vendredi, 20 novembre 2009
pourquoi je quitte le Modem
J'ai en effet présenté ma démission du Mouvement Démocrate et de toutes mes fonctions internes.
Il y a trois raisons essentielles qui n'ont fait prendre cette décision.
Tout d'abord, la trahison faite aux idées centristes. Il était question de fonder, un vaste mouvement, une troisième voie, indépendante mais capable de faire preuve d'intelligence et de gouverner. Force est de constater aujourd'hui, et après les réunions de Marseille et de Dijon, que François Bayrou a renoncé à ce projet.
L'absence de démocratie interne est une deuxième raison : Le MoDem a en effet décidé de se passer de toute procédure démocratique pour désigner monsieur Yann Wehrling comme tête de liste pour les élections régionales malgré les décisions très larges des instances locales. La consultation prévue à été interdite par le siège parisien !
Enfin le mouvement du Bas-Rhin à été incapable de se mettre en marche. Anne Meunier, présidente élue l'an passé n'écoute plus ceux qui l'ont fait élire depuis de nombreux mois. Rien de sérieux n'a été mis en place pour s'imposer, autant sur le champ des idées que pour implanter des futurs candidats.
Le mouvement n'est plus en mesure de conduire une liste sérieuse aux prochaines régionales, tant la présidente a porté atteinte à la crédibilité politique du mouvement.
Cette situation, totalement bloquée après avoir tant alerté, me fatigue. J'ai besoin de passer à autre chose.
De plus, mon rôle en tant que responsable des Jeunes était de maintenir et de préparer un avenir pour la famille centriste. Force est de constater que cela devient impossible dans cette structure.
Je souhaite ainsi œuvrer au plus vite au rassemblement du Centre-Démocrate, et plutôt sous forme fédérative, élus, militants, réseaux associatifs...
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mardi, 27 octobre 2009
Jean-Claude Juncker, futur président du Conseil Européen ?
LE MONDE le 27.10.09
Jean-Claude Juncker est le premier ministre (centre droit) du Luxembourg depuis 1995, président de l'Eurogroupe depuis 2004, et première personnalité à "se mettre sur les rangs" pour devenir président du Conseil européen contre l'ancien premier ministre britannique Tony Blair, si le traité de Lisbonne, qui crée ce poste, entre en vigueur.
Pourquoi vous opposez-vous à la candidature de M. Blair ?
Les trois pays du Benelux ont pris position, cela va au-delà de la personne de M. Blair. Je ne distingue pas les domaines dans lesquels le Royaume-Uni aurait fait preuve d'une véritable inspiration européenne au cours des dix dernières années, hormis des avancées sur la défense. Je me réfère à un modèle théorique voulant que l'Europe soit représentée par quelqu'un qui aurait comme souci principal de la servir, de la rassembler autour de compromis vertueux, et qui ne ferait pas semblant de la représenter à l'extérieur sans avoir assuré sa cohésion interne.
Cette personne doit-elle provenir d'un pays qui participe à toutes les grandes politiques européennes : espace Schengen, zone euro ?
Le parcours de certains Européens a été enrichi par leur volonté de faire avancer l'Union européenne, y compris l'union monétaire. D'autres n'ont pas su adopter ce rythme...
L'Union européenne a acquis une crédibilité internationale à travers la création de la monnaie unique. Nous y sommes arrivés parce qu'il y avait un calendrier préétabli et des institutions fortes au service de ce calendrier. C'est la méthode communautaire, qui suppose une interaction entre la Commission, le Conseil, et le Parlement européens.
En clair, aimeriez-vous vous porter candidat ?
J'ai appris qu'il ne faut pas se porter candidat à une telle fonction. Il faut laisser venir les appels des autres. En 2004, tous les chefs d'Etat et de gouvernement me demandaient de devenir président de la Commission. Mais j'avais promis aux Luxembourgeois de rester leur premier ministre, en cas de réélection. J'ai été de nouveau réélu en juin 2009, sans avoir pris ce genre d'engagement. Si un appel m'était lancé, je n'aurais pas de raison de refuser de l'entendre. A condition qu'il soit sous-tendu par des idées ambitieuses pour ce poste.
Quel doit être le profil du premier président "stable" du Conseil ?
Je ne plaide pas pour moi, mais pour une certaine conception du rôle. J'ai toujours agi en fonction de l'intérêt de mon pays, et surtout de l'Union européenne. Je voudrais que ceux qui prétendent à cette fonction puissent témoigner d'un parcours semblable. L'Europe doit être dirigée d'une façon cohérente, inclusive et globale. Le président doit savoir conjuguer les plans, les idées et les rêves des grands comme des petits pays. Il doit aussi être un "facilitateur" pour le couple franco-allemand, sans négliger la dimension élargie de l'Union. Les décisions ne peuvent être prises dans les seules capitales occidentales. Si le Conseil européen penchait pour une solution de facilité, un poste d'apparat, jamais l'idée ne me viendrait de dire oui à un éventuel appel.
Pour vous, il s'agit d'éviter un directoire des grands pays ?
Ma longue expérience m'a appris que l'Union ne se fait pas seulement sur les idées des "grands", qui souvent divergent. Ce sont les "petits" et les "moyens" qui les mettent souvent d'accord, ce que les grands feignent d'ignorer.
Quel doit être le lien du futur président avec le haut représentant pour les relations extérieures ?
Le rôle de ce dernier sera plus international, mais il ne pourrait rien faire sans l'aval du premier. Les relations internationales en Europe ont cessé de passer par les seuls canaux berlinois, londoniens ou parisiens. Je ne suis pas un nain... J'ai des relations amicales avec Vladimir Poutine, contrairement à ce que raconte la presse britannique. Et je connais depuis longtemps les dirigeants chinois.
Lors de la crise financière, Nicolas Sarkozy a critiqué votre passivité en tant que président de l'Eurogroupe. Vous êtes-vous réconciliés ?
Nous nous sommes dit les choses. C'est à lui d'en tirer les conclusions. J'ai avec le président de la République des relations que je veux croire amicales. Au plus fort de la crise, j'ai dû prendre en compte les sensibilités des uns et des autres. Puis j'ai appuyé très fortement l'approche française. Jamais l'Europe ne fut présidée avec une telle perspicacité que sous la présidence française. Je rappelle toutefois qu'en 2005 j'ai, quant à moi, dû gérer l'impact des "non" français et néerlandais, et que j'ai réformé le Pacte de stabilité.
Le contentieux sur les paradis fiscaux a-t-il laissé des traces dans vos relations avec la chancelière allemande, Angela Merkel ?
Aucune. Le Luxembourg a dit avant la réunion du G20, à Londres, en avril, qu'il accepterait l'échange d'informations bancaires sur demande en cas de soupçon de fraude. J'ai toujours milité pour cette idée. J'ai été très surpris parce qu'on m'avait dit que jamais le Luxembourg ne figurerait sur les listes grises après avoir adopté les standards de l'OCDE. On l'a tout de même inscrit.
Les Britanniques, quant à eux, vous reprochent d'être trop fédéraliste...
Je ne suis pas fédéraliste au sens britannique du terme : l'Europe n'a pas vocation à ressembler aux Etats-Unis d'Amérique. Les citoyens allemands ou français ne l'accepteraient pas. Les nations ne sont pas une invention provisoire de l'Histoire. Mais je suis un fédéraliste au sens européen du terme, qui conçoit de mettre en commun ce qui importe et laisser hors des zones d'influence de l'Union ce qui nous est propre.
On évoque une candidature du premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende...
C'est un ami, même si j'ai parfois des divergences notables avec lui sur les débats européens de fond. J'ai pris des risques au moment du référendum sur la Constitution dans mon pays, en suggérant de démissionner en cas de victoire du non. Il ne l'a pas fait, mais je le comprends parce que je connais la situation de son pays.
Propos recueillis par Philippe Ricard et Jean-Pierre Stroobants
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samedi, 10 octobre 2009
Contribution pour l'Alsace
Voici à télécharger en pdf ma contribution personnelle à la préparation des élections régionales en Alsace.
Il ne s'agissait pas ici de refaire le monde, mais d'exposer des faits précis et synthétiques sur ce qui fait l'Alsace d'aujourd'hui et de tracer les grands objectifs politiques pour les prochaines années.
Il parait que les programmes risquent de se faire voler, moi je l'offre !
12:17 Publié dans Alsace | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 29 août 2009
C'est la rentrée...
Voilà un petit billet pour faire part de mes réflexions concernant les enjeux auxquels nous avons à faire face en Alsace dans les prochaines semaines et notamment pour préparer les élections régionales.
Je me suis déjà exprimé très clairement sur l'immense gâchis qu'ont représenté ces deux dernières années du MoDem. Nous avons passé deux ans à taper sur le gouvernement et Sarkozy, à critiquer la sphère politico-médiatico-sondagière et nous n'avons plus défendu nos idées, nous n'avons plus été une force de proposition. Cette posture n'est plus tenable et nous sommes aujourd'hui au pied du mur.
Dans l'esprit de ce que j'ai déjà pu exprimer lors de la coordination régionale, je vois trois points essentiels : le message, la stratégie et la méthode.
C'est ainsi que tout d'abord, il nous faut travailler notre message : plutôt que de réinventer le centre, il nous faut repartir des fondamentaux. L'attachement aux pouvoirs locaux, l'Europe fédérale, les valeurs humanistes, la liberté, le pluralisme, l'exigence démocratique, la politique sociale pour l'équité... Ce sont les valeurs fondatrices de notre famille politique et elles n'ont rien perdu de leur actualité. Il faut juste les dépoussiérer, les réactualiser et les inclure dans une stratégie de développement durable. Avec ce corpus de convictions il est possible de forger des propositions programmatiques concrètes, lisibles pour l'électeur.
En un mot nous devons creuser notre sillon, notre message issu d'une famille politique ancienne, mais profondément renouvelée et brillamment défendue en 2007 par François Bayrou.
Pour l'Alsace, nous devons localement dégager les grandes idées en phase avec ce corpus de valeurs. Il y a une façon alsacienne de concevoir la société ou sont valorisés les valeurs humaines et familiales, la vie associative, un certain art de vivre avec un lien fort à la nature. L'Alsace reste également attachée, à son droit local, mais aussi au modèle économique rhénan : un capitalisme organisé, régulé par la co-gestion, la négociation collective... Ce modèle socio-économique est battu en brèche depuis plusieurs années par le modèle anglo-saxon plus individualiste. J'ai même entendu dire au MoDem, que nous devons ne plus nous référer à ce modèle parce que l'Alsace connaissait une évolution sociologique.
Sérieusement, qui ose dire que ce modèle rhénan n'est pas d'actualité avec la crise mondiale qui nous frappe ?
Il nous appartient, de porter la rénovation de ces idées. Ni le PS, ni l'UMP ne le feront.
Ensuite arrive la question de la stratégie à adopter, et il est évidant que nous aurons autour des ces idées, à présenter notre liste aux électeurs, qu'ils puissent avoir le choix au premier tour et que nous apportions une réelle plus value au débat politique local.
Villages, petit bourgs et villes moyennes, seront certainement des cibles à privilégier. Renouer avec les classes moyennes et populaires (très attachée au modèle rhénan) également.
Ensuite, nous devons être en mesure, surement avec une alliance de second tour, de gouverner et de faire passer nos idées.
Si l'alliance se résume à passer 2 ou 3 élus pour un strapontin, cela risque bien de décevoir beaucoup de monde, et de nous être très préjudiciable pour l'avenir.
Il faut qu'au 1er tour, nous soyons en mesure de nous rendre indispensables pour co-gérer la Région. C'est donc au 1er tour que tout se joue. Et au 1er tour pas de doute, on est indépendant.
C'est enfin qu'il convient de s'interroger sur la méthode pour y parvenir. Un mouvement politique d'aujourd'hui doit savoir fédérer autour de lui bon nombre d'associations, d'initiatives militantes et s'ouvrir à la société civile.
C'est cette nouvelle manière de faire de la politique, qui aujourd'hui nous manque cruellement, nous devons dépasser le Modem d'aujourd'hui, comme nous devions dépasser l'UDF de hier, s'ouvrir, se rassembler, et surtout ne plus avoir peur de constituer ce que j'appelle « une fusée à plusieurs étages » ; en associant des élus locaux , des réseaux associatifs, des militants, des experts... Il nous faut construire un large mouvement dynamique, en phase avec la société d'aujourd'hui.
Et parce que les idées doivent aussi être incarnées, pour bien pouvoir être portées, c'est ensuite que par une primaire ouverte -on a parlé de primaires intelligentes-, nous désigneront nos candidats. C'est le seul moyen d'avoir une campagne moderne et innovante, le seul moyen de mesurer la capacité des candidats à rassembler le MoDem et au delà à mobiliser un électorat. Bien sur, une telle consultation se prépare, ce doit être le rôle de la commission d'investiture mise en place dans le Bas-Rhin.
Enfin, la jeunesse de ce mouvement devra évidement être partie prenante de cette aventure. Si l'on veut incarner autre chose, porter une nouvelle politique, il faudra aussi de nouvelles têtes !
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mardi, 21 juillet 2009
Non monsieur Nisand !
A la lecture des DNA de ce matin (voir en dessous), je crois que le maire de Schiltigheim n'a pas tout compris des enjeux qui se jouent dans les grandes villes d'aujourd'hui et manque sérieusement d'ambition pour la région de Strasbourg.
Pourquoi ce concept de Métropole ?
L'économie d'aujourd'hui conduit à concentrer dans les plus grandes villes les fonctions de décision, de recherche et d'innovation. Les Métropoles sont le moteur de la croissance de demain et donc des emplois de demain. La France manque singulièrement de grandes villes tant le poids de Paris a historiquement été fort. De plus, la gouvernance de ces métropoles doit dépasser le seul cadre communal afin qu'elles puissent faire face à ce qu'on appelle les charges de centralité : soutien à l'université, centres d'affaires, équipements culturels... ces équipements qui profitent à toute une aire métropolitaine. Les métropoles concentrent également les populations les plus fragiles, nécessitant de puissantes politiques de cohésion sociale.
Ce principe de soutenir les métropoles est un bon principe qui a été défendu par Pierre Mauroy au sein de la commission Balladur en début d'année et est également soutenu dans le récent rapport remis au président de la République par Christian Saint-Etienne sur l'aménagement du territoire. Il s'agit de préparer l'avenir et pour Strasbourg, de s'inscrire dans l'espace du Rhin supérieur et d'assumer ses fonctions européennes.
Se poser les bonnes questions !
Il convient néanmoins de se poser les questions importantes laissées en suspens par le rapport Balladur : Quel mode de scrutin des conseillers métropolitains ? Quelles marges de manœuvres fiscales ? Les dotations globales de fonctionnement augmenteront-elles ? Voilà les questions sur lesquelles il convient d'interroger le gouvernement concernant ses intentions réelles !
Bien sûr il faudra s'opposer à un recul de la décentralisation. Mais il me semble plutôt que les élus des grandes villes gagneraient des compétences et qu'une gestion de proximité des compétences sociales constitue une amélioration.
En revanche et contrairement à ce que dit Raphaël Nisand, le rapport Balladur ne tranche pas la question statutaire des communes membres de ces métropoles, si elles perdent leur statut de collectivité locale ou non (mais il n'est pas question de mairie de quartier). Rien n'empêchera Schiltigheim de défendre son identité de cité des brasseurs !
Monsieur Nisand serait-il rétrograde ou a-t-il une arrière pensée politicienne ? Il semble très préoccupé par la disparition des cantons urbains. Le canton de Schiltigheim renouvelable en 2011, par exemple. Quelle coïncidence !
« Non à la métropole »
Dans une tribune transmise aux DNA, Raphaël Nisand, maire PS de Schiltigheim, écrit tout le mal qu'il pense du projet de « métropoles », dont son collègue de parti Mathieu Cahn regrettait récemment que Strasbourg puisse être exclue. M. Nisand craint que les communes comme celle dont il est l'édile ne soient diluées dans une « métropole » telle que la définit le rapport Balladur.
par Raphaël Nisand, maire de Schiltigheim, vice-président de la Communauté urbaine de Strasbourg
Le débat du moment consiste à savoir si Strasbourg sera une métropole au sens du rapport Balladur ou non. A première vue, il semblerait que l'ensemble des grands élus alsaciens soit favorable à cet étrange concept.
Nos concitoyens ont dû voir apparaître avec surprise ce terme, qui n'était utilisé dans aucun programme électoral, n'a été présenté par aucun parti politique et vient de faire surface, préconisé par un cartel de « vieux sages » sous la présidence d'Édouard Balladur, ancien Premier ministre, qui n'a plus aucune responsabilité élective à ce jour.
C'est là le premier péché, le premier vice de conformation de cette proposition, mais ce n'est pas anodin ; cette proposition émane d'anciennes personnalités, de gens qui n'ont plus aucune responsabilité politique à ce jour et qui ne sont donc pas responsables de leurs propositions devant les électeurs.
Ceci leur donne évidemment toute liberté, mais également toute irresponsabilité. Irresponsable, c'est bien le mot, lorsque l'on considère que cette fameuse métropole vient d'un seul coup abattre deux institutions républicaines fondamentales, les villes et les départements.
1) Les motivations avancées pour défendre ce véritable bouleversement qu'est
la métropole
Ce n'est un secret pour personne. Le Président de la République Nicolas Sarkozy l'a dit et répété. L'UMP le relaye à tout vent. Il s'agit de faire des « économies », le but affiché est de réduire de façon drastique le nombre des élus en faisant passer notamment les élus locaux de 6 000 élus régionaux et départementaux à 4 000, en réduisant également les budgets des collectivités locales, d'où l'abandon programmé de la taxe professionnelle annoncé brutalement par le président de la République il y a quelques mois, et enfin la disparition de certains étages de ce qu'il est convenu d'appeler le « mille-feuilles administratif ». En fait de supprimer le soi-disant « mille-feuilles administratif », il est à présent question de rajouter de nouveaux étages, notamment un, totalement inutile, la métropole.
Le rapport Balladur prévoyait que Strasbourg ferait partie des quelques premières métropoles, mais sans en indiquer les contours géographiques. Sera-ce tout le Bas-Rhin ou l'agglomération strasbourgeoise s'étendra-t-elle « seulement » jusqu'à Haguenau et Erstein ? Nul ne le sait. Tout comme nul ne sait selon quel processus électoral les conseillers de métropoles seraient élus, et avec quels nouveaux impôts elles fonctionneraient.
Par contre, ce que l'on sait parce que c'est écrit noir sur blanc dans le rapport Balladur, c'est que la nouvelle métropole ferait disparaître les cantons là où elle existe, venant ainsi éteindre de facto l'existence du département du Bas-Rhin et que, d'autre part, les villes incluses dans la métropole disparaîtraient rapidement pour être transformées en mairies de quartier sans existence juridique. C'est d'autre part la métropole qui aurait la compétence en matière sociale, la compétence générale, en bref tout le pouvoir dans un paysage administratif totalement dévasté.
En l'état, c'est un projet absurde, irréaliste, en tout cas défavorable à l'intérêt de nos concitoyens.
2) La métropole, instrument de recentralisation
Le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy avait, sous l'égide d'un grand ministre de l'Intérieur, Gaston Defferre, conçu la décentralisation dans laquelle nous vivons depuis près de trente ans. Ainsi étaient instaurés des départements forts et disposant d'un véritable exécutif, avec des conseillers généraux totalement représentatifs de leurs territoires, des communautés urbaines qui ont pu se développer harmonieusement et enfin des régions qui ont fait leur apparition remarquée dans le paysage politique français.
Les communes, quant à elles, ont pu acquérir de nouvelles compétences, notamment en matière scolaire, et se sont occupées à la satisfaction générale du social et des écoles maternelles et élémentaires, ainsi que de l'urbanisme.
Rappelons que, dans le rapport Balladur, le sort des départements devient totalement incertain, alors que le département est un acquis de la Révolution française et que le conseiller général est l'élu de proximité par excellence, notamment en zone rurale. Rappelons également que, dans le rapport Balladur, les mairies disparaissent alors que chacun reconnaît que l'élection du maire et du conseil municipal est celle qui, après l'élection du président de la République, passionne le plus les Français et que, d'autre part, nos concitoyens sont généralement très satisfaits de l'action de leurs municipalités, que les Français sont friands de proximité et que cette proximité se passe au niveau municipal et cantonal.
Que pèsera le citoyen de Kilstett, de Geudertheim et pourquoi pas de Schiltigheim lorsqu'il devra s'adresser à un « élu métropolitain » ? Rien.
Alors, revendiquer le roi métropole comme les grenouilles de la fable demandaient un roi et eurent finalement un soliveau (une bûche), que l'on ne compte pas sur moi, ni sur aucun élu de la majorité schilickoise pour cela. Il s'agit d'un grave nivellement par le bas, dont nous ne voulons pas. Il faut donc totalement revoir ce projet qui est en l'état mauvais, mauvais, mauvais.
Édition du Mar 21 juil. 2009
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mardi, 30 juin 2009
Guy Verhofstadt : Comment l'Europe peut sauver le monde
Guy Verhofstadt a été élu aujourd'hui à la tête du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), succédant ainsi au Britannique Graham Watson. Il faut dire qu'il n'avait pas de concurrence pour cette élection tant son C.V. en fait une personnalité européenne de premier plan.
Guy Verhofstadt a été le Premier ministre de la Belgique de 1999 à 2008. Il avait été pressenti pour succéder à Romano Prodi à la tête de la Commission européenne en 2004. Cependant, ses positions fédéralistes, son opposition à la guerre en Irak, lui ont values un refus des Britanniques.
A lire absolument, l'ouvrage que Guy Verhofstadt consacre aux conséquences de la crise et à la réponse politique, nécessairement européenne selon lui, à apporter pour un rebond rapide de notre économie.
L'ouvrage, Sortir de la Crise au sous titre ambitieux : Comment l'Europe peut sauver le monde.
Il présente tout d'abord une analyse et un diagnostic précis des événements, à partir desquels il élabore des propositions de réformes fondamentales.
Pour lui c'est une « fusée à plusieurs étages » dont nous avons besoin, « dont l'étage inferieur stabilise les marchés financiers, dont l'étage intermédiaire lance un Europlan et l'étage supérieur installe un gouvernement qui préserve les fondamentaux économique de l'Union »
La faillite du modèle de croissance américain basé sur l'endettement et la consommation place l'Europe dans une position de leader pour mener des actions de sortie de crise.
Nous avons besoin d'une « mondialisation de la politique » afin de réguler ce qui ne l'a pas été jusqu'à présent, de mieux réguler dans d'autres cas, et faire revenir la confiance.
C'est ensuite que l'on peut sereinement envisager une politique de relance, au niveau européen, qu'il appelle l'Europlan. Il s'agit de faire beaucoup plus que la juxtaposition des 27 plans de relances nationaux. Il ne préconise pas de faire du défit actif (allocations ou baisse d'impôt), mais un plan d'investissement qui permettra « de passer de l'ancienne économie fossile vers une nouvelle société durable ». Mais attention, ces « investissements doivent générer une recette minimale sur le long terme. »
Pour financer cet Europlan (plus de 400 milliards d'Euros), il préconise la création d'un marché obligataire européen par l'émission euro-obligations.
Voilà un ouvrage, très précis et bien argumenté et qui plus que jamais, est un plaidoyer pour l'Europe.
23:10 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 10 juin 2009
Et après ?
Voici mon analyse personnelle des résultats des élections européennes de dimanche dernier et plus particulièrement des scores du MoDem.
Je pense qu'il y a deux erreurs à éviter pour bien pouvoir en tirer des conclusions politiques :
Tout d'abord, penser que le dérapage verbal de François Bayrou jeudi soir sur France2 a couté l'élection : les sondages montraient un tassement du MoDem et une montée d'Europe Ecologie une semaine avant et se sont avérés vrais.
Peut-être avons-nous perdu un ou deux points à cause de cet événement ; nous aurions alors été autour de 10%, mais cela aurait quand même été un score très faible. C'est donc dans l'ensemble de la campagne qu'il faut chercher des explications.
Ensuite, il ne faut pas penser que nous n'avons pas assez parlé d'écologie et pas assez mis en avant nos candidats écologistes. Si on prend cette théorie par l'absurde, cela revient à dire que si que l'UMP est devant nous, c'est parce que nous n'avons pas eu de discours assez sécuritaire ! Rien ne sert de courir après un autre électorat. Les écologistes seront toujours plus crédibles que nous pour un électeur qui veut voter écolo.
Europe-Ecologie a essentiellement récupéré un électorat de gauche, issu essentiellement du PS. La comparaison en nombre de voix avec d'autres élections le montre clairement. Les déçus du PS ont trouvé une voie, et ce n'est pas au MoDem qu'ils sont allés.
En revanche, la seule chose qui nous a fait mal de leur part, c'est qu'Europe-Ecologie a su capter un électorat pro-européen, par un message et une campagne uniquement axée sur l'Europe.
La famille politique centriste, très attachée à l'Europe, a été heurtée par la campagne - jugée hors contexte - menée depuis Paris. Notre projet européen n'a jamais été mis en avant au cours d'une campagne pourtant longue. Défendre nos idées, et mobiliser notre électorat est le principal enseignement qu'il faudra retenir.
Nous avons passé deux ans à taper sur le gouvernement et Sarkozy et nous n'avons plus défendu nos idées et nous n'avons plus été une force de proposition. Cette posture n'est plus tenable.
En Alsace, dans l'analyse des résultats bureau de vote par bureau de vote, on constate que nous réalisons des scores légèrement meilleurs là où...surprise, l'UMP réalise ses plus gros scores. Et ceux-ci sont plutôt réalisés à l'extérieur de Strasbourg où nous dépassons les 10% partout. Des terres où la fidélité au vote centriste résiste ! La stratégie qui consiste à dire que nous allons gagner un électorat plus urbain s'avère erronée également.
La déception provient essentiellement du type de scrutin et de la thématique, deux éléments qui auraient dû nous être favorables. Or, nous réalisons des scores plus faibles qu'aux cantonales à Strasbourg, plus faibles qu'aux législatives (bien sûr, meilleur quand même qu'aux municipales) et surtout moins bons que l'UDF de 2004... et c'est bien là l'échec pour notre mouvement qui a l'ambition de rassembler plus largement.
Le bilan peut se résumer en une phrase : nous avons perdu à droite ce que nous n'avons pas gagné à gauche.
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dimanche, 07 juin 2009
Deux conceptions de l'Europe s'affrontent
En attendant les résultats, un article du Monde qui résume un peu les programmes, dont on aurait vraiment pu parler plus tôt !
Morne campagne européenne. Un mois de débat pour ne retenir qu'une polémique sans enjeu immédiat sur la Turquie, ravivée par Nicolas Sarkozy, et un pugilat entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou. Quatre ans après la campagne passionnelle du référendum sur la Constitution européenne, la France a-t-elle épuisé le débat européen ?
Les programmes des principaux partis de gouvernement révèlent un retour à des clivages traditionnels, mais nets.
L'UMP a une vision intergouvernementale inspirée de la pratique du pouvoir par Nicolas Sarkozy sous la présidence française de l'Union européenne (UE), plus libérale et plus sécuritaire sur l'immigration. Le Parti socialiste a un projet plus social, qui ferait de la Commission l'embryon d'un gouvernement européen. Les Verts proposent un programme encore plus fédéral, dopé par l'acuité de la question environnementale, tout comme le MoDem. Mais le discours européen de ce dernier est rendu peu audible par l'ambition présidentielle de François Bayou et sa posture antilibérale et anti-OTAN, contraire à la tradition centriste.
Ces clivages peuvent apparaître ténus en comparaison des querelles fondamentales qui divisaient naguère les Français. Elles se sont estompées, sous l'effet du temps et de la crise. Nul ne conteste plus l'euro, qui a protégé le Vieux Continent dans la tempête financière. Le procès en ultralibéralisme de l'Europe est moins virulent, gouvernements et banquiers centraux ayant su s'asseoir sur les dogmes d'hier pour limiter la catastrophe financière. L'élargissement de 2004, qui avait suscité la peur du fameux plombier polonais, est désormais accepté.
Enfin, la querelle entre souverainistes et fédéralistes s'estompe. UMP, PS, MoDem et Verts sont favorables au traité de Lisbonne, désireux d'en finir avec la question institutionnelle qui accapare les Européens depuis Maastricht. Seuls les Verts demandent une constituante européenne.
Le débat ne porte plus sur la construction de l'Europe, mais la manière de la diriger dans le cadre existant pour protéger les Français dans la crise. L'UMP donne la priorité aux gouvernements. L'Europe du droit et des règles est soumise au politique. La Commission est là pour enregistrer les décisions du Conseil européen, pas pour incarner un gouvernement.
Ce n'est pas l'avis du Parti socialiste, qui fait campagne contre la reconduction du président de la Commission, José Manuel Barroso, incarnation à ses yeux de l'Europe libérale. "Le poste important en Europe, c'est le président de la Commission européenne", estime l'eurodéputée socialiste Pervenche Bérès, candidate en Ile-de-France.
"Le PS est européen dans le discours, mais il a eu avec Lionel Jospin une pratique intergouvernementale. Et lorsqu'il a présenté un plan de relance cet hiver, celui-ci était français, pas européen", tempère Daniel Cohn-Bendit, chef de file des Verts. "Nous, nous proposons directement des solutions européennes. C'est un état d'esprit."
Logiquement, l'UMP refuse de renforcer les pouvoirs de Bruxelles. Elle rejette tout impôt européen et toute augmentation du budget communautaire. Le parti postgaulliste préfère la mise en commun des forces nationales, par exemple dans la recherche. "Mutualisation est le mot qui caractérise le mieux le projet européen", estime Michel Barnier, tête de liste UMP en Ile-de-France, qui appelle à de "nouvelles politiques communautaires". Le PS propose au contraire d'augmenter le budget de la Commission et de l'alimenter par un impôt européen. L'idée est défendue par le MoDem et les Verts, qui veulent plus que doubler ce budget qui représenterait 2 % du PIB européen.
A droite, on se contente de "coordonner" les plans de relance. On envisage bien la création d'une caisse des dépôts européenne, pour drainer l'épargne du continent ou le recours à l'emprunt. Mais, note le MoDem, les eurodéputés UMP ont voté contre une résolution du Parlement de Strasbourg favorable à un emprunt européen.
Les autres partis prônent une relance keynésienne plus forte : 100 milliards d'euros pour le PS ; 3 % du PIB européen, soit 400 milliards d'euros pour financer des infrastructures, selon le MoDem, qui fustigeait naguère l'endettement de la France ; les Verts montent à 1 000 milliards d'euros sur cinq ans.
Enfin, l'UMP a réalisé une inflexion majeure sur l'environnement, pour défendre un modèle d'économie sociale de marché durable. Elle propose désormais l'introduction d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe, nouvelle déclinaison de la "préférence communautaire". Daniel Cohn-Bendit s'étonne que la droite l'ait refusée lors du Grenelle de l'environnement. Le PS s'est aussi verdi, mais insiste sur le social : il souhaite introduire un smic dans chaque pays européen, prélude à une Europe sociale.
Bref, des divergences devenues peut-être trop classiques pour avoir passionné les Français.
Arnaud Leparmentier
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dimanche, 24 mai 2009
Des mesures concrètes pour vaincre la crise (2/2)
Voici ensuite (à la suite de la note précédente), les mesures que je trouve plus contestables :
• Annuler la défiscalisation des heures supplémentaires qui pénalise l'emploi et aggrave le chômage dès lors qu'allonger la durée d'un emploi existant coûte moins cher qu'en créer un nouveau.
Le travail ne se divise pas comme une tarte se divise en part. Ca se saurai si les 35H de madame Aubry avait créés 2 millions d'emplois comme promis à l'époque !
On peut considérer que les heures supplémentaires ne sont pas très utiles en période de crise, oui, mais ce n'est pas quelques heures de ci de là qui vont faire un emploi à temps plein. Cette proposition me surprend de la part de grands défenseurs de l'emploi stable non précaire.
• Création de commissions régionales chargées d'établir si des projets d'installation de grandes surfaces portent atteinte ou pas, sur un plan local, au principe de concurrence libre et non faussée, les élus ne pourront pas représenter plus de 40 % des membres de ces commissions.
De telles structures existent déjà. S'il y a 60% de commerçants, ils passeront leur temps à défendre leurs intérêts corporatistes ce qui bloquerait et empêcherait toute concurrence « libre et non faussé » nouvelle. Dommage !
• Rétablir une autorisation administrative de licenciement dans les seuls cas de
délocalisation, pour des raisons évidemment boursières, d'entreprises très sensiblement bénéficiaires. Et obligation de rembourser les aides publiques.
Pourquoi pas, (sauf si c'est pour courir derrière Besancenot) mais il sera très difficile de juger si les licenciements le sont pour raisons exclusivement boursières. De plus une entreprise qui fait des bénéfices doit pouvoir licencier, des restructurations sont parfois nécessaires, n'en déplaise au bien pensants ! Sinon c'est l'Etat le patron, et je croyais que l'on ne défendait pas un monde ou l'Etat serait au cœur de tout.
• Ne se donner pour objectif de réduire très sensiblement le nombre de fonctionnaires qu'à partir du moment où le chômage sera descendu au-dessous de 7 % et choisir la voie de l'allègement, fût-il drastique, des structures bureaucratiques, y compris gouvernementales et ministérielles, et de la fin des empilements administratifs, par suppression d'organismes inutiles, plutôt que le principe absurde de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, alors que des secteurs entiers, tels la justice, la santé ou la sécurité, manquent parfois de personnel.
On sent encore là, la même idéologie de partage du travail.... Je dis trois fois NON, la reforme de l'Etat doit se poursuivre même en temps de crise. Au contraire on en a plus que jamais besoin pour tenter de retrouver un Etat fort. Ok pour réduire les structures purement administratives.
• Supprimer les préfets et sous-préfets, vestiges de l'ancien régime et du système colonial, transformer les préfectures et sous-préfectures en Maisons de la proximité (pour accès aux services sociaux, fiscaux, juridiques) et en transférer les frais de fonctionnement à cette nouvelle mission. Un représentant de l'Etat siégera dans chaque Conseil régional.
Quelle régression !! La place des préfets (représentant de l'Etat) n'est certainement pas DANS les conseils régionaux ! Il ne faudrait pas non plus, oublier que les préfectures réalisent le contrôle de légalité des actes des collectivités locales. Et accessoirement, les préfets ne datent pas de l'ancien régime ou des colonies, mais de Napoléon !
• Permettre à des assurances privées de se substituer, en faveur des Français qui le souhaitent, totalement à la Sécurité Sociale en matière de couverture santé, à condition que les assurés qui s'y affilient continuent de payer, au nom de la solidarité, leurs cotisations à l'institution collective publique.
Sympathique, mais totalement inutile ! Même si j'étais riche, je ne payais pas deux fois pour avoir la même chose. Les assurances complémentaires elles, font leur boulot de rembourser se qui ne l'est pas par la sécu, et cela leur suffit.
- Renoncer au RSA (Revenu de Solidarité Active), qui favorisera surtout le travail partiel (en le faisant, en partie, financer par le contribuable) et donc contribuera à peser sur les rémunérations, mais interdire tout salaire à temps partiel inférieur à 75 % du Smic. Renoncer, également, à privilégier, en cas de baisse de charges, les seuls bas salaires - une fois et demi le Smic -, qui se sont révélés être de véritables trappes à pauvreté.
Quelle idiotie ! Le RSA, qui a été salué par l'ensemble de la classe politique, et est plutôt une avancée sociale. Il permet de ne pas enfermer les pauvres dans leur misère et d'y rester. S'il occasionne du travail à temps partiel, c'est surement vrai. Mais reprendre un emploi me semble plus important.
Voilà pour les amoureux de la contradiction comme l'est Jean-François Kahn !
20:05 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jean-françois kahn, crise, propositions
vendredi, 22 mai 2009
Des mesures concrètes pour vaincre la crise (1/2)
Comme beaucoup de monde, je préfère les propositions à la critique. Ça tombe bien on en fait pas mal, qu'on se le dise.
En introduction, JFK et ses colistiers déclarent qu'ils « entendent nullement livrer un programme clefs en main (certaines mesures ne pourraient, d'ailleurs, pas être cumulées), mais ouvrir des pistes... ». Puis en conclusion, que « l'on est parfaitement en droit de critiquer, de corriger, de rejeter, de condamner certaines de ces suggestions. (Celle, par exemple, iconoclaste qui concerne la Sécurité Sociale). Elles montrent et démontrent que cette finalité - qu'est l'avènement d'une nouvelle société humaniste - n'exclut évidemment pas les propositions précises de mesures concrètes et intermédiaires à court et à moyen terme. »
Alors allons-y ! Je reprendrai sur ce blog les principales mesures qui me semblent intéressantes en les commentant, puis les mesures qui me semblent moins bien inspirées.
Tout d'abord, les mesures intéressantes :
Nous proposons :
• D'agir, sur le plan européen, en faveur de l'institution d'un pouvoir économique au niveau de la zone euro, de la création d'une instance de coordination des politiques de relance au niveau des 27, de l'élargissement à l'action en faveur du plein emploi de la mission de la Banque européenne et de l'élaboration d'un véritable projet de réforme du système financier international, ce qui implique le licenciement du néolibéral bushiste José Manuel Barroso.
• De lancer un grand emprunt « patriotique », à taux dégressif (partant d'un taux de base de 5 ou 6 % pour les classes moyennes, pour descendre jusqu'à un taux marginal de 2 % pour les classes supérieures), les 2000 plus grandes fortunes de France étant contraintes d'y souscrire au taux de 2 %. Cet emprunt aura vocation à s'élargir à l'ensemble européen. Son produit sera exclusivement consacré à la relance économique.
• De créer une holding publique dont la dotation pourra atteindre 200 milliards d'euros (le grand emprunt à taux dégressif y contribuerait), cette somme représentant moins que ce qui a été versé, pendant quatre années, sous forme de dividendes par les entreprises du CAC 40 et étant équivalente, à population égale, à ce qu'a mobilisé le seul premier plan Obama. Cette somme serait destinée :
a) à favoriser, sur présentation d'un projet, et après vérification de la faisabilité du business plan, la création de PME innovantes, adaptées aux mutations de l'après crise par des prises de participations minoritaires (jusqu'à 35 % à la constitution du capital) ;
b) à entrer dans le capital de sociétés saines mais dont il est nécessaire de financer le développement (pour 35 % également) ;
c) à créer (et à subventionner par des commandes publiques) des entreprises nationales ou mixtes, engagées, en association avec le secteur privé, dans la réalisation de grands travaux d'infrastructures et d'équipements (dans le domaine, en particulier, des transports, de l'éducation, de la santé, du logement social ou de l'économie numérique), avec l'engagement, au bout de cinq ans, une fois la croissance revenue, de remettre 80 % de ces actifs sur le marché, de réaliser les plus values, et de consacrer la totalité des recettes à la réduction des déficits. La rénovation des palais de justice, des commissariats, des lycées, des universités et des hôpitaux et la création de 200 000 logements sociaux exclusivement dans des espaces à habitat mixte pour casser la ghettoïsation, serait prioritaire. Dans le domaine des transports collectifs, serait mis l'accent sur le développement des lignes de chemin de fer transversales rapides destinées à contourner une centralisation jacobine qui incite à passer par Paris. Seraient également développées les lignes de liaisons directes entre les principales métropoles européennes.
Ce dernier point, s'il est intéressant pour la réalisation de « Grands Projets » me semble inapplicable ! On n'a pas besoin de créer de nouvelles entreprises de BTP pour les réaliser, on n'a seulement besoin de leur donner du travail ! Donc, il n'y a naturellement pas de revente ni de plus value possible au bout de 5 ans ! On ne va quand même pas revendre les lignes TGV, les lycées et universités, au secteur privé !!! Etrange !
• Développer des partenariats entre Etats, collectivités locales, fondations ou institutions associatives et mutualistes de toutes sortes, et capital privé, pour implanter des entreprises innovantes à fortes valeurs ajoutées dans les secteurs les plus frappés par la crise.
• Réduction ou suppression, en revanche, des autres formes d'interventions financières étatiques non susceptibles de générer un retour sur prêt ou investissement.
• Réduire à 25 % - et, dans certains cas, à 15 % quand il y a création d'emplois - l'impôt sur les sociétés quand les bénéfices sont intégralement réinvestis et les remonter à 43 % quand ils sont distribués sous forme de dividendes ou abondent des formes d'enrichissements personnels. Possibilité de contraindre une société bénéficiant d'une aide directe ou indirecte (dont baisses des charges) à geler, pendant un an, toute distribution de dividendes au profit des salaires et de l'investissement.
• Supprimer toutes les niches fiscales mais, une fois cette remise à plat réalisée, possibilité, dans la plus totale transparence, de consentir des avantages fiscaux passagers à des secteurs directement touchés par la crise en cours.
• Supprimer les exonérations de charges sans contrepartie en les transformant en donnant-donnant, c'est-à-dire en un système orienté vers les PME et l'artisanat du type : réduction de 40 % des charges sur trois emplois plus un, contre la création effective d'un quatrième emploi. Dans le cas de l'artisanat, pourrait être envisagée, pour toute entreprise de moins de quatre salariés, une exonération de charges pour un emploi créé. La baisse de charges, loin d'être ciblée sur des salaires représentant le Smic ou une fois et demi le Smic, serait légèrement plus forte s'appliquant à des salaires représentant une fois et demi à deux fois et demi le Smic afin d'éviter les trappes à bas salaires et à encourager des rémunérations porteuses de consommation.
Proposition la plus intéressante. Surtout de ne pas cibler exclusivement les baisses de charges sur les bas salaires.
• Revenir sur le paquet fiscal. Augmenter la progressivité de l'impôt sur les successions à partir de 6 millions d'euros, mais supprimer cette taxe jusqu'à 900 000 euros et la réduire jusqu'à 2 millions d'euros. Remonter le plafond des tranches de l'impôt sur le revenu afin d'alléger le poids fiscal qui pèse sur les classes moyennes. Augmenter la progressivité des taux qui frappent les tranches supérieures à partir de 2 millions d'euros par an. Baisser de 25 % du taux de la TVA, pendant un an, sur une liste de marchandises de produits fabriqués par des sociétés de main-d'œuvre. Nous sommes confrontés, en effet, moins à une baisse du pouvoir d'achat des salariés employés qu'à une grave crise de l'emploi.
• Pour réprimer les plus extravagantes et parfois obscènes inégalités de rémunération, l'idéal serait de fixer une rémunération maximum, de l'ordre de 40 fois le Smic, comme cela a été suggéré en Allemagne (500 000 euros par an), de même que l'on a institué un salaire minimum. Mais, compte tenu de l'impossibilité matérielle d'imposer une telle mesure, lui préférer la proposition Obama : tendre à une réduction de la fiscalité pour 80 % des contribuables, mais forte augmentation du taux de progressivité de l'impôt direct sur le revenu au-dessus de la tranche de 2 millions d'euros par an, progressivité pouvant atteindre le taux marginal de 80 % au-delà de 5 millions d'euros. Le but ? Non pas confisquer le produit de rémunérations faramineuses, mais les empêcher et, donc, encourager l'investissement au détriment de la spéculation, de la thésaurisation et des gonflements de fortunes oligarchiques.
Ces 2 dernières propositions, si elles semblent ambitieuses sont intéressantes. On vit en effet dans une époque ou les rémunérations n'augmentent pas de façon linéaire mais de manière exponentielle, une très faible part de la population engrange des revenues représentant des sommes colossales. Il convient donc de plus taxer ces tranches supérieures sans peser sur les tranches inferieurs.
• Accepter les règles du libre-échange sauf lorsqu'il devient un moyen avéré et avoué de faire « baisser le coût du travail », donc les salaires, ce qui, en comprimant la consommation, est l'une des causes principales de la crise que nous traversons.
• Augmenter de 3 points les baisses de charges ciblées sur les petites et moyennes
entreprises qui créent des emplois si celles-ci mènent, parallèlement, une politique de valorisation des salaires.
Un peu de retour au fordisme... avec une politique de hauts salaires ne ferait pas de mal, même à l'économie. On a bien vu que l'on ne peut pas faire reposer toute la consommation des ménages sur le crédit !
• D'une façon générale, en matière fiscale, tendre à un impôt direct unique intégrant entre autre la CSG, et frappant toutes les formes de revenus au même taux de progressivité, y compris toutes les formes de plus-values, mais suppression de l'impôt sur la fortune qui est tout à fait irrationnel. L'élargissement de l'assiette permettra le relèvement des plafonds des tranches, donc une baisse de la pression fiscale qui pèse sur les classes moyennes et 90% des salariés. Cet impôt direct unique, dès lors que la CSG y est intégrée, sera payé par tous les citoyens sans exception, fût-ce, pour certains, de manière presque symbolique. Suppression des exonérations qui n'ont plus aucune justification économique et sociale telle celle dont bénéficiaient les journalistes.
Pas mal pour la vaste reforme fiscale qu'il faut faire depuis bien longtemps.
• Arrêter la succession compulsive et parfois incohérente de réformes dans l'Education Nationale (qui troublent les personnels et désorientent les parents) et prévoir, à échéance de trois ans, une large consultation et association de tous les partenaires pour élaborer avec eux un projet de réforme global auquel on s'engagera à ne plus toucher, sauf à la marge, pendant quinze ans.
C'est très vrai. Chaque ministre veux faire SA réforme, qui fini toujours par n'être qu'une opération de communication. L'éducation est devant de grands défis, l'apprentissage de la lecture ou des langues étrangères, la massification de l'enseignement supérieur, auxquels il convient de donner des vraies réponses.
14:03 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-françois kahn, crise, propositions
















Voici un document que Jean-François Kahn a fait parvenir à la presse et aux militants du Mouvement Démocrate il y a quelques semaines. On y retrouve une série de mesure pour lutter contre la crise.