mardi, 30 juin 2009

Guy Verhofstadt : Comment l'Europe peut sauver le monde

Verh2.JPGGuy Verhofstadt a été élu aujourd'hui à la tête du groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), succédant ainsi au Britannique Graham Watson. Il faut dire qu'il n'avait pas de concurrence pour cette élection tant son C.V. en fait une personnalité européenne de premier plan.

Guy Verhofstadt a été le Premier ministre de la Belgique de 1999 à 2008.  Il avait été pressenti pour succéder à Romano Prodi à la tête de la Commission européenne en 2004. Cependant, ses positions fédéralistes, son opposition à la guerre en Irak, lui ont values un refus des Britanniques.

 

A lire absolument, l'ouvrage que Guy Verhofstadt consacre aux conséquences de la crise et à la réponse politique, nécessairement européenne selon lui, à apporter pour un rebond rapide de notre économie.

L'ouvrage, Sortir de la Crise au sous titre ambitieux : Comment l'Europe peut sauver le monde.

 

Il présente tout d'abord une analyse et un diagnostic précis des événements, à partir desquels il élabore des propositions de réformes fondamentales.

 

Pour lui c'est une « fusée à plusieurs étages » dont nous avons besoin, « dont l'étage inferieur stabilise les marchés financiers, dont l'étage intermédiaire lance un Europlan et l'étage supérieur installe un gouvernement qui préserve les fondamentaux économique de l'Union »

 

La faillite du modèle de croissance américain basé sur l'endettement et la consommation place l'Europe dans une position de leader pour mener des actions de sortie de crise.

Nous avons besoin d'une « mondialisation de la politique » afin de réguler ce qui ne l'a pas été jusqu'à présent, de mieux réguler dans d'autres cas, et faire revenir la confiance.

C'est ensuite que l'on peut sereinement envisager une politique de relance, au niveau européen, qu'il appelle l'Europlan. Il s'agit de faire beaucoup plus que la juxtaposition des 27 plans de relances nationaux. Il ne préconise pas de faire du défit actif (allocations ou baisse d'impôt), mais un plan d'investissement qui permettra « de passer de l'ancienne économie fossile vers une nouvelle société durable ». Mais attention, ces « investissements doivent générer une recette minimale sur le long terme. »

Pour financer cet Europlan (plus de 400 milliards d'Euros), il préconise la création d'un marché obligataire européen par l'émission euro-obligations.

 

Voilà un ouvrage, très précis et bien argumenté et qui plus que jamais, est un plaidoyer pour  l'Europe.

 

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Voir aussi l'interview de Guy Verhofstadt dans le monde : "Plus d'Europe, c'est plus de solutions à la crise"

 

 

mercredi, 10 juin 2009

Et après ?

Voici mon analyse personnelle des résultats des élections européennes de dimanche dernier et plus particulièrement des scores du MoDem.

Je pense qu'il y a deux erreurs à éviter pour bien pouvoir en tirer des conclusions politiques :

Tout d'abord, penser que le dérapage verbal de François Bayrou jeudi soir sur France2 a couté l'élection : les sondages montraient un tassement du MoDem et une montée d'Europe Ecologie une semaine avant et se sont avérés vrais.

Peut-être avons-nous perdu un ou deux points à cause de cet événement ; nous aurions alors été autour de 10%, mais cela aurait quand même été un score très faible. C'est donc dans l'ensemble de la campagne qu'il faut chercher des explications.

Ensuite, il ne faut pas penser que nous n'avons pas assez parlé d'écologie et pas assez mis en avant nos candidats écologistes. Si on prend cette théorie par l'absurde, cela revient à dire que si que l'UMP est devant nous, c'est parce que nous n'avons pas eu de discours assez sécuritaire ! Rien ne sert de courir après un autre électorat. Les écologistes seront toujours plus crédibles que nous pour un électeur qui veut voter écolo.

Europe-Ecologie a essentiellement récupéré un électorat de gauche, issu essentiellement du PS. La comparaison en nombre de voix avec d'autres élections le montre clairement. Les déçus du PS ont trouvé une voie, et ce n'est pas au MoDem qu'ils sont allés.

En revanche, la seule chose qui nous a fait mal de leur part, c'est qu'Europe-Ecologie a su capter un électorat pro-européen, par un message et une campagne uniquement axée sur l'Europe.

La famille politique centriste, très attachée à l'Europe, a été heurtée par la campagne - jugée hors contexte - menée depuis Paris. Notre projet européen n'a jamais été mis en avant au cours d'une campagne pourtant longue. Défendre nos idées, et mobiliser notre électorat est le principal enseignement qu'il faudra retenir.

Nous avons passé deux ans à taper sur le gouvernement et Sarkozy et nous n'avons plus défendu nos idées et nous n'avons plus été une force de proposition. Cette posture n'est plus tenable.

En Alsace, dans l'analyse des résultats bureau de vote par bureau de vote, on constate que nous réalisons des scores légèrement meilleurs là où...surprise, l'UMP réalise ses plus gros scores. Et ceux-ci sont plutôt réalisés à l'extérieur de Strasbourg où nous dépassons les 10% partout. Des terres où la fidélité au vote centriste résiste ! La stratégie qui consiste à dire que nous allons gagner un électorat plus urbain s'avère erronée également.

La déception provient essentiellement du type de scrutin et de la thématique, deux éléments qui auraient dû nous être favorables. Or, nous réalisons des scores plus faibles qu'aux cantonales à Strasbourg, plus faibles qu'aux législatives (bien sûr, meilleur quand même qu'aux municipales) et surtout moins bons que l'UDF de 2004... et c'est bien là l'échec pour notre mouvement qui a l'ambition de rassembler plus largement.

Le bilan peut se résumer en une phrase : nous avons perdu à droite ce que nous n'avons pas gagné à gauche.

 

 

dimanche, 07 juin 2009

Deux conceptions de l'Europe s'affrontent

En attendant les résultats, un article du Monde qui résume un peu les programmes, dont on aurait vraiment pu parler plus tôt !

_38155883_europe_flag_bbc_300.jpgMorne campagne européenne. Un mois de débat pour ne retenir qu'une polémique sans enjeu immédiat sur la Turquie, ravivée par Nicolas Sarkozy, et un pugilat entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou. Quatre ans après la campagne passionnelle du référendum sur la Constitution européenne, la France a-t-elle épuisé le débat européen ?

Les programmes des principaux partis de gouvernement révèlent un retour à des clivages traditionnels, mais nets.

 

L'UMP a une vision intergouvernementale inspirée de la pratique du pouvoir par Nicolas Sarkozy sous la présidence française de l'Union européenne (UE), plus libérale et plus sécuritaire sur l'immigration. Le Parti socialiste a un projet plus social, qui ferait de la Commission l'embryon d'un gouvernement européen. Les Verts proposent un programme encore plus fédéral, dopé par l'acuité de la question environnementale, tout comme le MoDem. Mais le discours européen de ce dernier est rendu peu audible par l'ambition présidentielle de François Bayou et sa posture antilibérale et anti-OTAN, contraire à la tradition centriste.

 

Ces clivages peuvent apparaître ténus en comparaison des querelles fondamentales qui divisaient naguère les Français. Elles se sont estompées, sous l'effet du temps et de la crise. Nul ne conteste plus l'euro, qui a protégé le Vieux Continent dans la tempête financière. Le procès en ultralibéralisme de l'Europe est moins virulent, gouvernements et banquiers centraux ayant su s'asseoir sur les dogmes d'hier pour limiter la catastrophe financière. L'élargissement de 2004, qui avait suscité la peur du fameux plombier polonais, est désormais accepté.

 

Enfin, la querelle entre souverainistes et fédéralistes s'estompe. UMP, PS, MoDem et Verts sont favorables au traité de Lisbonne, désireux d'en finir avec la question institutionnelle qui accapare les Européens depuis Maastricht. Seuls les Verts demandent une constituante européenne.

 

Le débat ne porte plus sur la construction de l'Europe, mais la manière de la diriger dans le cadre existant pour protéger les Français dans la crise. L'UMP donne la priorité aux gouvernements. L'Europe du droit et des règles est soumise au politique. La Commission est là pour enregistrer les décisions du Conseil européen, pas pour incarner un gouvernement.

 

Ce n'est pas l'avis du Parti socialiste, qui fait campagne contre la reconduction du président de la Commission, José Manuel Barroso, incarnation à ses yeux de l'Europe libérale. "Le poste important en Europe, c'est le président de la Commission européenne", estime l'eurodéputée socialiste Pervenche Bérès, candidate en Ile-de-France.

 

"Le PS est européen dans le discours, mais il a eu avec Lionel Jospin une pratique intergouvernementale. Et lorsqu'il a présenté un plan de relance cet hiver, celui-ci était français, pas européen", tempère Daniel Cohn-Bendit, chef de file des Verts. "Nous, nous proposons directement des solutions européennes. C'est un état d'esprit."

 

Logiquement, l'UMP refuse de renforcer les pouvoirs de Bruxelles. Elle rejette tout impôt européen et toute augmentation du budget communautaire. Le parti postgaulliste préfère la mise en commun des forces nationales, par exemple dans la recherche. "Mutualisation est le mot qui caractérise le mieux le projet européen", estime Michel Barnier, tête de liste UMP en Ile-de-France, qui appelle à de "nouvelles politiques communautaires". Le PS propose au contraire d'augmenter le budget de la Commission et de l'alimenter par un impôt européen. L'idée est défendue par le MoDem et les Verts, qui veulent plus que doubler ce budget qui représenterait 2 % du PIB européen.

 

A droite, on se contente de "coordonner" les plans de relance. On envisage bien la création d'une caisse des dépôts européenne, pour drainer l'épargne du continent ou le recours à l'emprunt. Mais, note le MoDem, les eurodéputés UMP ont voté contre une résolution du Parlement de Strasbourg favorable à un emprunt européen.

 

Les autres partis prônent une relance keynésienne plus forte : 100 milliards d'euros pour le PS ; 3 % du PIB européen, soit 400 milliards d'euros pour financer des infrastructures, selon le MoDem, qui fustigeait naguère l'endettement de la France ; les Verts montent à 1 000 milliards d'euros sur cinq ans.

 

Enfin, l'UMP a réalisé une inflexion majeure sur l'environnement, pour défendre un modèle d'économie sociale de marché durable. Elle propose désormais l'introduction d'une taxe carbone aux frontières de l'Europe, nouvelle déclinaison de la "préférence communautaire". Daniel Cohn-Bendit s'étonne que la droite l'ait refusée lors du Grenelle de l'environnement. Le PS s'est aussi verdi, mais insiste sur le social : il souhaite introduire un smic dans chaque pays européen, prélude à une Europe sociale.

 

Bref, des divergences devenues peut-être trop classiques pour avoir passionné les Français.

 

Arnaud Leparmentier

 

dimanche, 24 mai 2009

Des mesures concrètes pour vaincre la crise (2/2)

220px-JF_Kahn.jpgVoici ensuite (à la suite de la note précédente), les mesures que je trouve plus contestables :

 

• Annuler la défiscalisation des heures supplémentaires qui pénalise l'emploi et aggrave le chômage dès lors qu'allonger la durée d'un emploi existant coûte moins cher qu'en créer un nouveau.

Le travail ne se divise pas comme une tarte se divise en part. Ca se saurai si les 35H de madame Aubry avait créés 2 millions d'emplois comme promis à l'époque !

On peut considérer que les heures supplémentaires ne sont pas très utiles en période de crise, oui, mais ce n'est pas quelques heures de ci de là qui vont faire un emploi à temps plein. Cette proposition me surprend de la part de grands défenseurs de l'emploi stable non précaire.

 

• Création de commissions régionales chargées d'établir si des projets d'installation de grandes surfaces portent atteinte ou pas, sur un plan local, au principe de concurrence libre et non faussée, les élus ne pourront pas représenter plus de 40 % des membres de ces commissions.

De telles structures existent déjà. S'il y a 60% de commerçants, ils passeront leur temps à défendre leurs intérêts corporatistes ce qui bloquerait et empêcherait toute concurrence « libre et non faussé » nouvelle. Dommage !

 

• Rétablir une autorisation administrative de licenciement dans les seuls cas de

délocalisation, pour des raisons évidemment boursières, d'entreprises très sensiblement bénéficiaires. Et obligation de rembourser les aides publiques.

Pourquoi pas, (sauf si c'est pour courir derrière Besancenot) mais il sera très difficile de juger si les licenciements le sont pour raisons exclusivement boursières. De plus une entreprise qui fait des bénéfices doit pouvoir licencier, des restructurations sont parfois nécessaires,  n'en déplaise au bien pensants ! Sinon c'est l'Etat le patron, et je croyais que l'on ne défendait pas un monde ou l'Etat serait au cœur de tout.

 

• Ne se donner pour objectif de réduire très sensiblement le nombre de fonctionnaires qu'à partir du moment où le chômage sera descendu au-dessous de 7 % et choisir la voie de l'allègement, fût-il drastique, des structures bureaucratiques, y compris gouvernementales et ministérielles, et de la fin des empilements administratifs, par suppression d'organismes inutiles, plutôt que le principe absurde de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, alors que des secteurs entiers, tels la justice, la santé ou la sécurité, manquent parfois de personnel.

On sent encore là, la même idéologie de partage du travail.... Je dis trois fois NON, la reforme de l'Etat doit se poursuivre même en temps de crise. Au contraire on en a plus que jamais besoin pour tenter de retrouver un Etat fort. Ok pour réduire les structures purement administratives.

 

• Supprimer les préfets et sous-préfets, vestiges de l'ancien régime et du système colonial, transformer les préfectures et sous-préfectures en Maisons de la proximité (pour accès aux services sociaux, fiscaux, juridiques) et en transférer les frais de fonctionnement à cette nouvelle mission. Un représentant de l'Etat siégera dans chaque Conseil régional.

Quelle régression !! La place des préfets (représentant de l'Etat) n'est certainement pas DANS les conseils régionaux ! Il ne faudrait pas non plus, oublier que les préfectures réalisent le contrôle de légalité des actes des collectivités locales. Et accessoirement, les préfets ne datent pas de l'ancien régime ou des colonies, mais de Napoléon !

 

• Permettre à des assurances privées de se substituer, en faveur des Français qui le souhaitent, totalement à la Sécurité Sociale en matière de couverture santé, à condition que les assurés qui s'y affilient continuent de payer, au nom de la solidarité, leurs cotisations à l'institution collective publique.

Sympathique, mais totalement inutile ! Même si j'étais riche, je ne payais pas deux fois pour avoir la même chose. Les assurances complémentaires elles, font leur boulot de rembourser se qui ne l'est pas par la sécu, et cela leur suffit.

 

  • Renoncer au RSA (Revenu de Solidarité Active), qui favorisera surtout le travail partiel (en le faisant, en partie, financer par le contribuable) et donc contribuera à peser sur les rémunérations, mais interdire tout salaire à temps partiel inférieur à 75 % du Smic. Renoncer, également, à privilégier, en cas de baisse de charges, les seuls bas salaires - une fois et demi le Smic -, qui se sont révélés être de véritables trappes à pauvreté.

Quelle idiotie ! Le RSA, qui a été salué par l'ensemble de la classe politique, et est plutôt une avancée sociale. Il permet de ne pas enfermer les pauvres dans leur misère et d'y rester. S'il occasionne du travail à temps partiel, c'est surement vrai. Mais reprendre un emploi me semble plus important.


Voilà pour les amoureux de la contradiction comme l'est Jean-François Kahn !

 

 

vendredi, 22 mai 2009

Des mesures concrètes pour vaincre la crise (1/2)

220px-JF_Kahn.jpgVoici un document que Jean-François Kahn a fait parvenir à la presse et aux militants du Mouvement Démocrate il y a quelques semaines. On y retrouve une série de mesure pour lutter contre la crise.

Comme beaucoup de monde, je préfère les propositions à la critique. Ça tombe bien on en fait pas mal, qu'on se le dise.

En introduction, JFK et ses colistiers déclarent qu'ils « entendent nullement livrer un programme clefs en main (certaines mesures ne pourraient, d'ailleurs, pas être cumulées), mais ouvrir des pistes... ». Puis en conclusion, que « l'on est parfaitement en droit de critiquer, de corriger, de rejeter, de condamner certaines de ces suggestions. (Celle, par exemple, iconoclaste qui concerne la Sécurité Sociale). Elles montrent et démontrent que cette finalité - qu'est l'avènement d'une nouvelle société humaniste - n'exclut évidemment pas les propositions précises de mesures concrètes et intermédiaires à court et à moyen terme. »

Alors allons-y ! Je reprendrai sur ce blog les principales mesures qui me semblent intéressantes en les commentant, puis les mesures qui me semblent moins bien inspirées.

 

Tout d'abord, les mesures intéressantes :

 

Nous proposons :

• D'agir, sur le plan européen, en faveur de l'institution d'un pouvoir économique au niveau de la zone euro, de la création d'une instance de coordination des politiques de relance au niveau des 27, de l'élargissement à l'action en faveur du plein emploi de la mission de la Banque européenne et de l'élaboration d'un véritable projet de réforme du système financier international, ce qui implique le licenciement du néolibéral bushiste José Manuel Barroso.

• De lancer un grand emprunt « patriotique », à taux dégressif (partant d'un taux de base de 5 ou 6 % pour les classes moyennes, pour descendre jusqu'à un taux marginal de 2 % pour les classes supérieures), les 2000 plus grandes fortunes de France étant contraintes d'y souscrire au taux de 2 %. Cet emprunt aura vocation à s'élargir à l'ensemble européen. Son produit sera exclusivement consacré à la relance économique.

• De créer une holding publique dont la dotation pourra atteindre 200 milliards d'euros (le grand emprunt à taux dégressif y contribuerait), cette somme représentant moins que ce qui a été versé, pendant quatre années, sous forme de dividendes par les entreprises du CAC 40 et étant équivalente, à population égale, à ce qu'a mobilisé le seul premier plan Obama. Cette somme serait destinée :

 

a) à favoriser, sur présentation d'un projet, et après vérification de la faisabilité du business plan, la création de PME innovantes, adaptées aux mutations de l'après crise par des prises de participations minoritaires (jusqu'à 35 % à la constitution du capital) ;

 

b) à entrer dans le capital de sociétés saines mais dont il est nécessaire de financer le développement (pour 35 % également) ;

 

c) à créer (et à subventionner par des commandes publiques) des entreprises nationales ou mixtes, engagées, en association avec le secteur privé, dans la réalisation de grands travaux d'infrastructures et d'équipements (dans le domaine, en particulier, des transports, de l'éducation, de la santé, du logement social ou de l'économie numérique), avec l'engagement, au bout de cinq ans, une fois la croissance revenue, de remettre 80 % de ces actifs sur le marché, de réaliser les plus values, et de consacrer la totalité des recettes à la réduction des déficits. La rénovation des palais de justice, des commissariats, des lycées, des universités et des hôpitaux et la création de 200 000 logements sociaux exclusivement dans des espaces à habitat mixte pour casser la ghettoïsation, serait prioritaire. Dans le domaine des transports collectifs, serait mis l'accent sur le développement des lignes de chemin de fer transversales rapides destinées à contourner une centralisation jacobine qui incite à passer par Paris. Seraient également développées les lignes de liaisons directes entre les principales métropoles européennes.

Ce dernier point, s'il est intéressant pour la réalisation de « Grands Projets » me semble inapplicable ! On n'a pas besoin de créer de nouvelles entreprises de BTP pour les réaliser, on n'a seulement besoin de leur donner du travail ! Donc, il n'y a naturellement pas de revente ni de plus value possible au bout de 5 ans ! On ne va quand même pas revendre les lignes TGV, les lycées et universités, au secteur privé !!! Etrange !

 

• Développer des partenariats entre Etats, collectivités locales, fondations ou institutions associatives et mutualistes de toutes sortes, et capital privé, pour implanter des entreprises innovantes à fortes valeurs ajoutées dans les secteurs les plus frappés par la crise.

• Réduction ou suppression, en revanche, des autres formes d'interventions financières étatiques non susceptibles de générer un retour sur prêt ou investissement.

Réduire à 25 % - et, dans certains cas, à 15 % quand il y a création d'emplois - l'impôt sur les sociétés quand les bénéfices sont intégralement réinvestis et les remonter à 43 % quand ils sont distribués sous forme de dividendes ou abondent des formes  d'enrichissements personnels. Possibilité de contraindre une société bénéficiant d'une aide directe ou indirecte (dont baisses des charges) à geler, pendant un an, toute distribution de dividendes au profit des salaires et de l'investissement.

 

Supprimer toutes les niches fiscales mais, une fois cette remise à plat réalisée, possibilité, dans la plus totale transparence, de consentir des avantages fiscaux passagers à des secteurs directement touchés par la crise en cours.

 

• Supprimer les exonérations de charges sans contrepartie en les transformant en donnant-donnant, c'est-à-dire en un système orienté vers les PME et l'artisanat du type : réduction de 40 % des charges sur trois emplois plus un, contre la création effective d'un quatrième emploi. Dans le cas de l'artisanat, pourrait être envisagée, pour toute entreprise de moins de quatre salariés, une exonération de charges pour un emploi créé. La baisse de charges, loin d'être ciblée sur des salaires représentant le Smic ou une fois et demi le Smic, serait légèrement plus forte s'appliquant à des salaires représentant une fois et demi à deux fois et demi le Smic afin d'éviter les trappes à bas salaires et à encourager des rémunérations porteuses de consommation.

Proposition la plus intéressante. Surtout de ne pas cibler exclusivement les baisses de charges sur les bas salaires.


• Revenir sur le paquet fiscal. Augmenter la progressivité de l'impôt sur les successions à partir de 6 millions d'euros, mais supprimer cette taxe jusqu'à 900 000 euros et la réduire jusqu'à 2 millions d'euros. Remonter le plafond des tranches de l'impôt sur le revenu afin d'alléger le poids fiscal qui pèse sur les classes moyennes. Augmenter la progressivité des taux qui frappent les tranches supérieures à partir de 2 millions d'euros par an. Baisser de 25 % du taux de la TVA, pendant un an, sur une liste de marchandises de produits fabriqués par des sociétés de main-d'œuvre. Nous sommes confrontés, en effet, moins à une baisse du pouvoir d'achat des salariés employés qu'à une grave crise de l'emploi.

 

• Pour réprimer les plus extravagantes et parfois obscènes inégalités de rémunération, l'idéal serait de fixer une rémunération maximum, de l'ordre de 40 fois le Smic, comme cela a été suggéré en Allemagne (500 000 euros par an), de même que l'on a institué un salaire minimum. Mais, compte tenu de l'impossibilité matérielle d'imposer une telle mesure, lui préférer la proposition Obama : tendre à une réduction de la fiscalité pour 80 % des contribuables, mais forte augmentation du taux de progressivité de l'impôt direct sur le revenu au-dessus de la tranche de 2 millions d'euros par an, progressivité pouvant atteindre le taux marginal de 80 % au-delà de 5 millions d'euros. Le but ? Non pas confisquer le produit de rémunérations faramineuses, mais les empêcher et, donc, encourager l'investissement au détriment de la spéculation, de la thésaurisation et des gonflements de fortunes oligarchiques.

Ces 2 dernières propositions, si elles semblent ambitieuses sont intéressantes. On vit en effet dans une époque ou les rémunérations n'augmentent pas de façon linéaire mais de manière exponentielle, une très faible part de la population engrange des revenues représentant des sommes colossales. Il convient donc de plus taxer ces tranches supérieures sans peser sur les tranches inferieurs.


• Accepter les règles du libre-échange sauf lorsqu'il devient un moyen avéré et avoué de faire « baisser le coût du travail », donc les salaires, ce qui, en comprimant la consommation, est l'une des causes principales de la crise que nous traversons.

 

• Augmenter de 3 points les baisses de charges ciblées sur les petites et moyennes

entreprises qui créent des emplois si celles-ci mènent, parallèlement, une politique de valorisation des salaires.

Un peu de retour au fordisme... avec une politique de hauts salaires ne ferait pas de mal, même à l'économie. On a bien vu que l'on ne peut pas faire reposer toute la consommation des ménages sur le crédit !

 

• D'une façon générale, en matière fiscale, tendre à un impôt direct unique intégrant entre autre la CSG, et frappant toutes les formes de revenus au même taux de progressivité, y compris toutes les formes de plus-values, mais suppression de l'impôt sur la fortune qui est tout à fait irrationnel. L'élargissement de l'assiette permettra le relèvement des plafonds des tranches, donc une baisse de la pression fiscale qui pèse sur les classes moyennes et 90% des salariés. Cet impôt direct unique, dès lors que la CSG y est intégrée, sera payé par tous les citoyens sans exception, fût-ce, pour certains, de manière presque symbolique. Suppression des exonérations qui n'ont plus aucune justification économique et sociale telle celle dont bénéficiaient les journalistes.

Pas mal pour la vaste reforme fiscale qu'il faut faire depuis bien longtemps.

 

Arrêter la succession compulsive et parfois incohérente de réformes dans l'Education Nationale (qui troublent les personnels et désorientent les parents) et prévoir, à échéance de trois ans, une large consultation et association de tous les partenaires pour élaborer avec eux un projet de réforme global auquel on s'engagera à ne plus toucher, sauf à la marge, pendant quinze ans.

C'est très vrai. Chaque ministre veux faire SA réforme, qui fini toujours par n'être qu'une opération de communication. L'éducation est devant de grands défis, l'apprentissage de la lecture ou des langues étrangères, la massification de l'enseignement supérieur, auxquels il convient de donner des vraies réponses.

 

samedi, 16 mai 2009

Bayrou : premier opposant !

bayrou.jpgFrançois Bayrou est devenu le premier « opposant » à Nicolas Sarkozy selon le dernier sondage de OpinionWay, pour le Figaro à voir plus bas. Voilà qui est bien intéressant à analyser.

Certains se demandent pourquoi tant de centristes quittent le navire du MoDem... Et bien la réponse est là ! NON, ce n'est pas qu'ils ne sont plus dans le coup, traitres à leurs convictions, dépassés, ou ...de droite...on a tout entendu. C'est bien la stratégie d'opposition absolue qui gène bon nombre de centristes que je rencontre régulièrement et me le disent ouvertement. Moi-même j'en suis gêné également.

Parce que le centrisme c'est aussi la foi en une approche consensuelle et fédératrice. C'est le sérieux, le discours de vérité, et les actions concrètes...

Mais en France, force est de constater que pour réussir dans une élection présidentielle, il faut cliver très fortement et sans concession. C'est malheureux mais les grand Hommes politiques consensuels qui avaient une réelle stature d'Homme d'Etat ont tous échoués à s'imposer ou à se faire élire...Rocard, Barre, Delors...

Alors tenons le choc encore un moment, bientôt la figure de François Bayrou apparaitra complètement comme porteuse d'une alternative et le temps sera venu des propositions.

A n'en pas douter, les centristes n'auront nul part ou aller et reviendront au bercail.

 

Article du FIGARO du 16 mai 2009 :

Selon OpinionWay, 44 % des Français estiment que le président du MoDem pourrait devancer le candidat socialiste au premier tour de la présidentielle de 2012.

 

C'EST le grand bond en avant de François Bayrou. Pour la première fois depuis l'élection présidentielle de 2007, le président du Mouvement démocrate (MoDem) se hisse en tête du palmarès des meilleurs opposants au chef de l'État (lire l'intégralité du sondage en PDF), avec 20 % des avis, loin, très loin devant Olivier Besancenot (10 %), Martine Aubry (9 %) et Ségolène Royal (6 %). Une seule fois, en mars 2008, François Bayrou avait failli décrocher le titre. Mais il était arrivé ex aequo avec le maire de Paris, Bertrand Delanoë, (13 % chacun).

Le plus significatif, par rapport à notre dernier baromètre des 8 et 9 avril, est la forte progression du président du MoDem, qui gagne 16 points, tandis que l'ancienne finaliste de 2007 en perd 8. Lui qui s'est présenté mercredi en « opposant le plus vigoureux » à Nicolas Sarkozy engrange dans l'opinion les fruits d'une stratégie élaborée dès le lendemain de la présidentielle.

Réalisé quinze jours après la sortie de son livre Abus de pouvoir (Plon), ce baromètre a de quoi sérieusement inquiéter les dirigeants socialistes. La question d'un nouveau second tour sans la présence d'un(e) candidat(e) socialiste, comme en 2002, est à nouveau posée.

Pour la première fois, en effet, l'ensemble des sondés estime à 44 % (contre 40 % d'un avis contraire) qu'au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, François Bayrou pourrait devancer le (la) candidat(e) du PS. Un avis également partagé par 37 % des sympathisants socialistes eux-mêmes et 36 % de ceux de droite.

D'où, pour le PS, une question désormais incontournable, mais que ses ténors ne sont toujours pas parvenus à trancher car elle les divise : leur stratégie d'alliance pour 2012. Les sympathisants socialistes sont 22 % (+1 % par rapport à avril) à estimer qu'à l'avenir leur parti devrait plutôt s'allier avec celui de Bayrou. Ils n'étaient que 16 % en novembre dernier.

Équation cornélienne

Dans le même temps, les socialistes doivent régler le cas du leader d'extrême gauche Olivier Besancenot. Certes ils restent majoritairement favorables à une alliance avec l'ensemble des partis de gauche, y compris avec le NPA. Mais la proportion est en baisse de quatre points, à 38 %. En revanche, ceux qui excluent désormais la moindre alliance avec le leader trotskiste progressent de douze points, à 26 %.

Une équation cornélienne pour la Rue de Solferino qui devra, si elle veut éviter de faire exploser sa base, résoudre en même temps la question de Bayrou et celle de Besancenot. Car, pour apparaître comme un parti cohérent, et donc représenter une alternative crédible à la droite en 2012, continuer le grand écart entre l'extrême gauche et le centre apparaît de plus en plus difficile.

Certains au PS préconisent d'ignorer la question du MoDem. Mais ce serait laisser le terrain, au moins celui de la cohérence, au chef centriste. S'il récuse tout « alignement avec le PS », Bayrou, lui, n'hésite pas à parler de « rassemblement de tous les démocrates » pour battre la droite en 2012. Et laisser ainsi, aujourd'hui, le PS seul devant ses responsabilités.

Depuis juin 2008, selon notre baromètre, seule une fois, un dirigeant socialiste était apparu comme « meilleur opposant » à Nicolas Sarkozy. C'était Ségolène Royal le mois dernier, tandis que nos cinq politoscopes précédents avaient placé en tête Olivier Besancenot. Question pour le PS : reste-t-il une place entre l'extrême gauche et le centre ?

 

mercredi, 22 avril 2009

L'Europe, une invention indispensable, par Michel Rocard

20090421_DNA008326.jpgL'excellent Michel Rocard à donné hier une conférence à Strasbourg à laquelle j'ai pu assister. Personnellement j'admire beaucoup la pensée politique de Michel Rocard, d'une grande qualité d'analyse, toujours loin des idées reçues. Il rend l'économie et l'histoire de la social-démocratie très abordable.

L'Europe c'est d'abord la paix, cela est important à rappeler après des années de guerre sur notre continent. Aujourd'hui, selon lui « la France et l'Allemagne sont mariées ».

C'est ainsi que les pères de l'Europe ont créés selon lui « des interdépendances techniques ne faisant pas peur »...c'est d'abord cela la CECA, puis l'EURATOM.

Quand l'idée de mettre en commun la douane est arrivée sur le tapis, Jean Monnet aurait dit «  ça manque de noblesse tout ça... » ; Et voilà née la CEE.

Et bien oui, c'est ça l'Europe ! Michel Rocard y porte un regard lucide, mais malheureusement assez  pessimiste pour l'avenir.

Il note tout de même, les grands succès économiques, l'Europe étant devenue la 1ère économie du monde.

Et ce sont les anglais qui en ont pris pour leur garde... En effet, depuis l'entrée de l'Angleterre, l'Europe politique est morte. Depuis on ne touche plus ni à la fiscalité, ni aux droits sociaux, ni à la justice, ni aux affaires étrangères (on a laissé faire une guerre à nos portes en Yougoslavie). Et cela est bigrement vrai...

Malheureusement, Michel Rocard ne propose pas de construire une avant-garde européenne, qui pourrait être la zone euro, donc ...sans l'Angleterre.

Il termine néanmoins sur une note plutôt positive. C'est l'Europe qui est la zone de monde où il existe des politiques publiques puissantes tout en garantissant une vraie liberté. Nous avons ce message à porter au monde, message qui devra être entendu pour sortir de la crise.

 

Article des DNA du 22/04/09

Michel Rocard, le politique sans langue de bois


Michel Rocard a fait salle comble hier aux conférences Gutenberg, à Strasbourg, sous des applaudissements nourris. Pas étonnant car l'ancien Premier ministre et député européen possède une vertu rare chez un homme politique : il parle sans démagogie et sans incantations.

 

Le sujet de la soirée, « L'Europe, une invention indispensable », Michel Rocard l'a traité sous ses deux aspects indissociables : l'histoire douloureuse du continent et sa marche vers l'intégration par les liens commerciaux pour aboutir au grand défi d'aujourd'hui, la crise économique et financière.

L'Histoire, on la connaît. Si les Européens se sont tant déchirés, c'est parce que les ancêtres des Français et des Allemands se sont disputés les lambeaux du seul empire vraiment européen et multiethnique : celui de Charlemagne. Avec une bonne vingtaine de guerres jusqu'aux derniers conflits mondiaux.

Voilà pourquoi l'Europe ne pouvait se construire que dans la réconciliation franco-allemande et il était impossible de faire cette Europe par la voie politique : « On ne peut pas demander à un Parlement ou à un gouvernement de baisser le drapeau national ». Sont venus la CECA, l'Euratom, enfin le Marché Commun à Six - six « parce que Belges, Néerlandais, Italiens et Luxembourgeois avaient peur de voir la France et l'Allemagne se partager le marché du charbon et de l'acier ».

 

« Vue de l'extérieur, l'Europe est quelque chose d'inouï »

 

Malgré des progrès, une Europe politique semble impossible : la Grande-Bretagne (« j'aime les Anglais, ils sont très intelligents et suivent toujours et sans gêne leurs buts ») oppose son veto à tout projet qui mènerait à plus d'intégration, par méfiance atavique du continent.

Pourtant, « vue de l'extérieur, l'Europe est quelque chose d'inouï. Elle a apporté une formidable croissance, le Marché Commun a lancé les trente glorieuses, grâce aussi à l'économie de marché ». Une économie de marché pour laquelle plaide le social-démocrate Rocard, du moins telle qu'elle a existé jusque dans les années 1980 avec « de hauts salaires » lançant la consommation. Une économie qui a fait la force de la Communauté européenne tant qu'elle a été basée sur un tissu social (la sécurité sociale), du keynésianisme, et « cette idée géniale, ce traité d'économie qui tient en seule phrase signée Henry Ford : je paye bien mes ouvriers pour qu'ils achètent mes voitures »

Puis est venu le temps des fonds d'investissements et « hedge funds », le temps de la finance, le temps de la crise actuelle. En sortir, « peut-être de G20 en G20 », est le nouveau défi de l'Europe. Non pas pour ses institutions discrètes et inaudibles mais pour les dirigeants politiques qui sauront outrepasser ces institutions. Ainsi, Gordon Brown le keynésien et Nicolas Sarkozy le pragmatique ont su, l'automne dernier, donner pour la première fois une vraie impulsion pour affronter la crise.

 

Le Parlement européen à Strasbourg est menacé, selon lui

 

Mais rien n'est gagné. S'il n'est pas foncièrement pessimiste, l'économiste Rocard ne pèche pas non plus par optimisme. Tout peut encore arriver et le pire serait la disparition de l'euro avec de multiples conséquences politiques.

Voter le 7 juin ? Michel Rocard comprend que les électeurs se désintéressent de ce scrutin : « L'Europe est compliquée et on se garde d'expliquer ce qui est compliqué ». L'adhésion de la Turquie ? L'ancien Premier ministre est pour en invoquant plusieurs raisons dont une géopolitique : le pétrole de la Caspienne est aux mains des Etats turcophones de l'Asie centrale. Mieux vaut qu'ils se tournent vers l'Europe par la Turquie européenne que vers l'intégrisme islamiste.

L'avenir du Parlement européen à Strasbourg ? Michel Rocard n'y croit pas. « Strasbourg l'aura encore pour dix ou quinze ans, jusqu'à ce que le Parlement décide en toute souveraineté... » On l'a dit, Michel Rocard ne parle pas la langue de bois.

 

Jean-Claude Kiefer

Sur cette page le podcast complet de la conférence

 

vendredi, 10 avril 2009

Sarkozy sans majorité

Les images parlent d'elles-mêmes :

 

 

Extrait d'un article de Patrick Roger du Monde (10.04.09)

 

« Il s'agit bien plus que d'un "couac": la "méthode Sarkozy" est en cause. Sur le texte lui-même, d'abord. Le chef de l'Etat était convaincu que la large palette d'artistes, de producteurs, de distributeurs mobilisés derrière les "accords de l'Elysée" garantirait l'adoption du projet de loi. Celui-ci devait sceller sa réconciliation avec les milieux culturels et "ringardiser" l'opposition, comme le clamait une partie de la majorité.

En définitive, au fil des débats - suivis en permanence par des milliers d'internautes -, c'est le projet du gouvernement qui a pris un coup de vieux. Il est apparu dépassé avant même d'avoir été voté, juridiquement et techniquement incertain, en retard par rapport au "nouveau monde" de la culture qui est en train de naître. Une sorte de "ligne Maginot" qui pourrait même, à court terme, se trouver en porte-à-faux avec le droit européen.

Ces doutes, ces critiques, ces interrogations se sont répandus jusque dans les rangs de la majorité: plus les débats avançaient, moins elle semblait mobilisée. A plusieurs reprises, en séance, des votes ont été acquis d'extrême justesse. A tel point que M.Copé a dû rappeler en réunion de groupe, mardi, la nécessaire présence dans l'Hémicycle.

Beaucoup, au fond d'eux-mêmes se sont demandé s'il était nécessaire de voter ce texte. D'autres ont ouvertement manifesté leur hostilité. Certaines réticences se sont exprimées juste avant le vote, à l'image de Marc Le Fur (UMP, Côtes-d'Armor) qui, faisant part de ses réserves, s'est exclamé: "Il y a les "people", et puis il y a le peuple. Et on a un peu oublié le peuple. Pardonnez-moi de défendre le peuple dans cette enceinte." La défiance du côté de la majorité a ouvert un boulevard à l'opposition, qui a su habilement jouer le coup.

Ce "camouflet" est aussi révélateur d'un malaise plus général entre l'exécutif et le législatif. Entre M.Sarkozy et le Parlement, en dépit de la révision constitutionnelle adoptée en juillet 2008, ce n'est pas l'empathie. Sa manière d'agir et ses décisions contredisent ses déclarations d'intention sur la "revalorisation" du Parlement. Les parlementaires - y compris dans la majorité - acceptent de plus en plus difficilement d'être mis devant le fait accompli.

Sur l'audiovisuel public, le travail du dimanche, l'OTAN et, plus récemment encore, l'encadrement des rémunérations des patrons dont le président de la République n'avait pas souhaité qu'il prenne place dans la loi, ils n'ont pas apprécié d'être "baladés". Sur le texte "création et Internet" ils n'ont pas plus considérés que c'était leur affaire. »

 

 

Hadopi est selon moi un mauvais texte, qui représente un combat d'arrière garde concernant Internet et l'inexorable révolution technologique. Ce texte tente encore de limiter le téléchargement et ne créé pas de nouvelles ressources pour les artistes, contrairement à ce que l'on veut nous faire avaler.

Quant à Sarkozy, il n'a jamais été un grand parlementaire au cours de sa carrière politique. Le parlement ce n'est visiblement pas son truc. Dans son action de président, il dérange, énerve, bouscule... tellement que même les députés UMP se rebellent (ou vont à la buvette de l'assemble si un texte les dérange). Je me prends tout de même à rêver que cette situation fera évoluer les choses, la majorité n'acceptant plus d'être un godillot derrière l'Elysée (comme ce fut le cas  sous Chirac, celui ci devait avoir plus de tact) !

 

Dernière réflexion, il est hallucinant pour un français de constater aujourd'hui qu'une loi (aussi importante) aurait pu passer avec 15 voix pour ! (rappelons qu'il y a 577 députés de la république). Au delà de cet épisode et des rapports exécutif/parlement, il faudra tôt ou tard mettre sur la table une organisation des travaux parlementaires qui permettent à TOUS les députés de participer aux votes finaux des textes de lois, à l'image des sessions de votes du parlement européen.

 

lundi, 30 mars 2009

Le grand pari pour un Grand Paris

PORTZ2.JPG« Le grand pari pour un Grand Paris » est le titre de la consultation lancé par l'Etat pour imaginer l'avenir de la métropole parisienne à l'horizon 2030. Dix architectes et d'urbanistes de renom ont remis les conclusions de leurs réflexions devant le comité de pilotage et le conseil scientifique de la consultation, formé de représentants de l'Etat et des collectivités, d'architectes et d'urbanistes.

Passons en revue les grandes lignes de quelques projets d'après des informations communiquées dans la presse.

 

Du vert partout, c'est la seule solution selon Yves Lion d'éviter les prévisions: un climat aussi chaud que dans le sud de l'Espagne, mais à Paris et dans moins d'un siècle. L'urgence écologique est au cœur du projet de l'architecte Yves Lion. La surface des forêts serait doublée (de 100 à 200 000 hectares -vingt fois Paris) et doterait l'agglomération de limites naturelles. Les espaces verts seraient magnifiés par deux "Central Park": le bois de Vincennes et le parc de la Courneuve. Son objectif: piéger le carbone et faire baisser, à long terme, la température de un à trois degrés.

La reconquête des bords de la Seine (Gennevilliers, Vitry, Evry) et des rives de la Marne (Nogent) figure aussi au rang des ses priorités. Ces réserves foncières inexploitées, demain apprivoisées, deviendraient des terrains constructibles pour des habitations à énergie passive.

Le Grand Paris vu par l'architecte et urbaniste néerlandais Winy Maas et son équipe serait une métropole "Plus". Plus optimiste, plus efficace en terme de transports, plus écologique, c'est-à-dire plus "compacte" en exploitant les terrains en réserve pour se bâtir sur elle-même et tourner le dos à l'étalement urbain. Avec par exemple une tour pour la Sorbonne. Pour accéder à son indépendance énergétique, l'Ile-de-France doit augmenter sa production d'énergie, issue autant que possible de sources renouvelables : panneaux photovoltaïques, utilisation du courant naturel de la Seine,  éoliennes aux limites de la Région.

Pour Roland Castro, fidele à lui-même, propose une forme d'utopie urbaine. Il veut faire de la région parisienne un modèle d'égalité républicaine notamment avec la délocalisation du cœur de la capitale de certains ministères afin de les rapatrier en périphérie. Tout un symbole! L'Atelier Castro s'est déjà fait une spécialité de la rénovation des quartiers en difficulté avec des remodelages de grands ensembles.

Il propose également la création de sept lieux emblématiques : L'Agora, nouvelle Assemblée du Grand Paris, prendrait place à la confluence de la Seine et de la Marne. Un nouveau Champ de Mars dédié à la République métissée ; le Canal du Savoir sur l'Ourcq figurerait la "deuxième Sorbonne"; la Foire du monde multipolaire, culturelle et commerciale ; un tronçon de la N305 serait reconverti en Allée des Personnages Illustres. Le Mont Valérien deviendrait le lieu des Mémoires de l'Histoire de France, de la Shoah et  de la colonisation. Enfin, le port de Gennevilliers hériterait d'un Opéra.

Le projet d'Antoine Grumbach est certainement le plus ambitieux puisqu'il propose d'étendre l'agglomération parisienne bien au-delà de ses limites administratives sur l'axe Paris-Rouen-Le Havre. La grande échelle est pour lui, la seule capable de répondre aux enjeux de la mondialisation et du développement durable. Et la capitale parisienne aurait alors, comme New York ou Shangaï, son port.

Selon lui, la Vallée de la Seine forgerait une identité  commune au Grand Paris du XXIe siècle, qui mêlerait ainsi rural et urbain. Une ligne à grande vitesse relierait Le Havre à Paris en quarante minutes (2h15 aujourd'hui !) avec pour terminus: La Défense. Transformée en boulevard urbain, l'autoroute A13 disposerait de couloirs de transports collectifs et de "conciergeries", sorte de relais multiservices, avec parkings gratuits et commerces, où l'on récupérait le soir ses courses commandées par Internet.

Je trouve que certains projets sont assez irréalistes ou mégalomaniaques, ou encore trop centrés sur la question de l'environnement avec une certaine démagogie. Cette question est « à la mode », et devait être traitée dans le concours, si bien que les architectes ont cru bon d'en faire le plus possible pour montrer leur bonne fois. Or la ville n'a pas besoin « de vert » mais de réponses concrètes à l'étalement urbain, des solutions pour répondre au fort besoin de transport et de mieux maitriser son développement. Sans doute que la communication médiatique ne retient que les éléments les plus futiles, passant sous silence les grands enjeux de l'urbanisme d'aujourd'hui.

C'est en analysant de plus près un projet que j'ai pu en découvrir la réelle qualité de réflexion. Cette rapide analyse porte sur le projet de Christian de Portzamparc.

A grande échelle, son objectif principal est de "casser" le modèle radioconcentrique qui sclérose la région parisienne et de structurer le développement autour de « rhizomes » : de Creil à Marne-la-Vallée, de Saclay au Kremlin-Bicêtre, de Roissy à Plaine de France, sans oublier, bien sûr, le quartier de la Défense. Il y voit là les principaux axes de développement.

L'image du rhizome lui sert de métaphore pour désigner un système en réseau non centré, non arborescent même s'il y a un centre plus fort, par opposition a un système en arborescence dont tout provient de la « graine ». « Dans les rhizomes tout est lié et tout est indépendant pourrait-on dire ».

Cette « figure du rhizome » lui permet de proposer une autre vision que celle radio-concentrée, mais d'évoquer une vision de la ville en archipel de villages où chacun posséderait les fonctions essentielles de la métropole.

Il réalise ensuite une analyse lucide des espaces urbains de périphérie que l'on connait aujourd'hui.

Voici l'illustration de la ville, devenue secteurs juxtaposés, monofonctionnels, enclavés entre des réseaux de transports rapides du type autoroutes ou chemin de fer.

 

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Pour Portzamparc, il est temps de sortir de cette logique et de privilégier ce qu'il appelle la « rue capillaire », une rue traversante, en grille assez régulière.

Néanmoins il récuse l'îlot Haussmannien, tout comme les villes en open-planning. Il propose un nouveau modèle pour occuper l'îlot. Il doit être ouvert ; les bâtiments n'y étant pas nécessairement alignés, mais autonomes les uns par rapport aux autres ce qui assure une grande possibilité de transformation future. Les différences de hauteurs des bâtiments permettent de mieux faire entrer la lumière.

 

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La grande échelle reste importante. Il ne s'agit pas de créer des grilles uniformes sur des kilomètres. De larges trouées permettent de percevoir l'ensemble urbain à grande échelle et de se l'approprier physiquement. C'est cette grande échelle de perception, qui manque presque toujours dans les périphéries. Ainsi Portzamparc propose également de créer des « balises », sorte de programme de bâtiments repères, de belvédères, de tours ou d'extraordinaires éoliennes, visibles de loin. Ce qui est de l'ordre du monumental, au sens de grande échelle est selon lui à réinvestir. Les grands projets tels que l'Arche de la Défense sont aussi une reprise de ce concept. De quoi relancer le débat sur les tours !

Il créé également des « commutateurs métropolitains », des « sites qui, au sein de la métropole, sont en mesure de mettre en relation le global et le local, les fonctions d'ouverture au monde et celles d'organisation de l'espace urbain ». En somme de relier la ville capillaire une foi retissée avec les réseaux de communication rapide.

 

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C'est dans cet esprit, que Christian de Portzamparc a imaginé une grande gare Nord-Europe à Aubervilliers, qui remplacerait les gares du Nord et de l'Est, avec des tours, un centre d'affaires ; à l'image de la gare du terminus de l'Eurostar dans le quartier Saint Pancrace, à Londres. Cette station ultra moderne, située dans l'axe du boulevard Sébastopol, assurerait le trafic voyageur aussi bien vers la capitale anglaise que vers Bruxelles, Amsterdam, Francfort ou ...Strasbourg.

Des terrains libérés par les voies ferrées, accueillerait parcs et immeubles, autour d'une « coulée vertes ».

Pour répondre aux futurs besoins de transport intra-métropolitain, il propose la réalisation d'un métro aérien sur le boulevard l'emprise du boulevard périphérique. Long de 35km, il compterait 22 stations.

Les architectes ont tous affichés un souhait lors de la présentation: ne pas laisser au corps des ingénieurs le soin d'imaginer l'avenir de la capitale. Ils semblent revendiquer une sensibilité architecturale et culturelle qui manquerait si seuls des techniciens se penchaient sur la ville. Attention tout de même, dans ce projet comme pour les autres, la réalisation concrète ne sera pas chose facile.

Les projets issus de cette consultations sont tous ambitieux et donc très couteux ! De plus, une réelle opposition existent entre la ville de Paris, la région Ile-de-France, l'Etat, se qui ne rend pas une décision aisée !

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mardi, 24 mars 2009

Pourquoi réintégrer (pleinement) l'OTAN ?

Nato.jpgJe suis favorable au retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'Otan, qui devrait être officialisé la semaine prochaine au sommet de Strasbourg.

 

Le débat tourne à la caricature grossière, et mériterai plus de sérieux. L'opposition, s'oppose ...comme à son habitude dans notre pays, en exploitant le filon de la "singularité universelle" française, de la grandeur supposée, et d'une indépendance qu'elle perdrait en quittant cette posture par rapport à l'OTAN. Il est vrai que l'anti-américanisme a toujours eu un grand résonnement en France.

 

Je suis en désaccord sur la forme qui cultive cette hypocrisie, mais aussi sur le fond, la France étant, dans les faits, déjà pleinement intégrée, les décisions se prenant à l'unanimité, et sachant que l'Europe de la défense n'avancera pas contre l'OTAN.

 

Je renvoie à quelques articles détaillés sur le sujet : ils sont très bien écrits et il me serait impossible de résumer mieux les choses.

 

L'excellent article de Jean Quatremer sur son blog, dont je partage l'analyse :

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2009/03/ot...

 

La fin d'une hypocrisie, par Nicole Bacharan, qui revient sur les contrevérités que l'on entend bien souvent : http://www.lemeilleurdesmondes.org/A_chaud_Nicole-Bachara...

 

 

Otan : un débat à la française, par Alain Duhamel, Libération, le 19/02/2009, que je publie ici :

 

Contrairement aux Anglo-Saxons qui s'accrochent farouchement aux faits, les Français passent pour être plus sensibles aux apparences qu'à la réalité. Si ce cliché ne s'applique pas à tous les sujets et à tous les personnages, il fonctionne malheureusement à merveille à propos du débat qui commence sur le retour de la France au sein du commandement intégré de l'Otan. On sait que Nicolas Sarkozy a prévu d'annoncer officiellement et solennellement sa décision à l'occasion du 60e anniversaire du Pacte atlantique qui sera célébré les 3 et 4 avril. La plupart de ceux qui s'expriment déjà proclament leur hostilité indignée au retour de la France dans le giron de l'Otan. Les communistes retrouvent les accents de leur croisade anti-Yankees des années 1950. Les socialistes se scandalisent de cet alignement archaïque sur Washington. François Bayrou, héritier direct de la famille politique la plus atlantiste, y voit quasiment une trahison de l'intérêt national. Les post-gaullistes et les souverainistes (Dominique de Villepin, Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan) s'arrachent les cheveux et se couvrent la tête de cendres. L'extrême droite ricane. Ce n'est au total qu'un concert de sarcasmes et de protestations. Personne ne semble s'aviser de cette constatation rustique, prosaïque mais néanmoins intéressante : la France est déjà, de facto, complètement revenue au sein des structures intégrées de l'Otan.

Elle n'a naturellement, même à la grande époque du gaullisme gaullien, jamais quitté le Pacte atlantique et elle n'a donc jamais renié la parole qui l'engageait à se porter aussitôt au secours de tout membre de l'Otan agressé. L'illustre général avait claqué la porte au nez des états majors alliés et avait juré que les troupes françaises resteraient désormais sous commandement exclusivement national. Il n'était pas question de se soustraire pour autant à nos obligations éventuelles. La France avait mauvais caractère, faisait bande à part, mais demeurait un membre loyal du Pacte atlantique et de l'Otan. Depuis l'altière retraite de l'homme du 18 juin, la quasi-totalité du chemin inverse a été parcouru. Sous François Mitterrand, les services de renseignements alliés et ceux de la France ont collaboré vigoureusement. Sous Jacques Chirac, notre pays a réintégré le comité militaire et a négocié le retour pur et simple au sein du commandement militaire : si cela ne s'est pas fait, c'est en raison du refus obtus des Américains d'accorder au président français le grand commandement qu'il revendiquait légitimement pour son pays. Surtout, et c'est là le fait essentiel, la position particulière de la France ne l'a pas empêché de participer activement aux opérations militaires de l'Otan dans les Balkans, en Afrique ou en Afghanistan. Des unités françaises ont combattu et perdu des hommes sous pavillon de l'Otan. La France n'a jamais abandonné le Pacte atlantique et elle remplit toutes ses obligations au sein de l'Otan. Sa seule spécificité est de ne pas appartenir à trois instances (comité des plans de défense, groupe des plans nucléaires, commandement militaire intégré, c'est-à-dire haut état-major). On discute donc fiévreusement à Paris du retour dans l'Otan... Où nous sommes déjà.

On dira qu'un retour protocolaire total sera un faible gain (deux commandements en l'occurrence secondaires) en échange d'une perte essentielle, celle de l'indépendance. C'est ignorer de nouveau les faits : retour absolu ou pas, le Pacte atlantique fonctionne sur le principe de l'unanimité. Sauf agression contre un de ses membres, ne participent à des opérations militaires dans des pays tiers que ceux qui le veulent. La preuve de cette indépendance a d'ailleurs été fournie par l'Allemagne lors de la deuxième guerre du Golfe. Elle a refusé d'y aller et personne n'a pu lui forcer la main. Par ailleurs, les forces nucléaires françaises resteraient hors Otan, sous seul commandement national, la France ne réintégrant pas le groupe des plans nucléaires. Militairement, la France est donc déjà dans l'Otan. La seule question concrète est de savoir si politiquement elle veut retrouver toute sa place ou non. Les socialistes demandent là-dessus un vote du Parlement et ils ont raison.

Toute symbolique qu'elle soit, une décision comme la réintégration officielle justifie amplement que les élus se prononcent. Ils devraient le faire en se posant deux questions : si un rapprochement emblématique avec les Etats-Unis de George W. Bush était peu attirant, en est-il de même avec l'Amérique de Barack Obama ? Et si l'on veut construire une Europe de la défense, à laquelle la Maison Blanche est désormais favorable, le chemin le plus court passe-t-il ou non par le commandement intégré de l'Otan, afin de désarmer les préjugés britanniques ? Pour réussir cette percée, faut-il en somme jouer la confiance ou la défiance ?

 

Enfin le blog de Quindi, les relations internationales vues par un démocrate européen ; c'est très technique, complexe à lire, mais instructif : http://quindi.typepad.com/, dont un article de l'an passé après le sommet de Bucarest : http://www.quindiblog.eu/log/2008/04/quindi-la-diffi.html .

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