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mercredi, 25 juillet 2007
Jean Arthuis exprime "un doute sérieux" sur les effets attendus du paquet fiscal
Le président de la commission des Finances du Sénat Jean Arthuis (UDF) a exprimé mardi "un doute sérieux" sur les effets attendus par le gouvernement de son texte sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat (TEPA), dit "paquet fiscal".
Intervenant dans le débat d'orientation budgétaire, M. Arthuis s'est demandé si le "coût budgétaire" de ce projet de loi, dont le Sénat sera saisi à partir de mercredi après-midi, était "compatible avec la situation de nos finances publiques".
"L'impact budgétaire en est lourd: les pertes de ressources fiscales s'élèvent à 1,5 milliard d'euros en 2007, 10 milliards en 2008, 13 milliards en 2009, 15 milliards en 2010", a-t-il observé.
"A ces chiffres, il conviendra sans doute d'ajouter l'impact de la mesure ISF-PME, apparemment non prise en compte dans les évaluations", a-t-il averti à propos de la possibilité offerte aux assujettis à l'ISF de défiscaliser leurs investissements dans les PME.
"En l'état, j'exprime un doute sérieux sur le "choc de confiance et de croissance" que le gouvernement attend de son projet de loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat que nous discuterons à partir de demain", a conclu l'ancien ministre des Finances.
Voilà une intervention intelligente qui tranche dans le flot de communication de lequel nous sommes plongés depuis 2 mois !!
09:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arthuis, paquet fiscal, dettes publiques
lundi, 16 juillet 2007
Coopération: le credo de Bockel
LEXPRESS.fr publiait aujourd'hui les éléments essentiel du discours fondateur que prononcera demain le 17 juillet à Paris, Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie.Loin des empoignades stériles entre "Afro-optimistes" et "Afro-pessimistes", Bockel dresse en guise de préambule un diagnostic carré, digne du colonel de réserve qu’il est : "En Afrique, constate-t-il, l’écart avec le reste du monde ne cesse de se creuser . (…) Tout ne peut pas venir de l’aide extérieure, et il ne suffit pas d’organiser la charité pour redonner espoir à tous les exclus de la croissance et de la prospérité".
Une certitude : le successeur de Brigitte Girardin, social-libéral assumé, n’enfourchera pas le cheval de l’anti-mondialisation. Hormis l’aide humanitaire, soutient-il, "notre ambition est de permettre aux individus et aux peuples de s’insérer dans la globalisation et d’en devenir des acteurs de plein exercice". "Il faut pas conséquent sortir de la logique de l’aide, vécue comme un simple don, pour entrer dans une logique d’investissement, où bailleurs et récipiendaires sont conjointement responsables."
Le locataire du 20 rue Monsieur -site mis à l’encan par un Etat français en mal d’argent frais-, assigne cinq priorités à la politique de développement tricolore :
-le défi écologique : "Comment imaginer réduite la pauvreté dans le monde, si les déserts gagnent sur les terres fertiles ? Comment faire coexister pacifiquement les nations si l’accès à l’eau potable se raréfie, au point d’engendrer des conflits ? Comment réduire l’urbanisation sauvage, les bidonvilles, si les peuples se concentrent sur les littoraux, et pire, avec la fonte des glaciers, il leur faudra survivre dans des terres inondées et donc insalubres?"
-le défi démographique : Jean-Marie Bockel souligne que le taux de croissance du continent -5% à 6% par an lors de la décennie écoulée-, "n’est pas synonyme de prospérité". "C’est une croissance sans développement", dont "la moitié est absorbée par l’augmentation démographique". Catho fervent, Bockel note que la maîtrise d’un tel essor passe par le contrôle des naissances, la santé et l’éducation.
-le défi du développement rural, nécessité impérieuse sur le chemin de la sécurité alimentaire.
-le défi de la gouvernance, qu’elle soit mondiale ou africaine : "Reconstruire ici ou là des filières agricoles, pour le coton, par exemple, est un travail de Sisyphe si l’on ne limite pas au préalable les distorsions de la concurrence. Qu’il s’agisse de subventions abusives ou de normes sanitaires parfois clairement protectionnistes". "Là où règne l’arbitraire, poursuit le secrétaire d’Etat, là où la démocratie est bafouée, les droits de l’homme violés, les décisions de justice jamais ou rarement appliquées, là où se développe la corruption, la communauté internationale se doit de parler vrai. (…) L’histoire le prouve : les lâchetés d’aujourd’hui peuvent être les conflits de demain".
-le défi de la diversité culturelle et linguistique.
Dès lors, comment agir ? "La France, souligne Bockel, ne peut pas tout." "A terme, il nous faudra sans doute envisager de mutualiser nos interventions avec nos partenaires européens dans les pays où notre présence n’est pas significative. Nous ne pouvons pas tout faire, partout". En terme de modalités d’intervention, le nouveau patron de la Coopé ressuscite un principe énoncé jadis par François Mitterrand, mais resté pour l’essentiel lettre morte : la conditionnalité.
A ses yeux, il convient de retenir quatre critères, formulés sous forme de questions : "Le pouvoir a-t-il été élu démocratiquement ? Les politiques publiques bénéficient-elles aux populations qui en ont le plus besoin ? Les droits de l’homme sont-ils respectés ? Quels sont les efforts en matière de lutte contre la corruption ?" De quoi troubler la quiétude d’une poignée de potentats africains, dont certains se prévalent volontiers de l’amitié de Nicolas Sarkozy…
Dans la seconde partie de son propos, Jean-Marie Bockel s’attarde sur les inflexions qu’il convient selon lui d’imprimer aux stratégies d’aide au développement. Il préconise, pour les pays à gouvernance fragile, un recours accru au secteur non-gouvernemental. Au sujet des moyens, il insiste sur la nécessité de "lever l’hypothèque permanente qui pèse sur les budgets de la coopération française". "Nous n’atteindrons pas, concède-t-il, notre objectif de 7% du PNB consacré à l’Aide publique au développement en 2015 si nous ne consentons pas annuellement des efforts importants".
On relèvera pour l’anecdote qu’à ce stade de son propos, Jean-Marie Bockel a ajouté, sur la suggestion de l’Elysée selon toute vraisemblance, une référence à l’action de Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement, et sarkozyste de stricte obédience. De même, l’orateur, avocat de formation, a enrichi sa plaidoirie d’un hommage à "deux des formes les plus innovantes de la coopération" : l’action des ONG et celle des collectivités territoriales.
Jean-Marie Bockel termine son adresse par un vigoureux appel à la mobilisation de son auditoire, composé pour l’essentiel des acteurs de le coopération: "Vous devez être jugés sur votre imagination, votre capacité à impulser des politiques nouvelles, à construire des partenariats, et non pas sur votre capacité à remplir les rubriques des ‘fiches-navettes’ ou à exercer un contrôle tatillon et bureaucratique sur nos opérateurs."
Il juge en outre nécessaire de revoir la "politique de recrutement", afin d’attirer "les meilleurs, les plus motivés". "Notre politique de coopération, conclut le secrétaire d’Etat, a besoin d’une nouvelle donne. Nous inspirant de certains de nos partenaires européens, nous avons à construire un nouveau ministère, celui du développement international et de la mondialisation solidaire".
22:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ouverture, bockel












