompe. J'ai plusieurs fois tiré la sonnette d'alarme: on ne gouverne pas un parti comme une secte. Le MoDem, ce n'est pas le Temple Solaire. Un parti doit avoir une ligne politique claire, assumée. Ne pas être ballotté au gré des humeurs des uns ou des autres. Ou alors, c'est la tempête qui gouverne l'océan. Je ne reviendrai pas sur ma décision. Je quitte le Modem. Je n'y ai plus ma place. Et la plupart des sénateurs du groupe pensent comme moi.

Un dîner a réuni, cette semaine, les ministres du Nouveau Centre - Hervé Morin, Valérie Létard et André Santini - et une vingtaine de sénateurs centristes dont Michel Mercier et vous-même. Allez-vous rejoindre le Nouveau Centre?
Il n'en est pas question. Je n'irai pas au Nouveau Centre, pas plus qu'à l'UMP. Je suis centriste, viscéralement attaché à l'existence d'un centre indépendant en mesure de nouer des alliances dans la clarté. Je ne confonds pas autonomie et isolement. Mon parti historique, c'est l'UDF. C'est, d'ailleurs, celui de l'ensemble des sénateurs centristes. Nous avons tous été élus sous cette étiquette. L'UDF n'est pas morte, contrairement à ce que certains tentent de faire croire. L'UDF a conservé son existence juridique et patrimoniale. Je demande, que soit rapidement convoqué le comité directeur de l'UDF. François Bayrou, qui est également président de l'UDF, a longuement reçu à ce sujet, Michel Mercier, le président de notre groupe sénatorial. Il est désormais saisi de ma demande. J'attends.

Qu'attendez-vous exactement?
Je ne veux plus être pris en otage. Pour le moment, la situation est bloquée, elle doit évoluer. Si nous ne pouvons retrouver notre liberté "à l'amiable", nous étudierons les voies juridiques de le faire. Je veux faire revivre l'UDF, et je ne suis pas le seul. Nous avons les moyens de le faire. Au titre du financement de la vie publique, j'ai toujours déclaré mon rattachement à l'UDF, jamais au MoDem. Y compris cette année. Les locaux occupés par le Modem, rue de l'Université à Paris, sont des locaux qui appartiennent à l'UDF. Il va, aussi, falloir régler cette question. Aujourd'hui le MoDem est inaudible. Il ne dit plus rien sur rien. Je suis président de la commission des finances du Sénat. A ce titre, je suis très préoccupé par la crise financière mondiale qui nous menace. J'attends une expression politique forte sur le sujet. Je ne l'entends pas chez François Bayrou. Cela ne peut plus durer.

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Ecrit par : Pierre B | lundi, 07 avril 2008

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