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lundi, 26 novembre 2007
Cavada: «J’ai épuisé tous les recours de la loyauté avec Bayrou»
Dans un entretien au Figaro, le député européen du MoDem explique pourquoi il va mener la liste UMP dans le XIIe arrondissement de Paris.
LE FIGARO. – L’UMP vous propose de conduire la liste de la majorité dans le XIIe arrondissement de Paris depuis juillet. Avez-vous pris votre décision définitive ?
Jean-Marie CAVADA. – Oui. J’ai accepté la proposition de l’UMP. En juillet, j’étais chargé d’organiser le forum des démocrates du MoDem, dont l’ambition me convenait. Je suis un homme de centre gauche, un enfant du Delors des années Chaban et du Rocard période Matignon. Pour moi, la France dans l’Europe est la seule réponse possible à la mondialisation, à condition de ne pas se crisper sur le passé. Il est clair que les pays qui s’adaptent résistent mieux à la mondialisation. Ceux qui se crispent souffrent beaucoup plus. Il faut rassembler les énergies nationales autour de réformes justes et aider à les négocier équitablement. François Bayrou l’a dit durant la campagne présidentielle, mais c’est Nicolas Sarkozy qui fait bouger la France. Il est allé chercher les meilleurs pour réussir les réformes que nous aurions dû faire il y a trente ans. Toutes les lignes politiques et syndicales bougent, jusqu’à la CGT. Et pendant qu’il agit, certains attendent son échec, tout en spéculant sur l’affaiblissement de la gauche pour la croquer. Moi, je ne veux pas bâtir une carrière politique sur les ruines de mon pays.
Le reproche vise-t-il François Bayrou ?
François Bayrou a un programme romantique, mais un tempérament qui lui fait refuser l’obstacle de la décision. S’il avait voulu que ses idées prévalent, iI aurait pu négocier une alliance de gouvernement sur la base d’un programme minimal : relance de l’Europe, revalorisation des bas salaires, priorité à l’éducation, la culture et la recherche, et introduction de la proportionnelle pour garantir un soutien plus large aux réformes. Il s’y est refusé.
Allez-vous rejoindre le Nouveau Centre ?
Non. J’ai voulu accompagner François Bayrou jusqu’aux limites de la loyauté, pour des raisons essentiellement humaines, et par fidélité aux militants. Lors de la création du MoDem, je pensais que les zones de faiblesse de cette formation pouvaient être corrigées collectivement, pas en catimini. Mais aujourd’hui, j’ai épuisé tous les recours de la loyauté. Je refuse que les militants de l’UDF-MoDem soient sacrifiés aux négociations municipales ou à l’échéance présidentielle de 2012. Le prochain du MoDem doit selon moi répondre à deux exigences : faire en sorte que l’arrivée des nouveaux adhérents ouvre enfin des débats collectifs et ne jette pas par-dessus bord les Européens que sont les UDF, et instaure enfin la démocratie interne.
Vous considérez-vous toujours comme un membre du MoDem ?
Oui. Je vais conduire une liste de candidats de rassemblement soutenue par l’UMP, mais aussi par des personnalités venues d’ailleurs. À ceux qui menacent de m’exclure, je rappelle que les adhérents et les sympathisants du MoDem parisien, notamment, demandent des primaires. Pourquoi des accords de premier tour avec la droite ou la gauche seraient-ils possibles à Bordeaux, à Saint-Brieuc, à Dijon ou à Pau, où François Bayrou lui-même est tête de liste, et pas à Paris ? Au temps de sa splendeur paisible, Bayrou disait que les municipales ne peuvent pas être assimilées à un scrutin national, ce qui permettait en effet de faire alliance avec les meilleurs. Je suis toujours sur cette position, à une condition : qu’on fasse tomber les masques. Les électeurs du MoDem doivent savoir pour qui ils voteront en réalité au deuxième tour si les candidats qui sont en tête de listes arrivent en troisième position. Seront-ils appelés à voter pour Bertrand Delanoë et l’union PS-Verts, ou pour les membres de la majorité et les quelques éléments de la gauche qui se rassemblent autour de Françoise de Panafieu ? J’appelle les militants du MoDem à réclamer cette clarification dès avant le premier tour. S’ils ne l’obtiennent pas, cela voudra dire que les candidats de leur parti se vendront au plus offrant. Ce sera de la politicaillerie.
Le MoDem affirme que c’est Nicolas Sarkozy qui vous a convaincu d’accepter la proposition de l’UMP, en vous promettant en contrepartie une place au gouvernement. Est-ce le cas ?
J’ai effectivement vu Nicolas Sarkozy le 9 novembre, mais il ne m’a pas promis de ministère ! Pour tout vous dire, il m’avait fait une proposition gouvernementale entre les deux tours de la présidentielle, et je l’avais déclinée. Je l’ai d’ailleurs dit à François Bayrou. Lors de mon dernier entretien avec le président de la République, nous avons parlé d’Europe. Je lui ai demandé que l’immigration fasse partie des priorités de la présidence française de l’Union, et il m’a répondu oui. Nous avons aussi évoqué les municipales. Il ne m’a pas fait de demande pressante, mais il m’a expliqué que le XIIe était un arrondissement stratégique. Je lui ai dit que j’y réfléchirai. Aujourd’hui, ma décision est prise.
Allez-vous prendre Christine Lagarde comme deuxième de liste ?
Je la connais très peu, mais j’apprécie qu’elle accepte de renoncer au Havre, où son avenir était quasiment assuré, pour venir mener un combat difficile à Paris. C’est un honneur de l’avoir à mes côtés.
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lundi, 19 novembre 2007
Mulhouse veut reconquérir ses friches industrielles
Dans le ventre de la Fonderie, à Mulhouse, des centaines d'étudiants ont remplacé les ouvriers depuis la rentrée universitaire. La longue nef déhanchée de ce bâtiment de la Société alsacienne des constructions mécaniques (SACM), d'où sortaient chaque mois des tonnes de fonte jusque dans les années 1960, a échappé à la démolition qui a souvent guetté les vestiges de l'industrie mulhousienne. Ses arches spectaculaires en béton de 1920 abritent désormais la faculté des sciences économiques, sociales et juridiques.
Grâce à ce tour de force architectural, qui aura nécessité deux ans d'études et quatre ans de chantier, l'ancienne fabrique de locomotives joue un rôle moteur dans la renaissance de l'ensemble de la friche industrielle laissée par le déclin de la SACM. L'opération est exemplaire d'une série de projets similaires entrepris par la municipalité pour faire revenir dans un centre-ville paupérisé des classes moyennes enfuies en banlieue. Avec un levier : "Reconstruire la ville sur elle-même en réutilisant les nombreuses emprises industrielles ou militaires abandonnées en plein centre", décrit Robert Pellissier, le directeur de la Société d'équipement de la région mulhousienne, aménageur de l'agglomération. Et un défi : faire germer logements neufs, activité économique et équipements sans faire table rase d'un patrimoine souvent remarquable, mais qui ne se prête pas aisément à la reconversion. "Le problème de Mulhouse aujourd'hui est moins un problème économique qu'un problème urbain", résume M. Pellissier.
Autour de la Fonderie, la disparition de la SACM a laissé une ZAC de 12 hectares où la plupart des bâtiments ont été rasés. Depuis dix ans, des équipements (une clinique, un hôtel) et quelques immeubles d'habitation se sont implantés sur ce grand terrain encore assez vague. En tout, près de 850 logements sont prévus autour d'un mail végétalisé encore virtuel.
BOÎTE DE VERRE TRANSPARENTE
Mais trouver une affectation à la Fonderie, point central et structurant du futur quartier, n'a pas été une mince affaire. "Personne ne voulait venir s'installer ici, assure le maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel. L'université était à l'étroit, mais ne voulait pas entendre parler de ce site, pourtant situé entre le campus et le centre-ville."
L'étude de définition initiée par la ville, remportée par l'agence de Colmar Mongiello et Plisson, associée au cabinet mulhousien Emergence, a permis d'installer dans les 20 000 m2 du bâtiment non seulement l'université de deux mille étudiants, ses quatre amphithéâtres, ses salles de classe et ses bureaux, mais aussi un restaurant universitaire, une bibliothèque, les archives municipales, un centre d'art et la maison de quartier. Le tout pour un coût global de 38 millions d'euros et un résultat aussi spectaculaire que séduisant.
"Il fallait ouvrir sur l'extérieur un bâtiment très fermé, permettre la cohabitation d'entités qui fonctionnent à des heures différentes, mais aussi respecter la logique constructive du bâtiment, valoriser son enveloppe en limitant les ajouts", indique l'architecte Christian Plisson. La vaste travée centrale de la Fonderie a été conservée dans tout son volume, formant une rue de 120 mètres de long et 14 mètres sous plafond, qui dessert le bâtiment.
Boîtes dans la boîte, les nouvelles fonctions sont distribuées dans une structure neuve en béton discrètement raccrochée au squelette historique pour lui communiquer, sans le masquer, des vertus parasismiques qui faisaient dangereusement défaut. L'ajout le plus visible, une boîte de verre transparente posée sur le parvis, sert d'accueil et de sas.
De l'autre côté de ce parvis subsistent 11 hectares de l'ancienne SACM, soit 70 000 m2 d'usines en brique. Des fabricants de moteurs comme Mitsubishi et Wartsila en occupent une partie. La ville, propriétaire de la totalité du site, cherche à créer là un village d'entreprises, manière de ne pas gommer le passé industriel de ce quartier en gestation.
Difficile pourtant, pour une ville de 110 000 habitants, de trouver à faire revivre tant de bâtiments industriels, quand d'autres friches attendent. Les équipements publics ne sont pas multipliables à l'infini et l'argent manque. D'autant plus que la ville est relativement isolée. Pour le maire, qui sollicitera un quatrième mandat en 2008, "l'enjeu du prochain mandat sera de construire le Grand Mulhouse. C'est notre principal handicap. Aujourd'hui, la communauté d'agglomération réunit 172 000 habitants. Il en faudrait 250 000". Une mutualisation des ressources et des infrastructures d'autant plus souhaitée que les communes qui manquent à l'appel sont aussi... les plus riches.
Grégoire Allix
19:31 Publié dans architecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












